
Les droits humains fondamentaux nous concernent tous autant que nous sommes. Chaque combat social est essentiel pour améliorer nos conditions de vie, et faire progresser les sociétés dans lesquelles nous vivons. Pourtant, beaucoup pensent encore qu’il est trop complexe de tenter de changer le monde à notre échelle. Pour vous, le Zone Campus est allé à la rencontre du Comité de solidarité de Trois-Rivières (CS3R), afin de mettre en lumière le lien essentiel entre jeunesse et droits de la personne. Cette rencontre montre que, loin d’être une abstraction, la défense des droits s’incarne au quotidien, sur les bancs de l’UQTR et dans les quartiers où vivent les étudiants·es.
Les droits fondamentaux : de quoi parle-t-on ?
Lorsqu’on évoque les droits fondamentaux, on imagine spontanément des enjeux lointains : crises internationales, violations dans des zones de conflit ou encore actions d’organismes mondiaux. En réalité, ces droits humains sont profondément ancrés dans notre réalité. La liberté, la dignité, l’équité, la sécurité… autant de principes essentiels garantissant à chacun·e de se loger décemment, d’accéder à l’éducation, d’être protégé.e de toute forme de discrimination ou encore de bénéficier d’un environnement de vie sécuritaire.
Nombreux sont les pays dans lesquels ces droits de base ne sont même pas garantis. Au Québec, même si la situation est plus favorable, il n’en reste pas moins que nos droits ne sont pas toujours respectés, comme nous le rappelle Anne-Julie Morasse, agente d’éducation à la citoyenneté mondiale au CS3R. Racisme, sexisme, inégalités vécues par les nouveaux arrivants·es… autant de problématiques théoriques, mais surtout pratiques, ancrées dans le quotidien. Le comité nous fait comprendre que les droits humains ne sont jamais acquis une fois pour toutes : il faut constamment les défendre et les revendiquer.
Pour le CS3R, parler de droits humains ici est indispensable, puisque les enjeux locaux et mondiaux se répondent. Comme le souligne l’organisme, « chacune des luttes, qu’elles soient locales ou internationales, est interconnectée ». Ainsi, comprendre les mécanismes fragilisant l’accès aux droits dans notre milieu, mais aussi dans des environnements radicalement différents, permet de mieux s’engager pour les défendre.

Les enjeux vécus par les étudiants·es
À Trois-Rivières, les défis rencontrés par les étudiants.es témoignent à quel point les droits fondamentaux s’inscrivent dans le quotidien. Le logement en est l’illustration la plus évidente : accès difficile, hausse des prix, insalubrité même… Tout cela touche à notre droit à des conditions de vie digne, et tout le monde est concerné. La précarité, de manière plus générale, s’exprime aussi à travers l’alimentation, le transport ou encore les coûts de la vie courante, des réalités qui influencent la capacité des étudiants·es à poursuivre leurs études sereinement, de manière libre.
La précarité étudiante n’est pas que financière : elle a des répercussions pédagogiques. Quand un·e étudiant·e doit choisir entre travailler davantage pour payer son loyer et assister à des cours, son droit à l’éducation est directement mis à mal. Le CS3R reconnaît cette réalité mais précise aussi la limite de sa mission : « Nous sommes nécessairement préoccupés par les enjeux liés à la précarité étudiante, toutefois, notre mission n’est pas d’offrir des services ou de l’aide aux étudiants·es en ce qui concerne le logement, l’alimentation ou le transport ». Ainsi, leur rôle est plutôt d’attaquer les racines systémiques par la mobilisation et le plaidoyer.
D’autres enjeux invisibilisés
D’autres enjeux, moins visibles, mais au moins aussi importants, concernent la santé mentale et le sentiment d’appartenance. Ainsi, Anne-Julie Morasse souligne : « nous observons souvent un sentiment d’isolement chez les jeunes adultes, particulièrement chez les étudiant.e.s internationaux ». Entre démarches d’immigration complexes, éloignement familial et risque de discrimination, ces étudiants·es sont souvent exposés·es à une fragilisation de leurs droits sociaux et psychologiques. Étant donné la part importante d’étudiants·es venus·es des quatre coins du monde à l’UQTR, il est nécessaire de se battre pour les droits de ces personnes.

Les inquiétudes liées aux crises globales (changement climatique, conflits politiques, injustices sociales, etc.) pèsent également fortement sur les épaules des jeunes. « Plusieurs vivent de l’écoanxiété ou de l’anxiété vis-à-vis de la conjoncture actuelle », explique Anne-Sophie. Mais cette détresse, loin d’être paralysante, se transforme parfois en moteur d’engagement. Leur implication dans diverses associations (UniVert, comité féministe de l’UQTR, GRIS-Mauricie, etc.) ou encore dans les espaces offerts par le CS3R devient alors un moyen de reprendre du pouvoir d’agir et de croire en la possibilité de changements concrets.
Comment s’engager pour nos droits fondamentaux ?
Les droits fondamentaux ne sont pas qu’un concept global utilisé pour caractériser l’idéal que nous aimerions atteindre. Ils sont aussi et surtout une réalité quotidienne dans laquelle chacun·e a un rôle à jouer. Et cela commence par une action simple : s’informer. Comme le rappelle très justement Anne-Julie Morasse, « la sensibilisation aux enjeux mondiaux est un premier pas vers l’engagement citoyen ». Par des actions simples, telles que la lecture des actualités, le visionnage de documentaires ou la participation à des conférences/débats, les consciences s’éveillent déjà, et permettent d’initier un engagement.
Pour celles et ceux souhaitant s’impliquer davantage, le projet Citoyen.ne.s du monde mis en place par le CS3R constitue une belle porte d’entrée. Ce comité se regroupant aux deux semaines se compose d’une dizaine de jeunes engagé.e.s de 16 à 35 ans. Il est chargé de mettre en place des projets et des activités dont le but est de sensibiliser la population aux enjeux actuels ou encore, tenter d’amorcer des changements concrets. Grâce à un budget participatif, différentes animations ont été mises sur pieds, telles que des soirées de poésie engagée, des spectacles d’humour écolo, des soirées de courts métrages féministes, des campagnes de lettres, etc.

Le comité de solidarité de Trois-Rivières termine ainsi en lançant un appel à l’engagement : « Si tu as soif de changement, que tu es sensible aux droits humains, à l’environnement et à la justice sociale, le Comité de solidarité/Trois-Rivières est un espace accueillant pour se rassembler, se sensibiliser et se mobiliser pour la construction d’une société plus juste et solidaire. En plus, de se mettre en action, c’est un lieu de rencontre pour créer des liens, s’amuser et apprendre. »
Pour plus d’informations ou pour s’inscrire : https://www.cs3r.org.




