Expositions et projets en arts visuels: La dérision ludique de Fontaine Leriche

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Les quelque 657 œuvres qui composent une partie de sa plus récente exposition sont ludiques et mystérieuses. Photo: M.-C. Perras
Les quelque 657 œuvres qui composent une partie de sa plus récente exposition sont ludiques et mystérieuses. Photo: M.-C. Perras

Présente dans le paysage artistique trifluvien depuis une quinzaine d’années, Fontaine Leriche butine les médiums et affirme sa notoriété régionale dans divers projets. En plus de sa pratique, elle est membre du Conseil d’administration de l’atelier Presse Papier, ce qui l’implique dans la communauté. Sa participation au Salon du livre de Trois-Rivières en tant que représentante de l’atelier le démontre. Sa plus récente exposition, Les bruns, est actuellement présentée au centre d’exposition Raymond-Lasnier de la Maison de la culture de Trois-Rivières.

Le côté réservé de Fontaine Leriche vient renchérir la surprise devant ses créations. Sa pratique se penche vers le dérisoire et l’étrange. Les personnages qui s’inventent sous sa main sont intrigants par leur apparence disloquée et déformée. Entre zoomorphe et anthropomorphe, les images ou les objets de l’artiste peuvent procurer un malaise. Conjointes de la laideur, les œuvres de Leriche ont une grande part de mystère et une visée humoristique certaine.

Le ludisme de Fontaine Leriche tranche avec l’intellectualisation parfois lourde de l’acte créatif. Instinctivement, elle se penche sur ses projets en abordant le travail par accumulation. Elle crée abondamment des séries qui composent ses expositions. Les bruns témoignent à ravir de cette méthode qui peut paraître simple, mais qui demande rigueur, qu’est celle de créer constamment. Dans cette exposition, 657 petites œuvres se côtoient dans des teintes brunâtres. Cette variation autour du brun affirme la légèreté du regard de l’artiste sur le monde des arts visuels.

Bien que Fontaine Leriche travaille la peinture, le dessin, la gravure et la sérigraphie, elle affectionne particulièrement l’art numérique.

«J’aime trafiquer la réalité et la mélanger, faire un genre d’hybridité entre l’heureux et la dérision», souligne Leriche lorsqu’elle observe sa pratique. Ces dernières années, elle a créé une gamme de toutous à l’effigie de ses personnages étranges. Loin des objets pour enfants traditionnels, le choix du textile pour en arriver à offrir des êtres tridimensionnels confirme l’originalité de l’artiste trifluvienne. C’est un beau tour de force que d’éloigner le textile de l’artisanat et de faire de cette technique un médium d’expression artistique à part entière.

Fontaine Leriche est active dans le monde des arts visuels trifluvien depuis une quinzaine d’années. Photo: M.-C. Perras
Fontaine Leriche est active dans le monde des arts visuels trifluvien depuis une quinzaine d’années. Photo: M.-C. Perras

Bien que Fontaine Leriche travaille la peinture, le dessin, la gravure et la sérigraphie, elle affectionne particulièrement l’art numérique. Elle a d’ailleurs réalisé la vidéo d’art Pêche sur glace à Kitcisakik avec des images des membres de l’atelier Presse Papier. La mise en animation des œuvres de ses collègues reconnaît l’aisance qu’elle a à travailler dans l’univers du numérique. Son implication en tant que membre de Presse Papier lui est salutaire. Leriche s’est rendue au dernier Salon du livre de Trois-Rivières afin de présenter les fanzines conçus par 14 artistes de l’atelier.

Conjointes de la laideur, les œuvres de Leriche ont une grande part de mystère et une visée humoristique certaine.

Fontaine Leriche cumule les projets et les collaborations et sera de la programmation lors de la prochaine Biennale nationale de sculpture contemporaine qui se déroule du 23 juin au 9 septembre prochain. Elle y exposera une installation créée en collaboration avec la sculpteure trifluvienne Annie Pelletier au Centre culturel Pauline-Julien pendant les deux mois que dure l’événement.

Certaines des œuvres de Leriche paraissent dans l’édition du mois de mars de la revue Art Le Sabord, publiée aux Éditions d’art Le Sabord. L’exposition Les bruns est présentée jusqu’au 17 avril au Centre d’exposition Raymond-Lasnier.

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