Vernissage à la Galerie R3: La mémoire et le rêve en plein cœur de la forêt de Fontainebleau

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Les plans serrés permettent une immersion dans le mouvement du personnage et les plans larges une contemplation du paysage lunaire. Photo: M.-C. Perras
Les plans serrés permettent une immersion dans le mouvement du personnage et les plans larges une contemplation du paysage lunaire. Photo: M.-C. Perras

La galerie d’art du campus de l’UQTR accueille l’artiste Sylvie Bouchard. Deux ans après l’exposition de son travail Fontainebleau à Montréal, la Galerie R3 reprend les œuvres de la série en proposant une disposition différente à celle de la présentation antérieure. Le vernissage du 9 mars dernier fut précédé d’une conférence pour laquelle Sylvie Bouchard a expliqué la présente exposition et a fait un survol de sa prolifique carrière.

Cumulant plus de 30 ans de carrière, la peintre parle de sa démarche de création avec aisance et justesse. Diplômée de l’Université d’Ottawa dans les années 80, Sylvie Bouchard se consacre d’abord davantage à la pratique installative. Il est possible de retrouver des traces de cette expression dans l’actuel travail, notamment dans le sujet de certaines toiles. L’ensemble des œuvres est figuratif malgré la présence de quelques éléments cousins de l’abstraction géométrique des Plasticiens de Montréal.

Le traitement réaliste stylisé et l’utilisation d’un médium mat donnent un ton onirique à l’exposition.

Le traitement réaliste stylisé et l’utilisation d’un médium mat donnent un ton onirique à l’exposition. La distance entre les personnages peints et le spectateur se ressent aussi par les tonalités plutôt sombres et par les regards fuyants des protagonistes. Les paysages semblent représenter un monde futuriste et les ambiances suggèrent des décors de science-fiction, des lieux habités par une autre civilisation, ou ce qui peut en rester. Les cadrages cinématographiques appellent à la narration et au récit.

Telle une intertextualité, des citations à des mouvements formalistes se repèrent ici et là dans l’ensemble des œuvres. Photo: M.-C. Perras
Telle une intertextualité, des citations à des mouvements formalistes se repèrent ici et là dans l’ensemble des œuvres. Photo: M.-C. Perras

Les mystères attribués à la forêt de Fontainebleau ont grandement alimenté les coups de pinceau de Sylvie Bouchard. Ce lieu à la mémoire trouble se traduit dans les représentations de l’artiste. Les toiles de plus grand format sont divisées en deux parties superposées, affichant un personnage dans la portion inférieure et un environnement dans la case supérieure. Les plans serrés permettent une immersion dans l’émotivité du personnage et les plans larges une contemplation du paysage lunaire.

La suite de l’exposition est d’un autre registre, celui de la tridimensionnalité. Sylvie Bouchard affectionne la peinture et s’intéresse à la problématique du dispositif. Héritière de la pratique installative, elle a longtemps composé des œuvres in situ. Par le passé, elle a peint de larges panneaux de bois et les a disposés dans les galeries, ce qui reflète ce désir de faire dialoguer la bidimensionnalité et la tridimensionnalité.

Les cadrages cinématographiques appellent à la narration et au récit.

Dans cette exposition-ci, ce travail en trois dimensions est plutôt représenté à l’intérieur des tableaux. En peignant des sculptures ou des installations, Sylvie Bouchard confirme sa fidélité à ses racines. Sa connaissance de l’histoire de l’art se perçoit également dans la composition de ses toiles. Telle une intertextualité, des citations à des mouvements formalistes se repèrent ici et là dans l’ensemble des œuvres. Ce rapport à la mémoire et aux multiples empreintes du passé est d’une grande importance pour elle.

Sylvie Bouchard présente des œuvres gorgées d’une théâtralité qui s’exprime par des mises en scène de personnages et par les choix de mise en place de certains objets. Un doux mystère plane dans la galerie ainsi qu’une atmosphère de clame et de quiétude. La douceur des traits et les couleurs ternes offrent une lecture à mi-chemin entre la profondeur et le désœuvrement de l’humanité. Arènes sera à la Galerie R3 jusqu’au 1er avril prochain. Pour plus de détails sur le travail de l’artiste, certaines de ses œuvres se trouvent sur le site www.sylviebouchard.net.

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