Capitaine et gardienne de but de l’équipe féminine de soccer de l’UQTR, Anne-Gabrielle Marquis incarne la rigueur et la sérénité. À 22 ans, cette étudiante en finance originaire du Lac-Beauport s’apprête à clore un parcours universitaire marqué par le leadership, la persévérance et un profond attachement aux Patriotes.

Un parcours tissé de famille et de passion
Originaire du Lac-Beauport, près de Québec, Anne-Gabrielle a grandi dans une famille où le sport fait partie de la vie quotidienne. « On est une famille de sportifs. Chez nous, ça jouait toujours au soccer ou au hockey », confie-t-elle. Très tôt, elle suit les pas de sa grande sœur, et découvre dans les filets un poste qui exige autant de sang-froid que de courage.
Son arrivée à Trois-Rivières ne doit rien au hasard. C’est sa sœur, déjà Patriote, qui lui ouvre la voie. « Elle savait que l’équipe cherchait une gardienne. » Le déclic se produit rapidement : « Je voulais un nouveau départ, rencontrer du nouveau monde. Finalement, c’est la meilleure décision que j’ai prise. » À l’UQTR, elle entreprend un baccalauréat en administration des affaires, profil finance, avant de poursuivre avec un DESS en finance. « C’est ma dernière saison, j’ai réduit ma charge de cours durant cette session afin de me consacrer davantage à l’équipe. »

La discipline du poste et le calme du capitaine
Être gardienne, c’est apprendre à vivre avec la pression. « C’est un poste très mental. Chaque erreur se voit, chaque action compte. » Dans ce rôle exposé, elle développe une force intérieure qui deviendra sa signature. Son style est moderne : elle aime jouer haut, anticiper les ballons en profondeur et participer à la relance. « J’aime ça jouer au pied, être comme une défenseure de plus. »
Cette intelligence de jeu, alliée à une présence sereine, lui vaut d’être nommée capitaine pour sa dernière saison. « Je ne suis pas celle qui parle le plus fort, mais j’essaie d’inspirer par mon calme. Je veux que mes coéquipières sentent qu’elles peuvent compter sur moi. » Concilier études et sport de haut niveau exige un équilibre constant. « Être Patriote, c’est une question d’assiduité. Il faut planifier, prioriser, et rester concentrée. » Mais derrière cette rigueur, il y a aussi la fatigue, les doutes et la charge mentale. « Après un gros match, qu’il soit bon ou mauvais, il faut retourner en classe le lendemain. C’est ce qui m’a le plus appris sur moi-même. »
Des influences fortes et un futur à bâtir
Dans son parcours, certaines figures ont joué un rôle déterminant. Elle cite notamment Nabil Haned, son entraîneur de gardiens à Québec : « Il a cru en moi-même quand je doutais. Il m’a appris à me faire confiance. » Sa sœur demeure aussi une influence majeure, « un modèle de persévérance et d’humilité ». Ses quatre saisons avec les Patriotes sont riches en souvenirs. Son tout premier match universitaire reste gravé : « On perdait 2-0 contre Concordia à la mi-temps. J’ai arrêté un penalty et on a remonté pour gagner 3-2 à la 88e minute. » Plus récemment, le voyage d’équipe en Espagne a marqué son esprit : « Partir jouer en Europe avec mes meilleures amies, c’était un rêve. »

Aujourd’hui, à l’aube de sa transition, Anne-Gabrielle envisage l’avenir avec une certaine nostalgie. Elle souhaite poursuivre une maîtrise en fiscalité et devenir fiscaliste, tout en laissant la porte ouverte au soccer civil. « J’ai encore l’impression que je peux progresser. Peut-être que ce n’est pas encore fini. » En quittant le programme, elle retient surtout les liens humains et les valeurs partagées : « Les Patriotes, c’est une famille. Ce que j’ai appris ici, sur le terrain et en dehors, va me suivre toute ma vie. »
« Fais les efforts que les autres ne sont pas prêts à faire. Le talent ne suffit pas, c’est ton éthique de travail qui fait la différence. »
– Anne-Gabrielle Marquis




