Rives et Affluents: 117e édition de la Revue Sabord

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Couverture par Adad Hannah.

En mars 2021, la revue Sabord présentait son 117e numéro. En couverture, on a la chance d’admirer une relecture moderne de la toile Le radeau de la Méduse de Théodore Géricault par Adad Hannah. Hannah est un artiste new-yorkais né en 1971, qui se spécialise notamment dans la relecture des beaux-arts. À sa manière, il a réinterprété Rodin, Géricault et Boccace.

Le dernier numéro est intitulé Rives et affluents. Le Sabord, comme il sait si bien le faire, allie art visuel, poésie et littérature. L’équipe de rédaction explore une dimension appelée «La carte, l’histoire et le territoire». La thématique pour le numéro est spéciale, puisque c’est la première fois que le Sabord se penche sur une thématique double. C’est un numéro sur l’exploration, mais aussi sur le rapport intrinsèque entre les littoraux et les cours d’eau: «Car même si l’eau érode les berges, la terre entamée ne disparait jamais complètement. Elle migre et ressurgit ailleurs, nouvelles îles ou strates continentales.»

Océanides et l’écoute des baleines

Une multitude d’artistes se répondent de façon intéressante. L’œuvre «Océanides» de Catherine Bastien répond parfaitement aux époustouflantes photos nordiques de Maryse Goudreau. Cette dernière applique une pratique mélangeant la photographie, l’essai vidéographique et le croisement d’archives en réalisant un essai vidéo sur l’écosystème du béluga. Artiste, Goudreau est aussi une exploratrice hors norme, naviguant dans les climats les plus extrêmes pour nous présenter son œuvre. On peut observer ici des énormes rivages de glace sous le nom de «Celles et ceux qui écoutent les baleines».

Les photos sont couronnées par la prose de Bastien, racontée à la deuxième personne, sur l’expérience de l’écosystème maritime: «Arrivées à la pointe du monde, nous y avons trempé nos pieds meurtris. L’océan devenait lumière, bandages. L’air se faufilait par bulles entre nos orteils, adhérait à nos jambes, remontait vers nos cuisses. Le givre en armure sur notre poitrine, nous avons cru à la fin».

Terre-Neuve et Varech

Camille Turner. Crédit photo: Alexis Lambert

Une autre œuvre phénoménale est celle de l’artiste et activiste Camille Turner intitulée «Afronautic Research Lab Newfoundland». Sa pratique photographique s’articule autour des berges de Terre-Neuve et Labrador dans la perspective d’interroger l’histoire collective et la traite canadienne d’esclaves. On en parle comme d’une «Exploratrice de l’espace, des enjeux raciaux, et des concepts d’Appartenance et de chez soi». C’est la poétesse montréalaise Vicky Bernard qui lui répond, avec son premier poème publié intitulé «La traversée». Elle y explore les thématiques du corps et de la mer:

j’ai mis à sécher

ma peau trop vaste

dans la mer

sexe de varech

mes cicatrices brûlent

sous le sel

Concours de poésie

Nombre d’autres collaborations valent la peine d’être observées dans ce numéro que vous pouvez vous procurer en ligne, directement sur le site des éditions d’art Le Sabord.

Le Sabord est l’un des commanditaires de notre concours de poésie. Vous pouvez y participer jusqu’au 27 avril 2021; le premier prix comporte entre autres un mentorat de deux heures avec Ariane Gélinas, chargée de cours en création littéraire à l’UQTR et directrice littéraire de la revue Sabord.

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