Carnet d’une globe-trotteuse : Au revoir, Sri Lanka (6)

0
Publicité

Le départ approche, le terme se fait sentir. Dans chaque parole, chaque regard, chaque moment, elle est là, tapie dans l’ombre, se rappelant à nous dès qu’on se permet de l’occulter. Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom occupe nos pensées, ne nous laissant aucun répit. Pourtant, on s’autorise à vivre, comme si tout ça n’avait finalement pas de date d’expiration. Éternelle, cette aventure demeurera. Ancrée dans nos êtres, elle restera. 

Le ciel se para tout de rose ce soir-là. Crédits : Journaliste.

Ce sixième et dernier épisode de la série consacrée au Sri Lanka marque l’achèvement de cette formidable aventure de l’autre côté du globe. En repensant au premier opus, la mélancolie s’installe. Cette histoire s’est écrite au fil des mois, s’égrenant doucement de septembre à avril, le temps d’éviter le froid hivernal… Il est désormais temps d’en clôturer l’ultime chapitre, et de ranger ce livre dans la curieuse bibliothèque de la vie. 

Le poids du dernier sac à dos

Faire son sac une dernière fois n’a rien de banal. C’est un rituel presque religieux où chaque vêtement plié semble emprisonner une bribe de vie. Ce sont les mêmes qu’au départ, et pourtant, ils semblent totalement différents. On (en)tasse les souvenirs accumulés : ces sarouels achetés au marché de la ville, ce mini tuk-tuk offert à Noël, cette bague en promesse d’amitié… Pourtant, on sait pertinemment que l’essentiel ne rentrera jamais dans l’exiguïté d’une valise.

Comment résumer six mois de dépaysement en quelques phrases ? Comment expliquer la sensation du soleil brûlant la peau, ou l’affection ressentie envers ces merveilleux humains rencontrés en cours de route ? Le cœur est lourd, rempli d’amour. On remplit 20 kilos de vie, alors que notre âme, elle, pèse désormais le poids d’un continent entier. Le Sri Lanka gardera toujours une place de choix au creux de ceux qui l’ont traversé.

Une apparition presqu’irréel pour un dernier magnifique moment dans le sud. Crédits : Journaliste.

Apothéose sur le rivage

Ils et elles sont là, les pieds dans le sable, le rire léger, la peau dorée. Elles et ils sont là, heureux, chanceux, radieux, pour quelques heures encore. L’insouciance des débuts a laissé place à la sérénité des conclusions. Les émotions planent là-haut, soucieuses de se déposer le plus doucement possible. Ici, au pays des tortues et des éléphants, la nature elle-même semble s’être pointée sur son trente-en-un au rendez-vous des aux revoirs.

Le ciel de Tangalle, comme celui de Thalpe nous offre un spectacle pyrotechnique dont lui seul a le secret. Le rose explose, l’orange se déchire, le bleu sombre finit par tout engloutir… en promettant des retrouvailles lumineuses. On regarde l’horizon en silence, ébahit devant les vagues qui déferlent avec intensité. Ce n’est plus le moment des grandes déclarations ou des plans futuristes. C’est le moment de s’arrêter, et surtout de dire « merci ». Merci à cette terre d’accueil qui, malgré les crises et les tempêtes, garde toujours sa splendeur époustouflante.

Le Rocher de la grenouille, à Thalpe, se dressant droit vers l’océan. Crédits : Journaliste.

La bibliothèque des horizons

On dit souvent que voyager, c’est aller à la découverte de soi-même. Jamais une phrase n’a si justement résonné. Une métamorphose s’opère délicatement à mesure que les découvertes s’enchaînent : on laisse derrière soi un peu de ce que l’on était, pour mieux accueillir notre renaissance, sous d’autres cieux. On serait parfois tenté de rester, de ne pas laisser filer ce bonheur recouvré. Pourtant, mille autres aventures dans mille autres endroits attendent patiemment d’être vécues intensément.

On se doit alors d’esquisser nos dernières pensées sur la page blanche de ce précieux livre, puis d’en refermer la couverture jaunie par le soleil tropical et parfumé des embruns de l’Indien. Ce volume ne rejoint pas une étagère poussiéreuse pour s’y endormir ; il vient se glisser au cœur de la bibliothèque de la vie, tel un manuscrit vivant. Il en devient une assise, une pierre augulaire faite de résilience et de lumière, sur laquelle s’échafauderont toutes les prochaines errances. Si l’ultime chapitre du Sri Lanka s’achève ici, son encre, elle, reste fraîche : elle servira à écrire la suite de l’histoire, qu’importe le lieu où celle-ci se déroulera.

Merci, cher.es lecteur.rices, d’avoir suivi cette belle aventure tout au long de l’année.

Le bleu envoûtant de l’océan Indien, unique en son genre. Crédits : Journaliste.

Tu veux continuer de voyager avec moi ? Retrouve toutes mes chroniques « Carnet d’une globe-trotteuse » dans Le Zone Campus. Rendez-vous dans deux semaines pour une nouvelle aventure autour du monde ! 

Publicité

REPONDRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici