Le Groupe RUBBERBANDance: Une danse théâtralement inspirée

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Les six interprètes évoluent dans des mouvements de répulsion et d'attraction. Photo: Gracieuseté
Les six interprètes évoluent dans des mouvements de répulsion et d’attraction. Photo: Gracieuseté

Actif depuis 2002 dans le paysage de la danse contemporaine, le Groupe RUBBERBANDance cumule une douzaine de créations. L’association du chorégraphe fondateur du groupe Victor Quijada et d’Anne Plamondon aura permis à cette compagnie de mettre sur pied une méthode singulière et une approche qui fait ses preuves de par le monde. Les six danseurs de la production Quotient Empirique se sont produits le jeudi 25 février dernier sur la scène de la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières.

La Méthode RUBBERBAND propose un vocabulaire corporel issu de la tradition des danses urbaines et prend aussi ses racines dans la danse contemporaine. En travaillant la répartition du poids autour du centre de gravité, les adeptes de cet entraînement se familiarisent à une technique qui n’est pas sans rappeler à la fois le mime et le breakdance. Originaire de Los Angeles, où il commence à danser dans des clubs de hip-hop, Victor Quijada demeure en relation intime avec ses circonstances de naissance de danseur.

Les trois danseuses et les trois danseurs qui œuvrent dans cette production sont touchants et d’une habileté juste.

Cette hybridation entre la danse urbaine, le ballet classique et le théâtre se reconnaît aisément tout au long du spectacle. La sensibilité des danseurs se communique par les corps en contrôle, mais aussi par la force des regards et des attitudes corporelles, ce qui laisse l’impression d’une rigueur du travail d’interprète. Cette collégialité avec le mime se traduit par une grande théâtralité. Cette interprétation muette donne même à certains moments la certitude que les danseurs se mettront plutôt à parler tellement la théâtralité est frappante.

Victor Quijada a élaboré la méthode Rubberbandanse et chorégraphie le spectacle Quotient empirique. Photo: Gracieuseté
Victor Quijada a élaboré la méthode Rubberbandanse et chorégraphie le spectacle Quotient empirique. Photo: Gracieuseté

La mise en scène de Quijada veut briser le quatrième mur et la possible froideur des salles de spectacle. En entrant dans la salle, les spectateurs observent les six interprètes qui sont déjà sur scène en train de s’échauffer. Lorsque le spectacle commence officiellement, caractérisé par les consignes de sécurité, la salle demeure éclairée. Cette marginalité spectaculaire modifie la relation qu’entretient habituellement l’auditoire avec les artistes.

La tombée sporadique du quatrième mur se remarque aussi par la voix du régisseur qui laisse croire que son microphone est mal fermé. Cette intrusion dans le monde de la conception est primordiale dans le travail de Victor Quijada. Pour lui, c’est encore une occasion d’exprimer ses origines. Ses premiers contacts avec la danse furent dans la rue, là où la notion de spectacle n’est pas la même qu’en salle institutionnelle.

Les trois danseuses et les trois danseurs qui œuvrent dans cette production sont touchants et d’une habileté juste. Quotient Empirique commence comme elle se termine, dans une vibrante exposition de ce que l’effet de foule produit sur l’individu. Un banc de six entités reproduit des gestes qui rappellent le mouvement déroutant de la masse qui l’emporte sur l’originalité.

La mise en scène de Quijada veut briser le quatrième mur et la possible froideur des salles de spectacles.

Bien que la musique assonante et trop saccadée accable les oreilles, les six danseurs sont parfaitement rythmés sur la chorégraphie laborieuse. La recherche musicale de Jasper Gahunia demeure fine, malgré la cassante mathématique si apaisante normalement. Le concepteur des éclairages Yan Lee Chan est aussi un fidèle collaborateur du groupe.

Après le spectacle, les six danseurs (Lea Ved, Franklin Luy, Arielle Locke, James Gregg, Marilyne Cyr et Zachary Tang) ainsi que Victor Quijada se sont prêtés à l’exercice de rencontrer le public. Animée par le poète Sébastien Dulude, la période d’échange a permis de créer un espace de rencontre entre les créateurs et les récepteurs. Le festival international DansEncore accueillera la troupe en juin prochain dans une rétrospective des quinze dernières années de travail.

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