
La crise en Syrie a commencé en 2011 par des manifestations contre le gouvernement de Bachar Al-Assad. Ces manifestations se sont rapidement transformées en une guerre civile opposant divers groupes armés, en plus d’interventions étrangères et d’atrocités massives. Le 27 novembre dernier, une campagne militaire lancée par des miliciens combattants de l’Organisation de libération du Levant (Hayat Tahrir Al-Cham, acronyme HTC ou HTS), un groupe rebelle islamiste dirigé par Abu Mohammed Al-Jolani, replié de force depuis des années dans une province périphérique, a fait s’effondrer comme un château de cartes un régime longtemps considéré comme inamovible. Retour sur les évènements qui ont mené à cette situation.
Les origines du conflit syrien
Depuis les années 1970, la Syrie est dirigée par la famille Assad. Hafez Al-Assad, le père de Bachar Al-Assad, a pris le pouvoir par un coup d’État militaire. Il a instauré un régime autoritaire en s’appuyant sur une forte répression politique et une gouvernance centralisée. Sous son règne, la Syrie est devenue un État policier, où les libertés civiles ont été restreintes et où toutes formes d’opposition ont été sévèrement réprimées. Après la mort d’Hafez en 2000, son fils Bachar Al-Assad est devenu président.
Bien qu’il eût promis des réformes politiques, il n’a rien fait. En effet, le régime a continué de contrôler tous les aspects de la vie politique, sociale et économique du pays. L’absence de réformes démocratiques et la concentration du pouvoir entre les mains de la famille Assad ont exacerbé les frustrations populaires et ont contribué à créer un climat de révolte.
Le printemps arabe et les revendications populaires
En 2011, une vague de protestations, connue sous le nom du « printemps arabe », secoue le monde. Après les révoltes en Tunisie et en Égypte, les Syriens sont inspirés par l’espoir d’un changement démocratique. En mars 2011, des manifestations pacifiques éclatent dans la ville de Daraa, dans le sud du pays, après l’arrestation de jeunes ayant écrit des slogans contre le régime. La réponse du régime d’Assad a été extrêmement violente : il a fait usage de la force pour réprimer les manifestants qui demandaient des réformes politiques, soit la fin de la corruption et une plus grande liberté. Alors que les manifestations se sont étendues à d’autres régions, le régime syrien n’a fait aucune concession. Au contraire, la violence a augmenté. Cette répression violente a transformé un mouvement de protestation pacifique en un conflit armé.
Les dynamiques régionales et internationales

Crédits : Reuters / Sputnik
Le conflit en Syrie s’est rapidement internationalisé, avec l’intervention de puissances étrangères aux intérêts divergents. Le régime d’Assad a reçu le soutien militaire et financier de la Russie et de l’Iran, qui cherchaient à préserver leur influence dans la région. Ces pays ont fourni des armes, des conseils militaires et des troupes pour aider Assad à conserver le pouvoir. De leur côté, des pays comme les États-Unis, la Turquie, l’Arabie saoudite et d’autres États occidentaux ont appuyé différents groupes rebelles en leur fournissant des armes.
En même temps, des groupes extrémistes comme l’État islamique (EI) ont profité du chaos pour s’étendre en Syrie, créant un califat sur des territoires dans le pays et en Irak. Ce développement a encore complexifié le conflit, impliquant des puissances mondiales et des acteurs régionaux dans une guerre par procuration.
L’incertitude après le chaos
Après plus de 13 ans de conflit sanglant, avec des centaines de milliers de morts et des millions de personnes déplacées, l’avenir de la Syrie demeure incertain. La question de l’avenir du pays, soit celui d’après-guerre ou celui de la reconstruction après des années de destruction massive, est au cœur des préocupations.

Crédits : Getty Images / AFP / ABDULAZIZ KETAZ
Une grande partie de la population syrienne vit dans une extrême pauvreté. Les services de base sont toujours rares. Des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments sont également endémiques. De plus, les régions sous le contrôle des forces kurdes ou de groupes rebelles se trouvent dans une situation de fragilité constante, exacerbée par des tensions internes et des interventions étrangères.
La Russie maintient toujours une présence militaire importante en Syrie, tandis que l’Iran y conserve une présence par le biais de milices chiites et du soutien au Hezbollah libanais. Quant à la Turquie, elle cherche à accroître son influence dans le nord de la Syrie et à contrer celle des Kurdes. Bien que partiellement retirés, les États-Unis continuent de soutenir les forces kurdes dans le nord-est du pays. Cette mosaïque crée donc une dynamique complexe où des puissances locales, soutenues par des parrains étrangers ayant leurs propres priorités, peuvent entrer en conflit à tout moment.
Référence
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2125556/regime-syrie-bachar-al-assad




