Bernard Adamus à l’Embuscade: Premier arrivé, premier servi

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L’artiste semblait au meilleur de sa forme à l’occasion de la sortie de son nouvel album. Photo: A. Lemieux
L’artiste semblait au meilleur de sa forme à l’occasion de la sortie de son nouvel album. Photo: A. Lemieux

À l’occasion de la sortie de son nouvel album, Sorel Soviet So What, Bernard Adamus se produisait dans une formule intime à l’Embuscade Café Galerie le 30 septembre et le 1er octobre dernier. C’est un public chanceux et comblé qui a pu profiter, en exclusivité, du deuxième spectacle de la nouvelle tournée de l’artiste.

Une venue attendue

Alors que le public était convié pour 20h, le chanteur est arrivé 1h30 plus tard en traversant la foule déjà bien rassemblée à l’avant-scène. Rapidement installé en compagnie de ses musiciens, le chanteur n’a pas perdu de temps à entonner ses premières chansons tirées de son nouvel album. La venue de ce dernier était bien attendue étant donné que les quelques 200 billets en circulation furent presque tous vendus près de trois semaines avant l’évènement. L’ambiance feutrée rougeâtre des lieux rappelait l’affiche conceptuelle du nouvel album. Cet effet donnait même presque l’impression d’être dans une salle de développement de photos argentiques.

«J’ai rapaillé du monde avec qui je m’entendait bien, avec qui je savais qu’ils jouaient à mon goût et voilà, on a taper le disque»- Bernard Adamus

Du côté musical, la variété d’instruments utilisés venait donner une belle complémentarité aux compositions. À la fois très rythmées au début de sa performance, une bonne partie de ses nouvelles chansons s’inscrivaient dans un univers très mélancolique de l’artiste. Même si le public semblait curieux de découvrir les fraîcheurs d’Adamus, un engouement était toujours plus présent lorsqu’il entamait ces vieux succès. «Souvent, j’vous aime plus que mes tounes» lançait le chanteur à ses fans avant d’entreprendre sa populaire chanson Brun. Parmi les moments forts de la soirée, la nouveauté Hola les lolos, le classique La question à 100$ et son rappel solo de 2176 ont conquis l’Embuscade qui en demandait toujours plus.

En somme c’est un Bernard Adamus beaucoup plus réfléchi et encré dans sa musique qui est venu s’exposer à son public. Le même fond charismatique, humain et près des petites choses anodines de la vie, mais sous une forme plus aiguisée du produit qu’il désire livrer.

Des chansons moins intimes

Ayant acquis une maturité professionnelle, le troisième album du québécois d’origine polonaise s’inscrit dans un processus de composition plus extérieur à ses propres sentiments. En effet, ce dernier considère qu’il s’est peut-être trop exposé dans son dernier album, No 2, et sentait le besoin de se détacher un peu. Dans l’album qu’il a écrit «on tour», il y reflète davantage ses observations et opinions des autres que de soi même. C’est d’ailleurs dans cette même perspective que la chanson Jolie blonde, écrite pour sa fille, s’inscrit dans son nouveau tournant.

L’orchestre Bernard Adamus

L’arrivée de Tonio Morin-Vargas comme batteur est synonyme d’un tournant de cap pour Bernard. «C’est beaucoup plus un album de band que de chansons» mentionne-t-il considérant être très satisfait de cette évolution. Toujours en collaboration avec Éric Villeneuve pour la réalisation du troisième projet, l’apport du batteur Morin-Vargas a permis de faire évoluer les chansons à un second niveau en suggérant de former «un full band de feu». «J’ai rapaillé du monde avec qui je m’entendais bien, avec qui je savais qu’ils jouaient à mon goût et voilà, on a taper le disque» explique Adamus. C’est d’ailleurs un professionnalisme qui s’entend et se sent sur scène. En matière de sonorité, l’album qui a passé près de s’appeler Dix tounes américaines, est perceptiblement teinté par ces influences. Les sons du banjo et du violoncelle rappellent les airs country, folk et blues de Québec Redneck Bluegrass qui sont une référence de toujours pour le compositeur. La présence d’un saxophone ténor et d’une clarinette basse ajoute également un cachet plus blues cabaret.

La tournée Sorel Soviet So What

C’est déjà plus d’une vingtaine de spectacles qui attendent Bernard Adamus jusqu’en décembre. La particularité de ceux-ci est qu’ils sont déjà presque tous complets. La formation reprendra tout de même ses activités dès février prochain, et ce jusqu’à la fin de l’année 2016. Déjà des projets d’un quatrième album et d’une tournée de festivals sont envisagés pour 2017. L’album Sorel Soviet So What est disponible dès maintenant en kiosque ou sur les plateformes iTunes et bandcamp.

L’album Sorel Soviet So What est disponible dès maintenant.

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