Visages de la recherche: Stéphanie Boulay et l’intime en art

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Stéphanie Boulay
Stéphanie Boulay étudie à la maîtrise par cumul en recherche-création à l’UQTR. Crédit: Gracieuseté

Étudiantx à la maîtrise par cumul en recherche-création à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Stéphanie Boulay s’intéresse au phénomène de l’intime dans le domaine artistique.

Ses études au cycle supérieur lui permettant d’évoluer simultanément comme artiste et comme chercheuse, Stéphanie explique toutefois que l’équilibre entre ces deux rôles peut être fragile. Bien que la création soit essentielle à son projet, il reste que cette dernière vient après la réflexion, après l’introspection. « C’est vraiment la recherche qui va tout créer chez moi » nous dit Stéphanie.

« je suis encore plus chercheuse que je peux être artiste »

À travers sa démarche artistique, qui traite de la question identitaire, ellx explore l’aspect relationnel de l’existence humaine en s’appuyant sur le phénomène de l’intime.

Un parcours en arts

Après avoir complété un DEC en arts visuels au cégep Marie-Victorin, Stéphanie poursuit son parcours en arts à l’Université du Québec à Montréal où ellx chemine au sein du baccalauréat en arts visuels et médiatiques. Par la suite, Stéphanie se dirige à l’UQTR où, dirigéx par le professeur Philippe Boissonnet, elle étudie à la maîtrise par cumul en art le rapport que l’art entretient avec l’intime. En étant à ses derniers miles à la maîtrise, l’exposition finale de Stéphanie ainsi que la remise de son essai se feront à l’automne 2022.

« l’intime, pour moi, c’est surtout un phénomène qui m’amène à générer une rencontre. Ce qui m’intéresse, c’est vraiment le rapport à l’autre puis aussi de voir comment on peut communiquer par l’intime »

Bien que son projet de maîtrise se développe en deux volets, soit la recherche et la création, il existe un important continuum entre ceux-ci. En effet, pour Stéphanie, la recherche et les lectures sont ce qui facilitent, voire engendrent, la création. Ses œuvres, très interdisciplinaires, jouent avec l’installation et la textualité. Pour l’artiste-chercheuse, l’acte d’écriture, soit le processus d’écrire, ouvre un important dialogue, dialogue qui est central à l’œuvre de l’étudiantx.

La question identitaire

Auparavant, bien que la question identitaire faisait déjà partie de sa démarche artistique, Stéphanie concentrait sa production artistique sur les enjeux queer, féministes ainsi que sur les stéréotypes sexuels. Aujourd’hui, même si ses œuvres sont encore engagées, sa démarche tourne plutôt autour de la rencontre avec l’autre dans une optique poétique et emplie de douceur. Stéphanie mentionne qu’ellx cherche à avoir une conversation avec les spectateurs et les spectatrices plutôt que de faire valoir son point de vue. Au contraire, ellx a plutôt tendance à mettre de l’avant un angle mitigé et nuancé sur des questions parfois épineuses.

Ce changement de trajectoire est survenu lorsqu’elle est tombée sur La cérémonie des adieux, ouvrage de Simone de Beauvoir qui est particulièrement venu la chercher. La théorie de l’existentialisme sartrien, qui est mise en lumière dans cet ouvrage où Beauvoir dialogue avec son défunt conjoint, lui a procuré une importante dose de douceur, principalement lorsqu’il était question des relations avec les autres.

Entre intimité et recherche

Pour son exposition finale, Stéphanie présentera une installation d’envergure qui, plus immersive que participative, fera plonger spectateurs et spectatrices dans un appartement de douceur intimiste. Cette pièce qu’elle aura créée sera une façon pour tous et toutes de « s’immerger de tout son corps, de tout son cœur » afin de converser avec l’artiste.

S’inspirant des travaux de Nicolas Bourriaud, Paul Ardenne, Patrice Loubier et d’Anne-Marie Ninacs pour la partie recherche de sa maîtrise, Stéphanie regarde deux mouvements artistiques qui ont eu lieu en France et au Québec dans les années 1990 qui rejoignent ses propres créations.

Un être de douceur

Étant une personne fortement intellectuelle et engagée, Stéphanie mentionne avoir toujours eu un fort intérêt pour l’introspection et la philosophie. Cependant, étant très anxieuse socialement et ayant une santé mentale fragile, elle avance que la rencontre avec l’autre a toujours été une expérience plus ardue pour ellx. C’est pour cette raison qu’ellx se dit surprise de constater que dans son œuvre, la rencontre joue un rôle crucial: « dans mon œuvre, ça me surprend que je souhaite créer une rencontre et dialoguer avec l’autre puisque moi, la rencontre, ça me stresse quand même beaucoup ».

Bien qu’il faille encore attendre quelques mois avant de pouvoir voir le fruit des efforts de Stéphanie, il semble certain que Stéphanie, être de douceur, sait se démarquer par sa volonté de démystifier les relations humaines et par son ouverture aux perspectives d’autrui.

Stéphanie a néanmoins présenté, le 13 décembre dernier, son oeuvre Lecture intime. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article ici.

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