ÉDITORIAL ― L’humain approximatif: Dehors Yves Lévesque!

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Photo: Mathieu Plante
Photo: Mathieu Plante

Les élections municipales approchent et nous rappellent qu’Yves Lévesque est maire, de Trois-Rivières, depuis 2001.

Je vais d’abord vulgariser un peu la politique municipale, pour ensuite faire un portrait de l’héritage Lévesque, et finalement parler de la présente campagne à la mairie.

La politique municipale pour les nuls

Car, comme le dirait Jean-René Dufort (Infoman), «ce n’est pas parce que c’est local que ce n’est pas bon». Je dois avouer que je suis moi-même peu informé sur le fonctionnement de la politique municipale. J’ai fait l’effort, pour vous, de me rendre sur la page web des élections municipales pour en savoir plus (site des Affaires municipales et Occupation du territoire du Québec). En gros, le scrutin se déroule tous les quatre ans à date fixe. C’est le greffier municipal qui supervise les élections, tandis que le trésorier, sous l’autorité du directeur général des élections du Québec, surveille les dépenses électorales.

Les élections municipales sont donc partout en même temps et à la même date. Cette pratique aurait comme effet, selon le ministère des Affaires municipales, de créer «un temps fort de la vie démocratique municipale.» Wouhou, que c’est excitant…

Toutefois, en 2013, 29% des élues étaient des femmes, et plus de la moitié des maires ont été élus sans opposition. Le faible taux de participation et la démographie restreinte de certaines communautés en sont les principales raisons.

Un temps fort de la vie démocratique municipale. Wouhou, que c’est excitant!

Le bon vieux Yves Lévesque des familles

Si le Saguenay possède son Jean Tremblay et la ville de Québec son Régis Labeaume, Trois-Rivières a son Yves Lévesque. Un digne représentant de cette dynastie de maires excentriques que les années 2000 ont donné au Québec. On a tous pu le voir à l’émission Infoman en train de pisser sur un arbre.

Lévesque aime ce qui brille, c’est pourquoi il investit dans le Grand Prix de Trois-Rivières, l’Amphithéâtre Cogeco ou bien ces superbes escaliers en béton au centre-ville. D’ailleurs, certains soutiennent que l’escalier monumental (c’est son nom, no joke) aurait dû être fait en granite. D’abord, le granite est beaucoup plus résistant, et ensuite, le Québec est un important producteur de cette ressource (Le Nouvelliste, le 30 octobre 2012).

La folie des grandeurs se poursuit: le maire veut faire construire des jeux d’eau sur l’esplanade de l’Amphithéâtre Cogeco. Un projet estimé à 1,8 million de dollars. Selon Jean-François Aubin, conseiller municipal et candidat à la mairie, cette somme devrait être plutôt investie dans l’Aide aux familles (Le Nouvelliste, le 1er décembre 2016).

Dernièrement, lors des campagnes électorales d’Yves Lévesque, l’ancien directeur des communications, Denis Simard, a reçu depuis 2002 au moins 70 000 $ en contrats. Plusieurs conseillers municipaux accusent le maire de conflit d’intérêts et même de favoritisme. (Radio-Canada.ca, le 16 mars 2017).

Une campagne électorale à deux candidats

Avant le temps des fêtes, notre Yves semblait se présenter sans opposition. Puis, Adis Simidzija s’est présenté avec la volonté d’en faire plus pour les gens démunis. En plus d’avoir fait des études en sociologie à l’UQAM, Adis écrit et s’implique énormément auprès des nouveaux arrivants et des itinérants. Son programme politique s’articulait autour de la défense des travailleurs et du taux de chômage. Adis déplore l’investissement dans des méga-infrastructures (Le Nouvelliste, le 17 janvier 2017).

Car, comme le dirait Jean-René Dufort (Infoman), «Ce n’est pas parce que c’est local que ce n’est pas bon.»

Le 10 mars dernier, Adis nous informait qu’il se retirait de la course. Il a confié au Nouvelliste que sa «place n’est pas dans une chaise ni dans un conseil municipal, elle ne le sera jamais. Elle est dans ma communauté, auprès des gens que j’aide et qui m’aident. Ma place est dans la rue auprès de manifestants».

Il laisse ainsi le champ libre à Jean-François Aubin, désormais seul opposant à Yves Lévesque. Aubin est professeur en techniques de travail social et conseiller municipal du district Marie-de-l’Incarnation depuis 2013. Lui aussi s’oppose aux projets monumentaux mis de l’avant par Yves Lévesque. Concrètement, Aubin s’est impliqué auprès du Réseau québécois de revitalisation intégrée et a coordonné la Démarche de revitalisation des premiers quartiers de Trois-Rivières.

Mettre un terme au règne de Sa Majesté

Il est temps d’ouvrir les fenêtres et d’aérer notre espace. J’ai plusieurs critiques à lancer à l’égard de l’héritage Lévesque. Premièrement, la signalisation piétonne laisse grandement à désirer. Les passages piétons ne sont pas respectés: plusieurs voies routières importantes ne sont même pas munies d’une signalisation. Dans la ville de Sherbrooke, par exemple, les automobilistes qui ne respectent pas les passages pour piétons sont passibles d’une amende de 150$.

Deuxièmement, le phénomène de la gentrification par le biais du projet Trois-Rivières sur Saint-Laurent nuit aux vieux quartiers du centre-ville. Le plus aberrant dans tout cela, c’est probablement la construction d’un mur qui devrait séparer le quartier Sainte-Cécile et celui de Trois-Rivières sur Saint-Laurent (106,9 FM, le mercredi 19 octobre 2016). Dehors Lévesque!

Sur ce, je vous invite à venir au vins et fromages organisé par l’Association des étudiants en philosophie (AEDP). Cette soirée se tiendra le 5 avril au local 1012, à partir de 19h. Le coût est de 10$ pour les étudiants d’histoire, de philosophie, de littérature, et de 15$ pour les non-membres. Vous pourrez en profiter pour parler de philo, de politique ou de League of Legends.

2 COMMENTAIRES

  1. Concernant la candidature de M. Jean-François Aubin au poste de maire de la ville de Trois-Rivières, je me dois de souligner qu’il avait une position ambiguë quant à la fluoration de l’eau potable à Trois-Rivières. S’il devient maire, il faut grandement espérer qu’il aura l’oreille bien ouverte aux préoccupations des citoyens et une juste utilisation de nos deniers publics. La qualité de la vie à Trois-Rivières passe par une gestion responsable des impôts fonciers des contribuables.
    Contrairement à ce qu’avait affirmé Yves Lévesque lors d’une de ses premières campagnes à la mairie, les contribuables de la cité ne sont pas les employés de la ville; on ne gère pas une municipalité comme on gère une entreprise.

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