Le beat critique : Les maisons de disques ont-elles encore du pouvoir ?

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Crédits : Journaliste

Aujourd’hui, la musique ne se consomme plus comme avant : le streaming domine et redistribue les cartes, tandis que les maisons de disques tentent de conserver leur influence dans ce nouvel univers numérique. Entre ces deux mondes, l’équilibre du pouvoir dans l’industrie musicale est en pleine transformation.

Pour ce deuxième article de ma chronique, j’ai voulu changer un peu. Cette fois, je ne parle pas d’un artiste ou d’un album. Je voulais prendre du recul, j’avais envie de m’intéresser à la musique dans son ensemble. Parce qu’aujourd’hui, tout a changé. On écoute différemment, on découvre autrement. Et surtout, on ne sait plus vraiment qui a le pouvoir. Les artistes ? Les plateformes ? Ou encore les maisons de disques ?

Je trouvais intéressant de comprendre les mécanismes derrière ce qu’on écoute tous les jours ; l’envers du décor. Parce qu’on lance une playlist sans réfléchir… alors que derrière, il y a tout un système qu’on ne voit pas.

Les services de streaming. Crédits : FpGraphics

Streaming et maisons de disques : qui tient vraiment les rênes ? 

Maintenant, la musique passe surtout par le streaming. Ça veut dire qu’on écoute en ligne, sur des plateformes comme Spotify ou Deezer, sans acheter de CD ou de vinyle, mais simplement un abonnement. Et ça a tout changé. C’est devenu la manière principale d’écouter de la musique. D’ailleurs, le streaming représentait déjà 84 % des revenus de l’industrie musicale en 2023 (Sundial Press, 2025).

À côté de ça, il y a les maisons de disques. Ce sont elles qui accompagnent les artistes : elles financent, font la promotion, organisent les concerts. Mais en échange, elles prennent une grande partie de l’argent. Par exemple, un artiste signé ne touche parfois que 10 à 20 % de ce qu’il génère (Sundial Press, 2025). Donc, même si un son marche, ça ne veut pas dire que l’artiste gagne beaucoup.

Le basculement des règles du jeu

Le streaming n’a pas juste changé la manière d’écouter la musique. Il a complètement changé les règles du jeu, surtout le rôle des maisons de disques. Avant, ces dernières contrôlaient presque tout. Aujourd’hui, elles partagent ce pouvoir avec les plateformes : celles-ci décident en grande partie de ce qu’on écoute, grâce aux playlists et aux algorithmes.

Mais les maisons de disques ne disparaissent pas : elles s’adaptent. Elles travaillent avec ces plateformes, utilisent les données, et placent leurs artistes là où ils seront visibles. Elles ne contrôlent plus tout, mais elles savent jouer avec le système, et ça change la musique.

Tout va plus vite. Une chanson sort, et on sait presque tout de suite si elle marche. Les artistes doivent enchaîner pour rester visibles. Les maisons de disques poussent à sortir plus de titres, surtout des singles. Les morceaux sont plus courts, plus directs ; il faut capter l’attention dès le début. Une écoute est comptée au bout de 30 secondes, donc tout est pensé pour ça. Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle énorme : une chanson peut exploser parce qu’elle devient virale sur TikTok, par exemple. 

Le problème, c’est que beaucoup de morceaux finissent par se ressembler. Et on peut se demander si la musique ne devient pas un peu… stratégique, moins instinctive, ou plus pensée pour fonctionner.

Crédits : Pinterest

Les gagnants et les perdants

Avec le streaming, on pourrait penser que tout le monde a sa chance. Mais en réalité, le système reste très inégal.

Les artistes signés en maison de disques ont encore un avantage énorme. Pourquoi ? Parce que même si le streaming donne l’impression que tout est ouvert, les maisons de disques gardent une place stratégique : contacts, moyens, et expérience. Elles dominent toujours le marché. Une grande partie des artistes présents dans les classements sont encore liés à des majors (PlayFM, 2025).

Mais cette visibilité a un prix, et les artistes doivent partager leurs revenus. Alors qu’à l’inverse, les artistes indépendants ont plus de contrôle : ils gèrent leur musique, leur image, leur rythme. Ils peuvent donc toucher une plus grande part de leurs revenus, mais donc tout repose sur eux. Aujourd’hui, certains réussissent seuls, mais ça reste rare.

Au final, le système crée un vrai contraste : beaucoup d’artistes essaient, mais seuls quelques-uns arrivent vraiment à vivre de leur musique. Et selon certaines estimations, une grande majorité des revenus du streaming va aux artistes les plus populaires. Donc, même si le streaming a ouvert des portes, il n’a pas vraiment équilibré les chances. 

Les gagnants sont ceux qui arrivent à combiner les deux : la force des maisons de disques et les opportunités du streaming. Et ça montre une chose : même dans un monde où tout semble accessible… tout le monde ne part pas au même niveau.

Un pouvoir vacillant

Alors, est-ce que les maisons de disques ont encore du pouvoir ? La réponse n’est pas si simple.

Elles en ont moins qu’avant, c’est sûr. Aujourd’hui, un artiste peut exister sans elles. Il peut sortir sa musique, créer une communauté, se faire connaître en ligne. Mais en même temps, elles restent très importantes. Elles permettent d’aller plus loin, plus vite. Elles ouvrent des portes que beaucoup d’artistes ne peuvent pas atteindre seuls.

En réalité, l’industrie est en train de changer, mais une chose est sûre : la musique ne fonctionne plus comme avant. Et je ne sais pas pour toi, mais moi, je trouve qu’on a un peu perdu quelque chose. Avant, écouter de la musique, c’était presque un moment. On découvrait un album, on s’y attachait.

Aujourd’hui, on consomme des sons, parfois sans même retenir le nom de l’artiste. Peut-être que le vrai pouvoir aujourd’hui n’est plus seulement entre les mains des maisons de disques ? Peut-être qu’il est entre les nôtres. Dans ce qu’on choisit d’écouter, dans le temps qu’on décide d’y consacrer. Parce qu’au final, la musique ne change pas toute seule. C’est nous qui la faisons évoluer. 

On se dit rendez-vous dans deux semaines pour une autre immersion musicale 🙂

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