Exposition au Café Frida: De contrastes en contrastes, Cathy Bélanger fait nid

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La Joconde de Cathy Bélanger arbore des tatouages old school et new school. Photo: Cathy Bélanger
La Joconde de Cathy Bélanger arbore des tatouages old school et new school. Photo: Cathy Bélanger

La toute première exposition de l’année se déroule ces jours-ci au Café Frida. Pour débuter la programmation en beauté, les murs supportent les œuvres de l’artiste Cathy Bélanger. À la suite du vernissage du jeudi 7 décembre dernier, les toiles pourront être observées jusqu’au début du mois de février. L’exposition offre deux volets fort différents dans les techniques exploitées et aux rendus complètement opposés. Les contrastes semblent nourrir l’artiste qui étonne par son savoir-faire.

La première portion de l’exposition comporte des reprises de tableaux iconiques de l’Histoire de l’art. Cathy Bélanger reproduit assez fidèlement des chefs-d’œuvre de la Renaissance en ajoutant des tatouages aux protagonistes des toiles célèbres. La maîtrise de la technique académiste est frappante. L’artiste peint ses toiles à la manière des anciens, en utilisant le glacis.

Cette technique consiste à appliquer des fines couches de couleur translucide jusqu’à l’obtention de l’opacité convoitée. Le temps de séchage entre chacune des couches est de 24 heures. En moyenne, une toile peut prendre jusqu’à un mois de travail. Une de ses pièces maîtresse a nécessité plus de huit mois à produire. C’est lors de son passage à l’UQTR qu’elle a appris le glacis. Pendant son baccalauréat en arts visuels, son professeur Richard Purdy lui a enseigné cette technique utilisée jadis par Raphaël, Léonard De Vinci, Caravage et Botticelli.

Les classiques de la Renaissance qu’elle reprend sont toutefois parsemés de sa touche personnelle. Les toiles originales se devinent aisément, mais la présence de l’artiste se lit par des traits parfois plus arrondis. La personnalité artistique de Cathy Bélanger est notable surtout par la présence de tatouages sur la peau des personnages. C’est par un désir de contraste, plus que d’historienne de l’art, que les œuvres sont nées. En dessinant des tatouages sur les Madones, Bélanger oppose la religion catholique aux tatouages tribaux Mohaves. L’ensemble de cette partie de l’exposition reflète un travail fort calculé et exigeant.

Bélanger arrive à donner aux regards de ces femmes une chaleur provocante et une intensité envoutante.

Afin d’obtenir un équilibre dans sa pratique, la jeune trentenaire a aussi produit des œuvres plus spontanées qui nécessitent un temps de création beaucoup moindre. La deuxième portion de l’exposition propose des toiles de petits formats peintes à l’aquarelle. Les couleurs vives et le lavis donnent un ton plus doux et une tendance pop. Cathy Bélanger veut représenter la femme sensuelle qui se voit dans le regard langoureux et qui s’exprime aussi par les courbes.

Le traitement à l’aquarelle apporte une lumière sensuelle à ces femmes langoureuses. Photo: Cathy Bélanger
Le traitement à l’aquarelle apporte une lumière sensuelle à ces femmes langoureuses. Photo: Cathy Bélanger

Les personnages de ses aquarelles ont des lèvres pulpeuses et des chevelures extravagantes truffées de motif à pois. Bélanger arrive à donner aux regards de ces femmes une chaleur provocante et une intensité envoutante. Les effets d’ombre et de lumière sont agréablement positionnés et témoignent une fois de plus d’une maturité dans son coup de pinceau. Perdurent encore des reliquats de tatouages par des fleurs et des feuillages qui sont apparents sur la peau des personnages.

Les effets d’ombre et de lumière sont agréablement positionnés et témoignent une fois de plus d’une maturité dans son coup de pinceau.

Cathy Bélanger s’intéresse au tatouage depuis ses études universitaires. Elle a exploité l’imagerie du tatou dans divers projets, notamment en gravure et lors de son projet de fin d’études. C’est donc en 2007 qu’elle remporte le Prix du public, octroyé par l’Association des programmes en arts, ainsi que le troisième prix de la Bourse Gilles-Verville avec l’un de ses premiers projets au glacis.

Native de Trois-Rivières, elle est revenue dans la région depuis deux ans et travaille maintenant à une nouvelle série de toiles. Elle délaisse le classique et le tatouage pour aller vers une création plus texturée où elle troque son pinceau pour la truelle. Cette série sera davantage inspirée de ses femmes aquarelles. Cathy Bélanger revient d’une escale de quatre ans à Montréal pendant laquelle elle a exposé à la Galerie C.O.A en 2014.

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