
Du 25 au 28 septembre, les acteurs et actrices du Théâtre des Gens de la Place occupent les planches de la Salle Anaïs-Allard-Rousseau avec leur nouvelle pièce, Les Femmes de Molière. Les textes originaux de Molière y sont réinterprétés afin de leur donner une visée plus féministe.
Un angle féminin aux oeuvres de Molière
Cet hommage au célèbre dramaturge français a plutôt exploré la vie de Madeleine Béjart. Muse et compagne de Molière pendant plusieurs années, son rôle passe malheureusement souvent inaperçu. Cette dernière a créé en 1643 l’Illustre Théâtre au côté de Molière et a été l’inspiration derrière la plupart des personnages principaux féminins de ses œuvres.

La pièce commence lors de leur rencontre. La troupe de théâtre de Madeleine se présente tour à tour à Molière. Puis, nous sommes lancés dans une suite de scènes des plus célèbres pièces de l’auteur. La troupe pratique des scènes cultes sous le regard bienveillant de Molière. Nous sommes amenés de Les Précieuses ridicules à Le Bourgeois gentilhomme, en passant par Tartuffe et Le Médecin malgré lui. Entre chaque scène, un des personnages prend le rôle de narrateur, aidant le public à se situer dans le temps, dans l’espace et dans la pièce de théâtre qui est sur le point d’être explorée. À travers les extraits, les thèmes du mariage, des relations père-fille et de l’amour sont explorés. Un regard est aussi porté sur la liberté des femmes à cette époque.
Au courant de la pièce, Madeleine Béjart, jouée par Nathalie Whelan, développe des problèmes de santé. Elle tousse et tousse, jusqu’à ne plus pouvoir jouer. La pièce se termine sur son décès, qui chagrine grandement les autres personnages. Cette pièce était, jusqu’alors, dans un esprit de rire et de bonne humeur, mais se termine sur une touche plutôt morose.
Un énorme travail derrière une pièce comme celle-ci
Le décor était simple, mais bien réfléchi. Les personnages se trouvaient dans les coulisses d’un théâtre, entourés de bacs et de sièges improvisés. Ces bacs contenaient les nombreux accessoires utilisés dans chaque scène. Les personnages étaient habillés simplement, en blanc et en beige, ce qui faisait ressortir les accessoires colorés utilisés. Tous portaient un maquillage de scène intense, le visage blanc et les joues très rouges. Nous pouvons seulement imaginer le défi que porte d’être un acteur qui joue un acteur. Les comédiens ont dû porter plusieurs chapeaux, changer leur voix et leur façon d’être à plusieurs reprises durant la pièce. Il faut particulièrement souligner les performances de Adamo Ionata et Marie-Andrée Leduc, qui ont volé plusieurs rires à l’auditoire. Évidemment, tous les acteurs étaient incroyables, usant habilement de leur corps et de leur voix. La mise en scène fut assurée par Luc Arsenault, qui jouait également Molière.

Chaque année, le Théâtre des Gens de la place s’affilie à un organisme de la région pour la présentation d’une de ces pièces. Cette année, c’est la Maison De Connivence qui en a eu l’honneur. Une table à l’avant amassait des dons pour l’organisme et lui assurait une visibilité. La Maison De Connivence offre un soutien aux femmes et enfants victimes de violence conjugale. Elle offre des services de consultation, de soutien, de sensibilisation ainsi que des services d’hébergement. Ce partenariat se collait bien à l’esprit féministe de la pièce.
Les Femmes de Molière a su faire rire et réagir son public tout au long. Les spectateurs étaient visiblement pendus aux lèvres des comédiens. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’y assister encore, la pièce est en représentation jusqu’au 28 septembre.




