L’actualité démystifiée: Le «chambreur» de Trois-Rivières

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L’idée furtive d’aborder la pas si lointaine sortie du documentaire Novembre 84 au cinéma Le Tapis Rouge m’est venue à l’esprit quelques heures avant la date de tombée de ma chronique. Le sujet est sensible, c’est une évidence, mais le sujet est également compliqué à aborder. De quel droit puis-je commenter une histoire aussi horrible? J’hésite, mais peut-être est-ce mon devoir de faire perdurer sa mémoire? C’est donc avec humilité que je m’attèlerai à la tâche.

31 juillet 2007

Je me souviendrai toujours de la journée du drame. C’était le jour de l’anniversaire de ma mère. Je venais d’avoir quinze ans. La photo de la petite rouquine tournait en boucle dans notre salon. Mon cœur jeune et naïf me répétait que je devais faire quelque chose: organiser des battues, en parler à qui voulait bien l’entendre, n’importe quoi.

Mais je n’ai rien fait. Et la petite Cédrika n’a pas été retrouvée non plus. 8 ans déjà sont passés, de nouvelles informations circulent ponctuellement sans jamais avoir mené à un dénouement. La petite Cédrika serait partie à la recherche d’un chien qu’une dame aurait perdu. Au moment de sa disparition, elle avait été vue pour la dernière fois arpentant le quartier à vélo à la recherche du canin.

Claude Poirier s’est intéressé à l’affaire. On a parlé d’une voiture rouge aux poignées chromées. On a désigné quelques suspects sans que jamais l’enquête aboutisse.

Une affaire d’enlèvements

En novembre 2014, le documentaire Novembre 84, réalisé par Stéphan Parent, prend l’affiche en salle de cinéma. Ce dernier a pour point central le meurtre de trois enfants, commis dans la région de Montréal dans les années 80.

Le premier novembre 1984, le petit Maurice Viens, quatre ans, jouait près de la résidence familiale avec un ami. Lorsqu’un homme en voiture lui proposa de monter pour lui donner des bonbons, il n’hésita pas et ne fut jamais revu vivant. On retrouva son corps, recouvert d’ecchymoses, cinq jours plus tard dans une maison abandonnée en Montérégie. L’enfant avait la chemise retroussée jusqu’aux épaules et les pantalons baissés jusqu’aux chevilles. L’enquête démontra qu’il y avait eu agression sexuelle.

La même journée, deux jeunes garçons, Wilton Lubin, 12 ans, et Sébastien Métivier, 8 ans, sont enlevés dans le quartier Hochelaga. Ce n’est qu’un mois plus tard qu’on repêche le corps de Wilton dans le fleuve St-Laurent et qu’on constate qu’il a été étranglé puis égorgé par le meurtrier. Le corps du petit Métivier, quant à lui, n’est jamais retrouvé.

Le « chambreur »

Le documentaire de Stéphan Parent permet toutefois d’associer ces enlèvements d’enfants à d’autres, survenus dans les années 80 et 90. En effet, selon le réalisateur, les meurtres de Viens, Lubin et Métivier présentent des détails similaires à ceux de Denis Roux-Bergevin (5 ans) en 1985, Tammy Leaky (12 ans) en 1981, Pascal Poulin (10 ans) en 1989 et Marie-Ève Larivière (12 ans) en 1992.

Lors de la disparition des trois jeunes enfants en novembre 1984, l’enquête policière désigne un premier suspect, un chauffeur de taxi de la ville de Montréal qui présente des signes de troubles mentaux et qui connait des détails troublants autour de la disparition des enfants. L’homme est toutefois relâché.

Le suspect, surnommé le «chambreur» tout au long du documentaire est le fil conducteur qui relie toutes les affaires. En effet, il aurait toujours habité dans la région des enlèvements au moment des évènements et, fait surprenant, il s’est aussi avéré être le colocataire du chauffeur de taxi d’abord suspecté.

Le «chambreur» réside désormais dans la région de Trois-Rivières, et ce, depuis 2007, c’est-à-dire l’année de l’enlèvement de la petite Cédrika. La coïncidence est dérangeante.

Cet homme, au lourd passé criminel d’agressions sur des mineurs, a été reconnu coupable du meurtre d’un enfant alors qu’il était lui-même mineur. Il aurait par ailleurs été interné à l’institut Pinel, avant d’être relâché, une semaine avant l’enlèvement du petit Denis Roux-Bergevin.

Le «chambreur» réside désormais dans la région de Trois-Rivières, et ce, depuis 2007, c’est-à-dire l’année de l’enlèvement de la petite Cédrika. La coïncidence est dérangeante.

L’affaire Marc Perron

Tout récemment, un homme a comparu devant le palais de justice de Trois-Rivières pour une agression perpétrée à l’encontre d’une adolescente sur la rue Laviolette. Perron a suivi l’adolescente, l’a agrippée puis lui a asséné plusieurs coups de masse. Un voisin est finalement intervenu, ce qui a fait fuir l’agresseur.

Perron présente un lourd dossier judiciaire. En 2010, il écope de 20 mois de prison pour attouchements sur un mineur et en 1996, il purge également une peine de prison pour une affaire d’attouchements sur une mineure.

Marc Perron pourrait-il être le «chambreur»? C’est la question qui est actuellement sur toutes les lèvres. L’avocat des familles des victimes, Marc Bellemare, n’exclut pas que Perron soit lié à l’affaire Cédrika Provencher. En attendant les derniers développements de l’enquête, souhaitons seulement que la justice fasse son œuvre et que la population trifluvienne soit à l’abri, avec Perron derrière les barreaux.

2 COMMENTAIRES

  1. Pour répondre à votre question ça m’étonnerait qu’il soit le chambreur. Marc Perron habitait à Trois-Rivières durant les années 80. Ils était en couple et venait d’avoir son garçon. Je ne peux pas dire qu’il était sein d’esprit mais, ma mère fréquentait son père (Marcel Perron) et ils étaient à la maison sur la rue Partry presque tous les week-ends. J’ai aussi su après plusieurs années qu’il avait été reconnu coupable d attouchements sur sa sœur Nathalie vers la fin des années 80 début 90. Disons que de 80 à 86-87 il était pseudo calme.

  2. Je confirme: Marc Perron est bien celui qu’on surnomme Le Chambreur dans le documentaire Novembre 84. On dit dans le film que « Le Chambreur » a tué le jeune Marc Beaudoin en 1975 à Shawinigan, et bien j’ai consulté l’enquête du coroner réalisée à cette époque. Le nom de Perron n’avait pu être diffusé dans les médias en raison du fait qu’il était mineur (16 ans), mais c’est bien lui. À surveiller, je prépare une série d’articles sur cette affaire, question de rétablir quelques faits en me basant sur les enquêtes de coroner et autres documents légaux.
    http://www.historiquementlogique.com

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