
Lors du Salon du livre de Trois-Rivières, Gabriel Nadeau-Dubois, auteur et ancien porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) lors de la grève étudiante de 2012, était l’invité d’honneur du dimanche 29 mars 2015. Animée par Claudia Larochelle, une rencontre entre Gabriel Nadeau-Dubois et Jacques Godbout intitulée «Passeurs d’idées» se déroulait à 14h dans l’Espace Radio-Canada. Une discussion engagée sur les enjeux actuels de la société.
Le jeune homme était présent à Trois-Rivières pour promouvoir son plus récent ouvrage, Libres d’apprendre, publié chez Écosociété. Ce livre se veut un recueil de plaidoyers pour la gratuité scolaire, regroupant plusieurs auteurs. Il fait suite au premier livre qu’il a écrit s’intitulant Tenir tête qui relatait l’histoire entourant son rôle de porte-parole durant la grève étudiante de 2012. Lors de la rencontre, il a beaucoup abordé la question écologique mondiale, ainsi que les problèmes sociaux de la société actuelle.
Jacques Godbout, quant à lui, est un écrivain, journaliste, cinéaste et l’un des fondateurs du Mouvement laïque de la langue française. Il était présent au Salon du livre notamment pour son livre publié en février 2014 s’intitulant Le tour du jardin. L’œuvre est en fait un entretien avec Mathieu Bock-Côté sur les livres, la politique, la culture, la religion, le Québec et la saisine. L’homme de 82 ans a également publié plusieurs ouvrages dont les classiques de la littérature québecoise Salut Galarneau! et Les têtes à Papineau.
«Ma courte mais intense présence dans les mouvements sociaux m’a appris une chose: Les changements sociaux sont longs à se produire et il faut avoir la patience de l’engagement. La patience de changer et accumuler les petites victoires.» – Gabriel Nadeau-Dubois.
Comme le titre de la rencontre le laissait présager, la discussion était beaucoup orientée vers les idées que se font ces hommes sur la société d’aujourd’hui, que ce soit par rapport à la grève étudiante québécoise de 2012 pour Gabriel Nadeau-Dubois, ou alors pour le Mouvement laïque dans le cas de Jacques Godbout. Les deux hommes ont aussi fait des comparaisons d’opinion. Un beau moment a eu lieu en début de rencontre quand l’animatrice Larochelle a demandé à Gabriel Nadeau-Dubois ce qui l’inspirait chez M. Godbout. «Dans son livre, les réponses de M. Godbout sont toutes en nuances, les questionnements sont laissés ouverts. Il laisse place à la réflexion et j’ai trouvé ça franchement remarquable, ça m’a charmé», disait-il au sujet de l’œuvre Le tour du jardin.
Ils ont également abordé la situation politique actuelle concernant l’austérité. «On a du pain sur la planche. On est dans une situation internationale écologique très difficile. Ici, on a un gouvernement qui a pris en grippe la science, le savoir, qui est prêt à nous enfermer si on fait une manifestation. Je pense qu’on a un problème sérieux», disait M. Godbout. Gabriel Nadeau-Dubois parlait d’un gouvernement qui tente une révolution en performant une thérapie choc sur la société québécoise. Il essaie de la changer radicalement. «Je rêve et je travaille en vue d’une société qui soit plus juste, plus égalitaire, qui respectueuse les limites que nous impose la nature», expliquait-il, sachant très bien, par contre, que les changements ne se font pas en un claquement de doigts. «Ma courte mais intense présence dans les mouvements sociaux m’a appris une chose: Les changements sociaux sont longs à se produire et il faut avoir la patience de l’engagement. La patience de changer et accumuler les petites victoires» disait-il, un peu comme un message d’espoir pour tous ceux qui militent pour le changement.




