Expositions de Marie-Andrée Côté et Sophie Guillemette : La nature, les serpents et l’environnement

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Les artistes Marie-Andrée Côté (à gauche) et Sophie Guillemette (à droite) présentent leur exposition au Centre d’exposition Raymond-Lasnier de Trois-Rivières jusqu’au 21 avril. Photo : F.-A. Désilets-Rousseau

Par Félix-Antoine Désilets-Rousseau, journaliste

Jusqu’au 21 avril 2013, le Centre d’exposition Raymond-Lasnier de Trois-Rivières présente les expositions Traits primitifs de Sophie Guillemette et Ma terre, comme un murmure de Marie-Andrée Côté. Aux premiers regards, les deux expositions semblent très différentes l’une de l’autre, mais l’abstraction et la nature les unissent.

Le vernissage de ces deux expositions avait lieu le 24 mars dernier et les artistes étaient présents pour répondre aux questions des gens qui s’étaient déplacés pour voir les œuvres. L’artiste peintre Sophie Guillemette avait amené avec elle un énorme serpent pour montrer l’origine de son inspiration. De son côté, Marie-André Côté offrait une explication détaillée de la genèse de ses œuvres.

Les serpents, une source d’inspiration

Pour Sophie Guillemette, qui possède une formation en arts visuels de l’UQTR, c’est la nature qui l’inspire, mais une nature bestiale, voire reptilienne. En effet, pour la propriétaire d’un zoo reptilien, le serpent figure au centre de son œuvre. L’artiste peintre qui en est à sa troisième exposition nous montre le relief que permet le motif de la peau du serpent. Mais pourquoi choisir le serpent? «Je voulais retourner à quelque chose d’abstrait, et la peau du serpent est un motif qui me permettait d’exploiter cette abstraction», nous explique-t-elle.

En effet, le motif d’écailles de la peau de cet animal rampant se retrouve dans toutes les toiles de son exposition et est exploité de façon abstraite en ne représentant jamais dans son entièreté le reptile. Or, pour la jeune trifluvienne, c’est la mue qui permet d’exprimer le renouvellement, le symbole de deux états en transition, soit la beauté et la répulsion. Selon l’artiste, ce sont deux traits qui sont propres à l’espèce du serpent.

Le souci de l’environnement

L’artiste Marie-Andrée Côté nous dévoile sa vision de la nature dont la rosace est le point de départ pour son exposition. En effet, les formes rondes que contiennent les sculptures peuvent nous rappeler les vitraux que l’on retrouve dans les cathédrales.

«Ma motivation est de mettre en perspective la beauté, la fragilité et la vulnérabilité du règne végétal, de créer des atmosphères qui incitent à méditer sur le cycle de la vie ainsi que de se pencher sur les dommages causés à l’environnement qui mettent en péril notre planète Terre.»

Toutefois, elle ne s’est inspirée de la rosace que pour la forme. Or, pour le contenu, la pollution et l’eau sont ses grandes sources d’inspiration. Pour dénoncer la dégradation de la planète, l’artiste originaire de Montréal travaille la céramique depuis maintenant vingt ans et possède une formation au Centre de céramique Bonsecours. Elle veut parler de la Terre avec la terre.

Il y déjà dix ans, le moment où la sculpteure a commencé à s’intéresser à l’environnement, elle voulait seulement montrer la beauté et la fragilité de la nature, mais au fil des années, son désir s’est transformé et a évolué en une visée plus écologique et alarmiste de l’état de notre planète. Toutefois, cette visée tente de se faire discrète.

Pour montrer l’aspect d’urgence de la nature, la sculpteure joue avec les contrastes qu’offre la couleur rouge qui est présente dans quelques œuvres clés. Cette couleur violente mise en relief grâce au blanc de la céramique témoigne de la portée alarmiste de son œuvre. «Ma motivation est de mettre en perspective la beauté, la fragilité et la vulnérabilité du règne végétal, nous dit-elle, de créer des atmosphères qui incitent à méditer sur le cycle de la vie ainsi que de se pencher sur les dommages causés à l’environnement qui mettent en péril notre planète Terre.» D’ailleurs, le titre Ma terre, comme un murmure nous rappelle cette fragilité de la nature.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site du Centre d’exposition Raymond-Lasnier au www.cer-l.ca.

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