Carnet d’une globe-trotteuse : Thaïlande du Sud – Là où caresse l’océan…

0
Publicité

Les montagnes thaïlandaises font déjà partie du passé. Un bus, un train, une voiture, un bateau, un scooter… une réelle épopée pour passer de la nature profonde à l’immensité de l’océan. S’étendant verticalement de tout son long, la Thaïlande fait partie de ces territoires qui recèlent une diversité incroyable de paysages. Alors, on prend le temps. Thaïlande du Sud. Une journée, sans avion. La transition s’opère. Et nous voilà arrivés dans un tout autre monde, qui porte pourtant le même nom. 

Un bateau accoste sur le rivage à Koh Tao. Crédits : Journaliste.

Ce nouvel épisode du Carnet d’une globe-trotteuse se consacre au récit de la deuxième partie d’un fabuleux voyage thaïlandais. Après un premier épisode consacré aux reliefs du nord, ce sont au tour des rivages du sud de se raconter. Deux mois après, le souvenir de celui-ci reste prégnant, imbibé dans le cœur comme dans l’âme. Chaque endroit, chaque visage, chaque traversée s’est imprimé à l’encre indélébile… et le sera doublement à travers cette chronique.   

La Thaïlande du Sud : connue ?

La Thaïlande du Sud, on pense souvent la connaître, avant même d’y avoir posé le pied. Les clichés s’entrechoquent dans l’imaginaire collectif : le bleu turquoise saturé des cartes postales, le sable fin qui tapisse ses côtes, la faune merveilleuse de ses fonds marins… Pourtant, comment prétendre connaître un endroit, sans jamais en avoir ressenti les vibrations ? Car dans le sud aussi, la Thaïlande ne s’apprivoise pas aussi simplement. Tout voyageur se doit d’appréhender le rythme des marées au fil des jours. Ici, l’eau n’est pas qu’un simple décor : elle est une respiration, un langage à part entière. 

Le voyage commence sur la côte est, dans le golfe de Thaïlande. Quel bonheur d’atteindre la mer à l’heure du réveil du soleil… Ça y est, le bateau s’éloigne. La terre ferme rétrécie au loin. Et puis, Koh Tao, « île de la tortue ». Derrière ce nom poétique se cache un minuscule confetti de terre où la vie bat son plein. Arriver à Koh Tao, c’est plonger dans une marmite en pleine ébullition. Loin du silence contemplatif des hauteurs, l’île vibre d’une énergie brute, presque épuisante. L’agitation ne s’y arrête jamais : même les fonds marins n’y échappent pas. 

Un spectacle de cracheur de feu sur une plage le soir à Koh Tao. Crédits : Journaliste.

C’est une ruche humaine où le vrombissement des moteurs de bateaux se mêle aux néons des écoles de plongée. Chacun.e cherche une forme de liberté dans le mouvement perpétuel, dans cette foule cosmopolite qui s’agite sous une chaleur de plomb. J’évoquais l’écume des routes dans ma chronique srilankaise précédente. À Koh Tao, cette fine pellicule de sel ne quitte jamais la peau du voyageur. On vit en maillot de bain, on roule pieds nus, les cheveux emmêlés par le vent marin. Impossible d’oublier que l’océan nous ceinture, offrant contradictoirement évasion et étouffement.

L’appel du bleu

Le bleu, dont la signification primitive renvoyait à une teinte livide, sature ici chaque horizon par son éclat. Il se décline à l’infini, venant lécher les parois des mille îles du pays. Mais après l’intensité électrique de l’est, l’appel de l’ouest se fait sentir comme un besoin de décompression. Traverser l’isthme pour rejoindre la mer d’Andaman, c’est ainsi changer radicalement de fréquence. C’est accepter que le bleu puisse aussi être une caresse, plus douce. Ainsi apparaît Koh Lanta. 

Le bleu de l’océan s’assombrissant en fin de journée en Thaïlande du sud. Crédits : Journaliste.

Si Koh Tao était une poussée d’adrénaline, Koh Lanta est une respiration lente. L’île est vaste, étirée, presque nonchalante. Ici, l’agitation s’évapore. On y loue un scooter pour parcourir sa route principale qui longe la côte, avec cette sensation enivrante de liberté. À Koh Lanta, on ne court plus. On se laisse porter par une certaine douceur de vivre qui semble imprégner chaque grain de sable. C’est une île de contrastes apaisés, où l’on trouve autant d’agitation que de calme

Idéalement placées pour admirer les lueurs du coucher du soleil, les âmes se déposent sur la plage de l’île, s’adoucissant à mesure que la lumière décline. On observe un changement de paradigme : le bleu laisse place à l’or, au rouge, au pourpre puis au rosé. Les yeux rivés sur l’horizon, chacun.e y fait le point : voyage au long cours ou de passage, tout le monde mesure sa chance. Face à l’astre flamboyant, plus rien ne compte, si ce n’est d’inonder sa mémoire de cette beauté pure de la Thaïlande du Sud.

Le coucher de soleil éblouissant sur l’océan, parant le ciel de mille teintes orangées. Crédits : Journaliste.

Le vertige de la fin

Le voyage est aussi fait de ces zones grises, de ces moments de transition où la fin approche. Chaque seconde prend alors une incommensurable importance. Parfois, figer le temps apparaît comme le souhait ultime, pour que perdurent ces instants magiques. Et puis l’on se souvient que le caractère éphémère de ces moments de vie ne fait qu’en démultiplier la beauté éternelle. C’est parce que l’on sait que l’on va partir que l’on regarde l’océan aussi intensément. Si ce paysage était nôtre pour toujours, prendrions-nous encore la peine d’en compter les mille nuances ? Des années plus tard, on s’en souviendra. Et on sourira

Le voyage est une parenthèse qui refuse de se refermer tout à fait. Même si l’avion nous emporte loin des rivages arpentés, chaque lieu reste gravé dans nos cœurs, autant que dans nos identités. Certains disent que voyager, c’est s’enfuir. Je crois au contraire que c’est se confronter au monde, autant qu’à soi-même, dans toutes nos complexités, de la solitude des sommets à la cohue des plages. C’est aussi apprendre à accueillir notre sensibilité, pour se laisser durablement transformer en une meilleure version de nous-mêmes. 

Parce que si le voyage se termine, son empreinte, elle, reste éternelle. 

Un singe interrogeant la présence d’autant d’humains dans son périmètre… Crédits : Journaliste.

Tu veux continuer de voyager avec moi ? Retrouve toutes mes chroniques « Carnet d’une globe-trotteuse » dans Le Zone Campus. Rendez-vous dans deux semaines pour une nouvelle aventure autour du monde ! 

Publicité

REPONDRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici