
Le dimanche 22 mars dernier, une soixantaine de personnes ont bravé la tempête pour marcher dans les rues de Trois-Rivières. Neige épaisse, vent dans le visage, rien n’a retenu les manifestants et manifestantes qui répondaient à l’appel du Comité de Solidarité de Trois-Rivières. L’évènement avait également pour but de souligner la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Une marionnette géante comme symbole

Le rassemblement a débuté à 13:30 au stationnement Papineau du Cégep de Trois-Rivières. Dès les premières minutes, une marionnette géante a capté tous les regards avec sa tête en papier mâché qui reproduisait une terre colorée. De plus, ses vêtements étaient faits de tissus du monde entier. Une surprise préparée par le groupe Citoyens du monde et de chez nous, qui incarnait à elle seule le message de la journée.
« Les peuples autochtones subissent depuis des siècles les conséquences d’un système colonial qui n’a jamais pris fin. »
Avant de marcher, des militants et des militantes ont pris la parole pour nommer des réalités en lien avec le racisme. Un organisateur du CS3R a soutenu au cours de sa déclaration: « Les peuples autochtones subissent depuis des siècles les conséquences d’un système colonial qui n’a jamais pris fin. »
Une marche pour tous
La marche regroupait beaucoup de gens venus faire part de leur sentiment anti-raciste. Parmi eux, certains membres de la communauté étudiante sont venus donner leurs appuis. Rappelons que l’UQTR compte une très grande communauté internationale, avec plus de 3300 étudiants internationaux provenant de 80 pays. Magali, Une étudiante de deuxième cycle à l’université, a témoigné de l’importance de prendre position sur la question: « Je suis venue à cette marche pour signifier aux citoyens et citoyennes de Trois-Rivières que le racisme n’a pas sa place dans notre ville. La différence est une richesse, pas une menace, et la montée de l’intolérance me préoccupe profondément. Il faut agir et protéger nos consœurs et confrères. »
Bien que le bienvenue, aucun représentant politique n’était présent lors de l’événement, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral. Le seul groupe politique ayant fait acte de présence est la cellule trifluvienne du Parti communiste révolutionnaire.
L’évènement se veut sans affiliation directe pour éviter la partisanerie, comme l’explique le CS3R : « La marche contre le racisme est un événement inclusif, c’est-à-dire que tout ceux et celles qui souhaitent y participer sont invités.»
Des témoignages venus de loin
Une femme originaire du Cameroun, arrivée au Canada en 2017, étudiante en sciences infirmières et entrepreneure, a remercié le pays de l’avoir accueillie, tout en interpellant les deux paliers de gouvernement : « Dans nos rues, dans nos écoles, dans nos milieux de travail, il existe encore le racisme. »

Ensuite, une femme originaire des Philippines a raconté comment une Québécoise lui avait apporté beaucoup d’aide peu après son arrivée. La militante qui a vécu des passages de vie difficile explique que ces moments avaient été un déclic :« C’est peut-être parce qu’ils ne connaissent pas notre histoire ».
Malgré un début difficile qui inclut l’isolement, le refus de soins par faute de français, la discrimination vécue par ses enfants à l’école, elle a trouvé des gens qui l’ont accueillie sans condition. « Ce sont les personnes qui portent la lumière pour nous. »
Sous la neige, la marche a débuté vers 14h. La marionnette géante aux mains grandes ouvertes, un message que personne n’avait besoin de traduire, a suivi les participants tout au long de la marche.




