Spectacle de Juste Robert au Zénob: Côtoyer l’automne

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Juste Robert et ses musiciens lors du lancement Des autoportraits, à Trois-Rivières. Photo: Alicia Lemieux
Juste Robert et ses musiciens lors du lancement Des autoportraits, à Trois-Rivières. Photo: Alicia Lemieux

La froide soirée d’automne du 15 octobre dernier a rassemblé quelques curieux au Café-bar Zénob pour le lancement du premier album de Jean-Robert Drouillard, alias Juste Robert. Les circonstances n’étaient malheureusement pas en sa faveur puisque le chanteur avait un vilain mal de gorge lui causant une extinction de voix. Malgré tout, l’auteur-compositeur-interprète s’est prêté au jeu en offrant, au mieux de ses capacités, ses nouvelles chansons.

Mauvaises conditions

La première partie a été assurée par Marika Sokoluk, accompagnée d’Anthony Richard, en remplacement de Claudya Beaulieu. La chanteuse et animatrice de radio de Québec a offert quelques classiques d’artistes comme Charles Aznavour, Patrick Normand et Robert Charlebois. L’ambiance était chaleureuse et conviviale dans le petit bar de la rue Bonaventure.

Des autoportraits aborde l’amour dans toute sa simplicité, mais articulé poétiquement autour d’images temporelles et saisonnières.

Juste Robert a ensuite repris le flambeau en partageant très sincèrement sa condition vocale au public. «On va essayer et si vous êtes plus capable, on arrêtera ça» lançait ironiquement le chanteur en raison de son extinction de voix. Comme les paroles de ses chansons sont symboliques, l’essence des compositions était légèrement dénaturée en raison du chuchotement des mots et aux variations vocales inégales. Somme toute, l’ambiance musicale proposée était, quant à elle, intéressante. La chimie entre les musiciens et leur soutien au chanteur étaient sympathiques. C’est au bout d’une dizaine de chansons que Juste Robert a finalement tiré sa révérence en remerciant son public. Malgré tout, les spectateurs semblaient tout de même avoir apprécié leur soirée.

Autoportrait d’une vie

Jean-Robert Drouillard, sculpteur de profession, a décidé de se tourner plus sérieusement vers la musique il y a deux ans. C’est dû à une rencontre avec Hugo Lebel, membre du groupe Les Goules, que le projet Des autoportraits a commencé à prendre forme dans la cuisine d’Étienne Guay à St-Jean-Port-Joli. L’artiste, très convivial, avoue la chance qu’il a eue de croiser d’aussi bons contacts sur son chemin. C’est dans la trentaine avancée qu’il apprend à jouer de la guitare et qu’il se découvre une passion pour l’écriture de chansons. Sur la rue St-Vallier Est à Québec, il se laisse inspirer par le train de Limoilou et par les premiers flocons de neige. Bien que très authentique par ses textes intimes, l’auteur semble se laisser porter légèrement par un personnage de son timbre de voix rauque et vacillante ainsi que son accent du bas de la péninsule gaspésienne.

Des autoportraits aborde l’amour dans toute sa simplicité, mais articulé poétiquement autour d’images temporelles et saisonnières. Des épisodes du quotidien qu’on peut voir à vol d’oiseau en passant par le fleuve, un parc à chien et un quartier de Québec.

En termes de sonorités, Juste Robert se dit faire partie d’un pack musical entre Avec pas d’casque et Beck. Les mélodies mélancoliques rappellent les froides soirées d’automne qui dévoilent, à leurs heures, la luminosité des feuilles flamboyantes ou la triste pluie des jours ombragés. La simplicité des arrangements musicaux entre guitare, basse, percussions et voix offre une vitrine de choix aux paroles évocatrices de l’auteur. Ce premier album n’est qu’un début pour cet artiste pluridisciplinaire qui dévoile une nouvelle facette de ses nombreux talents créatifs.

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