Visages de la recherche: Jessie Morin et le corps dans la fiction

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L’étudiante en études québécoises Jessie Morin. Crédit: Université du Québec à Rimouski

Jessie Morin en est à sa deuxième année au doctorat en études québécoises à l’UQTR. Originaire de Sept-Îles, l’étudiante passionnée a la voix qui trépigne d’enthousiasme lorsqu’elle parle de son projet de thèse.

Ayant un parcours d’études polyvalent, Jessie Morin a obtenu son diplôme d’études collégiales dans sa ville natale avant de devenir bachelière en histoire à l’UQAR. Par la suite, elle a étudié pendant un an à l’Université d’Ottawa pour acquérir un brevet d’enseignement. Elle est ensuite retournée à Rimouski, le temps de rédiger un mémoire dans le cadre d’une maîtrise en histoire, et s’est tournée vers l’UQTR lors de la session d’automne 2019 afin de commencer un doctorat en études québécoises.

En plus d’en être présentement à l’étape de la rédaction de sa thèse doctorale, Jessie travaille simultanément comme enseignante d’histoire au secondaire et comme coordonnatrice de l’Antenne-UQTR du Réseau québécois en Études Féministes.

Études québécoises, études féministes

Bien qu’inscrite au doctorat en études québécoises, le projet de Jessie s’enregistre dans le domaine des études féministes. Mélangeant histoire contemporaine, sociologie et communications, l’étudiante s’intéresse à la représentation du corps dans les fictions télévisuelles historiques québécoises de 1990 à aujourd’hui.

« Je regarde les différentes façons dont les séries historiques au Québec représentent le corps. »

Dirigée par la professeure Marise Bachand, elle analyse diverses téléséries québécoises telles que Les Filles de Caleb, Blanche et Les pays d’en haut. «Je regarde le corps des hommes, le corps des femmes, les corps racisés, les corps handicapés pour voir quel discours on leur porte», nous avance l’étudiante.

Jessie Morin
Le Zone Campus s’est entretenu avec Jessie Morin, étudiante au doctorat en études québécoises. Crédit: Gracieuseté

Outre la représentation des corps, elle souligne que dans les séries contemporaines comme Les pays d’en haut, le langage serait beaucoup plus cru, la sexualité plus exposée, la violence plus présente. Le corps, qui est le sujet principal de sa thèse, serait beaucoup plus violenté que dans les années 1990. Malgré l’évolution apparente entre les séries d’auparavant et celles d’aujourd’hui, il y a un discours qui est transposé à l’écran qui, lui, reste sensiblement le même. Le but de Jessie est d’offrir un portrait très large de ce qui se fait dans les séries historiques au Québec pour pouvoir identifier la norme télévisuelle en ce qui a trait aux corps.

Société et représentation

Selon Jessie, la société d’aujourd’hui aurait un très, très gros impact sur la façon dont on représente les réalités historiques dans nos séries. Notamment, l’une des facettes de sa thèse étant les corps handicapés, elle trouvait intéressant de voir comment on représente ceux-ci à des époques où les chaises roulantes n’existaient pas encore.

« C’est quand même cool, faire un doctorat où tu regardes plein de séries! »

Sinon, pour ce qui est de la façon dont la douleur s’exprime physiquement sur le corps, la chercheuse a remarqué que chez la femme, la souffrance physique est souvent, sinon presque toujours, due à l’accouchement. Comme si, nous dit-elle, une femme ne pouvait pas se blesser autrement qu’en mettant au monde un enfant.

Les Filles de Caleb
La série Les Filles de Caleb, diffusée dans les années 1990, est l’une des séries étudiées par Jessie Morin dans le cadre de son doctorat. Crédit: Attraction images

Bien que ce projet implique plusieurs questionnements complexes, il reste que l’étudiante s’estime chanceuse de pouvoir analyser des séries dans le cadre de ses études. «C’est quand même cool, faire un doctorat où tu regardes plein de séries», nous avoue-t-elle en riant.

Une étudiante passionnée

Jessie nous raconte que l’idée de faire des études féministes lui est venue au baccalauréat. À l’époque, les deux cours qui l’avaient le plus intéressée étaient ceux de l’histoire des femmes et de l’histoire du Québec. C’est ainsi qu’elle a décidé à la maîtrise de travailler sur la représentation du corps féminin et de la sexualité féminine dans les séries depuis 1960 et puis de continuer sur cette même lancée au doctorat.

Amoureuse de son projet et motivée, Jessie espère que sa thèse mettra en lumière des choses qui feront réfléchir les gens. Comme elle l’explique, peut-être que ses recherches pourront contribuer à changer pour le mieux la façon dont les corps différents sont représentés dans nos écrans. Jessie conclut en disant que pour elle, aimer ce que l’on fait est primordial et que c’est cette passion qui lui permet de persévérer.

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