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Exposition à la Galerie R3: La matérialité de la performance

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Exposition à la Galerie R3: La matérialité de la performance

Le Groupe de recherche en sculpture et arts sonores (GReSAS) a envoyé deux représentants à la Galerie R3 de l’UQTR. Jusqu’au 12 février, le public peut observer des archives visuelles multimédias d’anciennes performances, ainsi que les reliquats de l’action posée en direct lors du vernissage du 20 janvier dernier.

Yves Leduc et Nathalie Gagnon ont offert aux spectateurs présents une performance multisensorielle où plus que la vue et l’ouïe étaient sollicitées. La cuisson du sirop d’érable venait flatter les parois nasales et rendait la performance englobante. Bien que la portion gustative ait échoué, l’intention de faire manger de la tire au public faisait partie de la démarche relationnelle.

L’action performative du 20 janvier s’étirait en longueur et semait le doute quant à la réception. La lenteur et l’absence de structure ont laissé une ambiance incertaine et une incompréhension. Les allées et venues de Nathalie Gagnon dans l’espace scénique créaient une chorégraphie étrange. Elle se plaçait la tête dans les sphères de plâtre et frottait un micro sur les parois, ce qui créait une sonorité particulière dans la salle. Son costume de peaux d’animaux rappelait que ce que nous sommes est issu de la relation d’aide et de partage des Amérindiens. L’odeur d’érable accentuait cette lecture.

Cette installation pose bien cette éternelle question sur la matérialisation de la performance.

Yves Leduc travaillait surtout l’ambiance sonore en moulant des grains de café tout en déplaçant le moulin plus ou moins près du microphone. Le mouvement de sa tête semblait chercher la mouche que le son s’amusait à représenter. Les yeux semi-obstrués par du ruban-cache sur ses lunettes, il marchait le menton en l’air afin de voir quelque chose. La performance présentée dans la Galerie R3 laisse perplexe, mais les intentions artistiques sont là. La relation avec le lieu et le son reflète une recherche et une réflexion intellectuelle certaines.

L’esthétique relationnelle est importante dans le travail des artistes. Les documents exposés en témoignent allègrement. Les actions publiques souvent extérieures, hors les murs des galeries, ordonnent aux artistes un lien fort entre eux, leur art et le spectateur. Les interventions performatives évoquées par les photos et les vidéos exposées se produisent dans des lieux publics et le spectateur est au cœur des images.

La relation avec le lieu et le son reflète une recherche et une réflexion intellectuelle certaines.

En plus des documents photographiques et vidéographiques, les costumes fabriqués et portés par les artistes figurent dans l’exposition Corps Creux. Le dispositif composé d’un miroir et d’une télévision à tubes cathodiques livre un triple renvoi d’images. La performance est captée par une caméra et retransmise sur la télévision qui se reflète dans la glace et c’est finalement cette image que le spectateur reçoit. Cette installation pose bien cette éternelle question sur la matérialisation de la performance.

Les documents exposés proviennent de trois situations performatives faisant partie de la trilogie des Sphères sonores. Ovimonde, Mundo burbujas et Spumante sonoro se sont déroulés en 2010 et 2011 dans le cadre de festivals d’art sonore en Italie et à Cuba. Les membres du GReSAS sont surtout actifs dans la région de Gatineau en Outaouais et se spécialisent en art action et en dispositifs sonores. Ce groupe de recherche œuvre collectivement et a une production expérimentale.

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