Le vendredi 30 janvier dernier sortait le nouveau film québécois Folichonneries. Mettant en vedette Catherine Chabot (Julie) et Éric K. Boulianne (François), ce couple de longue date décide d’ouvrir leur vie sexuelle à autrui dans l’optique d’améliorer leur relation.
Raviver la flamme
Parents de deux jeunes filles, Julie et François sont sur le pilote automatique. La routine quotidienne l’emporte sur leur relation de couple et, par-dessus tout, leur vie sexuelle. Si cela arrange un parti, l’autre en est pourtant insatisfait. Après discussion, ils décident de devenir un couple ouvert. Julie n’est pas très à l’aise avec ce changement, mais François y trouve satisfaction jusqu’à tant que les rôles soient inversés. Il s’en suit de multiples accrochages où le couple navigue entre prioriser l’autre ou soi.
La trame narrative du film n’a rien de nouveau. Au contraire, tout est relativement prévisible: l’homme décide d’ouvrir le couple dans l’espoir de mieux se sentir en étant désiré par plusieurs. Ils s’amusent avec d’autres couples, mais sa femme termine souvent les soirées, isolée. Lorsque les positions s’inversent, l’homme réagit mal au fait qu’il ne bénéficie plus de cet arrangement et il accuse sa conjointe d’en être la responsable. Cela dit, le scénario est pourtant d’actualité. Il existe d’innombrables histoires réelles similaires.
La fin du film, quant à elle, est plus nuancée par son interprétation libre. En effet, il peut s’avérer difficile et délicat de choisir entre la monogamie et la polygamie. Il subsiste un flou sur la décision du couple laissant plusieurs questions sans réponse. Néanmoins, ce film invite à la discussion et à une meilleure connaissance de nos besoins et désirs en couple.
Des images crues
La grande force du film est d’être explicite sans pour autant être pornographique. Nous assistons à des ébats. Pourtant, rien de cela n’est présenté dans une optique d’excitation sexuelle. Au contraire, les corps, les paroles et les gestes sont représentés dans leurs plus grandes vulnérabilités. Parfois un fou rire ou une maladresse brisera le moment sensuel pendant quelques instants pour qu’il reprenne par la suite.
Le film ne tombe pas dans le male gaze ou le female gaze où les images sont construites dans le but de favoriser le plaisir visuel d’un public précis. Cela mérite des applaudissements, car il est rare maintenant d’aborder des sujets sexuels sans les sexualiser. Par le fait même, les performances des comédiens participent à présenter des scènes où, même s’il y a une relation sexuelle, le focus n’est pas sur l’acte en soi. Leur talent mérite également d’être souligné.
Folichonneries est un long-métrage québécois où les divergences sexuelles contribuent à la découverte de soi dans un couple. Jusqu’où les limites peuvent-elles être repoussées pour trouver la satisfaction?





