Théâtre des Nouveaux Compagnons: Une trouble-fête chez le dentiste 

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Photo: Mario Groleau
Photo: Mario Groleau

Pour clôturer leur 94e saison, le Théâtre des Nouveaux Compagnons a présenté la comédie française Sale attente. Annie Trudel signe sa deuxième mise en scène au sein de la troupe en proposant un théâtre léger et sans prétention. C’est le jeudi 9 avril dernier que les comédiens ont joué la première devant le public de la Maison de la Culture de Trois-Rivières, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Écrite par Frank Didier, cette pièce de théâtre raconte les tribulations d’une vieille dame aux prises avec un mal de dents. Madame Ramo prend d’assaut le cabinet de dentiste sous le regard exaspéré de la pauvre réceptionniste. La dame veut à tout prix un rendez-vous d’urgence avec le docteur, mais, pour ce faire, un client doit se désister. Elle use alors de ruses plus ou moins efficaces pour arriver à ses fins. C’est un texte prévisible, mais qui demeure drôle.

La pauvre dame s’engage dans une escalade d’entourloupettes et va jusqu’à appeler les pompiers. Elle laisse planer le doute et la panique chez les autres patients, ce qui donne lieu à un moment amusant du spectacle, lorsque tous se solidarisent en mettant en place des stratégies pour survivre à ce feu imaginaire.

La mise en scène d’Annie Trudel est sobre et efficace.

La mise en scène d’Annie Trudel est sobre et efficace. Son choix d’adapter légèrement le texte et de le faire jouer en québécois est judicieux, ce qui facilite grandement la compréhension des expressions qui auraient pu faire décrocher le spectateur. Le rythme était soutenu, le ton un brin caricatural. Même si les comédiens jouaient parfois «gros» et effleuraient le cliché, l’ambiance joviale demeurait agréable. Cette esthétique de comédie de situation se prête bien à ce genre de texte.

La production a frappé dans le mille en confiant le rôle de Madame Ramo à Rollande Lambert. Cette comédienne a une énergie et une présence sur scène hors du commun. Elle soutient une cadence solide tout au long de la pièce, et contribue largement au rythme général du spectacle. Il est à souligner le retour sur les planches de Nicole Poisson. Elle a été d’une honnête générosité, elle s’est visiblement amusée sur scène et elle a su communiquer ce plaisir.

Sous la direction de Patrice Martin, l’équipe des décors a conçu une véritable salle d’attente. Des pans de mur entiers ont été montés pour l’occasion. C’est un décor très réussi qui plonge immédiatement le spectateur là où il faut. Le détail va jusqu’au mur de brique visible par la fausse fenêtre. Ils ont mis le paquet pour rendre le lieu réaliste. Le dispositif rappelle les décors de sitcom, ce qui colle bien au choix de mise en scène.

Rollande Lambert soutient une cadence solide tout au long de la pièce, et contribue largement au rythme général du spectacle.

Le jeu des comédiens était dans l’ensemble assez équilibré, mais le naturel de Myriam Lortie ressortait du lot. Fraichement débarquée à Trois-Rivières, la jeune femme cumule déjà une bonne expérience sur la scène du théâtre amateur trifluvien. Ses petits rôles çà et là lui ont permis de s’approprier la scène. Le rôle de soutien de Myriam Lortie tempère la pièce qui déborde parfois un peu trop de vigueur.

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