Carnet d’une globe-trotteuse : Sri Lanka (1) – L’île aux mille teintes

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L’atmosphère a changé. L’air m’enveloppe, colle à la peau, fait luire les visages fatigués et s’infiltre chaudement dans les poumons éprouvés. Je descends de cet avion, et je sens bien qu’ici, tout sera différent. Différent de tout ce que j’ai connu jusqu’alors. Le Québec, ses tempêtes de neige et son accent si particulier me semblent tout à coup bien loin. La France, sa gastronomie et ses paysages, tout autant. 

Des pêcheurs s’adonnent à leur passion au coucher de soleil à Wellawate (Colombo). Crédits : Journaliste.

Me voilà donc au Sri Lanka. Petite île méconnue située à la pointe sud de l’Inde, on l’imagine volontiers sans contrastes marqués. Pourtant, du ciel, on s’aperçoit déjà qu’elle revêt des allures de continent miniature. Cernée de tous bords par l’océan Indien, l’île est parsemée de montagnes imposantes, de rizières étincelantes, de temples dorés et de villes vibrantes.

Cette chronique marque le premier épisode d’une série consacrée à ce merveilleux pays. Une traversée de plusieurs mois à travers le Sri Lanka, du Sud au Nord, d’Est en Ouest, pour raconter ce que les cartes postales ne peuvent montrer : la chaleur, les gens, les bonheurs, les égarements. Loin du guide touristique classique, cette série se veut être un récit vivant, authentique et humain, où les découvertes se nichent autant dans les paysages impressionnants que dans les moments empreints d’humanité. 

Dans le tumulte de la vie

Dès l’instant où l’on pose un pied hors de l’avion, le Sri Lanka s’impose sans (dé)tours ni faux semblants. À l’image du pays, la rue bouillonne de tuk-tuks, de scooters et autres engins motorisés, s’entrelaçant dans une joyeuse symphonie de klaxons. Ce mouvement circulatoire perpétuel, que seuls les locaux sauront jamais maîtriser, donne le tournis autant qu’il fascine. 

À Colombo, la capitale économique du pays, les trottoirs se font rares, tout comme les piétons qui, sous la chaleur écrasante, avancent avec prudence. Quand l’espace n’est pas dédié au trafic, échoppes et marchands font d’un bout de rue leur bastion. Mais attention, le voyageur accoutumé comprend très vite que cet apparent chaos n’est pas désordre : il a sa logique, son rythme et ses codes. 

Une moto dépasse un tuk fluidement, sans accros, comme d’habitude. Crédits : Journaliste.

Dans ce flot incessant de mouvements, on en vient à perdre le sens, tandis que nos sens interrogent les moindres détails. Tout est nouveau. On ne connait rien. Et pourtant, tout nous traverse, nous transperce, nous envahit. On scrute chaque scène, comme autant de révélations nous bousculant, nous stimulant, nous aiguillant. C’est là où le voyage commence : quand le monde déborde, et qu’avec velléité, on le laisse nous traverser. 

De la différence et du changement

Traverser les rails devient rapidement notre train-train quotidien. On regarde à gauche, puis à droite. Puis encore à gauche. Et une autre fois à droite, pour être sûr.e. Mais est-ce vraiment sûr ? Ne nous a-t-on pas appris à ne jamais nous approcher des rails ? Et puis, juste là, une route. Une minute, cinq minutes, dix minutes. Il faut y aller. On apprend vite à calculer le bon moment pour s’élancer, au risque de ne jamais atteindre l’autre côté. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à rouler dans le mauvais sens ? 

Le ciel est clair, l’atmosphère humide. Ce soir, un torrent d’eau s’abattra sur la ville et inondera ses rues. Des éclairs zébreront le silence de la nuit. Pour l’heure, le soleil brille, les peaux se cuivrent et la chaleur, bien qu’accablante, ravit les âmes ardentes. Une île. Le Sri Lanka est une île. Ses habitants, des insulaires. À la merci des éléments, ils sont les premiers à sentir la promesse de la pluie, le souffle des vents avant la tempête. Ici, tout semble rythmé par la nature, et chacun en accepte le tempo. 

L’Astre Solaire décline doucement, se voile partiellement derrière de fin nuanges et teinte le ciel d’orangé avant que l’océan le dissimule entièrement. Crédits : Journal.

De ce qui nous rassemble

Et qu’en est-il de l’océan nous ceinturant ? On le prénomme Indien, du nom de ce gigantesque pays au nord du Sri Lanka. Troisième plus grand océan de la famille, il luit au soleil, se teintant d’un bleu cristallin presque irréel. On reconnaît difficilement un air de famille à cet océan, loin de notre Atlantique et de ses nuances vertes et bleu marine. Pourtant, ici, les vagues déferlent dans ce même doux bruit qui ravit les oreilles voisines. Ici, le soleil s’éclipse aussi droit dans l’océan, laissant aux Colombois.e.s ainsi qu’à leurs invité.e.s, un spectacle de couleurs dont il est difficile de détourner les yeux. 

Mais, peut-être encore davantage que les paysages, ce sont les visages qui nous (r)enseignent. Au pays du thé, les sourires sont larges, offerts sans contrepartie, souvent accompagnés d’un geste de tête qui en dit long. Dans les rues bondées, les plages paisibles ou les marchés parfumés, les regards s’accrochent, se délient, égrainant bienveillance et bonté qui emplissent les âmes. Et dans ce partage silencieux, c’est le pays lui-même qui se révèle : éclatant, généreux, imprégné de vie.

Le bleu cristallin de l’océan Indien dans lequel déferlent de petites vagues près du rivage. Crédits : Journaliste.

Tu veux continuer de voyager avec moi ? Retrouve toutes mes chroniques « Carnet d’une globe-trotteuse » dans Le Zone Campus. Rendez-vous dans deux semaines pour une nouvelle aventure autour du monde ! 

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