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Théâtre des Nouveaux Compagnons: La dame aux camélias se livre au théâtre

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Théâtre des Nouveaux Compagnons: La dame aux camélias se livre au théâtre
Photo: Benoit Pruneau
Photo: Benoit Pruneau
La scénographie est une des grandes forces de la production. Photo: Benoit Pruneau

Le Théâtre des Nouveaux Compagnons (TNC) donne le coup d’envoi de la saison 2015-2016 avec un texte d’Alexandre Dumas fils. La troupe amateur s’est donné un monstrueux défi en s’attaquant à La dame aux camélias. La mise en scène d’Yves Deguire est présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières du 12 au 21 novembre 2015.

Le Paris des années 1850 est raconté dans le contexte de la prostitution et des maisons closes. La courtisane Marguerite est très en vogue auprès des hommes notables de la ville. Armand Duval, un jeune avocat, s’éprend de cette femme fatale. Sa candeur et son honnête sentiment amoureux le poussent à accepter la situation de sa bienaimée. C’est donc un long fleuve houleux où trempent les déchirements dramatiques entourant cette histoire d’amour impossible.

Julie Balleux incarne une Marguerite solide et crédible. L’évolution de son personnage est bien campée. Elle offre une prestation impressionnante et permet ainsi de soutenir la pièce qui est trop souvent dépeinte en longueur. Cette comédienne est toujours de la partie dans les distributions d’Yves Deguire. Julie Balleux a une présence scénique et une palette d’émotions toujours bien dosée. Le jeu de l’actrice est admirablement bien exécuté depuis la fille libertine à la femme malade et mourante, blessée par ses amours diminuées.

Photo: Benoit Pruneau
Julie Balleux brille aux côtés de Samuel Fortin dans un duo efficace. Photo: Benoit Pruneau

Samuel Fortin incarne joliment Armand Duval en le rendant à la fois timide et candide. C’est alors un duo efficace qui vogue entre le bonheur de l’amour et les difficultés extérieures qui mènent à leur perte.

Le jeu de Julie Balleux est admirablement bien exécuté depuis la fille libertine à la femme malade et mourante, blessée par ses amours diminuées.

La scénographie d’Isabelle Marchand est profitable au spectacle. Les différents paliers découpent l’espace de jeu de manière à suggérer les appartements des courtisanes. Les décors demeurent simples et l’épuration est payante. Pas de surcharge comme parfois dans le passé du TNC, ce qui apaise l’œil et évite de tomber dans le mélange saugrenu des esthétiques. Les espaces de jeu se succèdent au début de la représentation, ce qui est un élément fort appréciable. Yves Deguire ose légèrement en faisant commencer la pièce dans l’allée devant la première rangée de sièges.

Cette trouvaille de l’organisation scénique participe à une lecture profonde du spectacle.

L’action se déplace doucement du bas de la scène vers l’avant-scène où le rideau est encore baissé. Le rideau se lève et dévoile alors ce qui servira d’espace de jeu principal. Les différentes sections se révèlent une à une, ce qui donne l’impression d’être amené subtilement dans les différentes couches de cette vie de courtisane et dans les profondeurs des sentiments de Marguerite. La courtisane ouvre son cœur tranquillement et offre sa réalité sporadiquement. Cette trouvaille de l’organisation scénique participe à une lecture profonde du spectacle. Par contre, les transitions trop lentes contribuent au rythme déjà engourdi où les moments vides sont souvent comblés par des rires agaçants.

Une révélation de la soirée est la pianiste Ève Lisée. En plus de tenir un rôle, elle assure quelques fois la musique en direct. Le piano sur scène est majestueusement utilisé par cette pianiste de formation et de métier. La musique colle parfaitement avec l’ambiance désinvolte et dramatique du spectacle. Il aurait été encore plus salutaire pour le spectacle d’exploiter davantage le splendide doigté d’Ève Lisée.

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