De l’idée à la scène : un projet théâtral étudiant à l’UQTR

0
Publicité
Les étudiants en pleine performance sur scène. Crédit : Journaliste.

Onze semaines, quatre étudiants, une scène : vendredi dernier, la pièce de théâtre D.É.R.A.C.I.N.É.E.S. a pris vie dans la salle Rodolphe-Mathieu, au pavillon Michel-Sarrazin.

Quand des étudiants prennent le contrôle de leur création

Dans le cadre de leur certificat en interprétation théâtrale, quatre étudiants — Jeremy Breton, Léonie Meunier, Maude Sorel et Mégane Carrier — ont relevé un défi de taille, accompagnés par la metteuse en scène Erika Gagnon. Pendant onze semaines, ils ont dû imaginer, écrire et porter sur scène une pièce complète. À la base, le projet devait surtout être centré sur l’écriture, mais le groupe a choisi d’aller plus loin en assumant aussi la mise en scène, pour garder une maîtrise totale de leur création.

Ce programme vise à initier les étudiants autant à la pratique qu’à la théorie du théâtre. Il permet de développer des compétences en interprétation, en dramaturgie et en création scénique, tout en ouvrant la porte à des études en arts, en lettres ou dans des domaines connexes comme la communication ou la médiation culturelle. C’est aussi une porte d’entrée vers des carrières en théâtre, télévision ou cinéma, ou vers des études universitaires plus poussées.

Un huis clos qui vire au drame

Les étudiants ont imaginé un huis clos dans un chalet isolé au fin fond du Québec, sans réseau ni communication externe. Danielle, patronne d’une entreprise, y convie quatre employés — Maxime, actionnaire, Florence et Henry, piliers de la compagnie, et Marika, stagiaire — pour une fin de semaine de brainstorming autour d’une nouvelle campagne.

Le séjour bascule lorsqu’on découvre Danielle morte. C’est Marika qui fait la découverte en premier, en allant chercher des affaires dans la chambre de la patronne. Rapidement, les autres accourent et la scène devient lourde de tension. Henry fait alors une découverte troublante : un oreiller est retrouvé sur place, avec des traces de maquillage encore visibles, laissant comprendre qu’il a servi d’arme du crime. Ce détail choquant renforce immédiatement le malaise et installe une tension palpable entre les personnages.

Moment de remerciement. Crédit : Journaliste.

Quand la vérité éclate

Coupés du monde, les salariés se retrouvent face à une situation totalement hors de contrôle. La tension monte encore d’un cran lorsque Florence révèle avoir reçu, quelques jours avant la fin de semaine, un courriel annonçant que Marika, Henry et elle-même allaient être licenciés. À partir de là, les non-dits explosent : jalousies, rivalités professionnelles et frustrations longtemps enfouies refont surface.

Peu à peu, les personnalités se dévoilent. Quand un moyen de communication fonctionne de nouveau, l’espoir d’appeler les secours apparaît, mais Florence panique et tente de s’échapper. Elle avoue finalement son rôle dans la mort de Danielle, qui a été étouffée avec l’oreiller lors d’une discussion qui a dégénéré.

Après réflexion, le groupe choisit de couvrir Florence. Maxime fait disparaître la preuve dans le feu. La scène se clôt sur une phrase suspendue : « Ok, maintenant c’est quoi le plan ? », laissant le public en plein doute, comme si l’histoire ne faisait que commencer.

Quand la fiction éclaire le réel

Derrière l’intrigue, on retrouve des thèmes très actuels comme les abus psychologiques en milieu de travail, illustrés par le contrôle et le chantage de Danielle, ainsi que la place de l’intelligence artificielle face aux enjeux écologiques. On explore aussi la dépendance affective à travers Maxime, marqué par son passé. Il y a finalement Henry, qui incarne une réalité concrète, celle d’un homme ne pouvant retourner en Haïti à cause du contexte politique et qui dépend de son permis de travail pour rester au Canada.

C’est fort intéressant de voir à quel point le théâtre peut glisser des enjeux actuels sans en faire des tonnes. C’est subtil, presque léger parfois, mais ça touche juste. Et au fond, ça laisse une drôle de sensation : celle que la fiction devient un miroir du réel. Et le plus impressionnant, c’est que le tout vient d’un projet étudiant construit de A à Z en seulement onze semaines.

Si toi aussi tu as envie de créer, de monter sur scène et de faire vivre le théâtre, alors le programme de certificat en interprétation théâtrale est fait pour toi!

Publicité

REPONDRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici