Vernissage au Café Frida: Une profonde transparence pour illustrer l’universel

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Samuel Champoux expose ses œuvres lumineuses et abstraites au Café Frida. Photo: M.-C. Perras
Samuel Champoux expose ses œuvres lumineuses et abstraites au Café Frida. Photo: M.-C. Perras

C’est au Café Frida que l’autodidacte Samuel Champoux présente une exposition de son travail qui est le fruit d’une recherche et d’une technique inhabituelles. À cheval sur le vitrail et le dripping, le jeune artiste explore les possibilités de l’acrylique, du verre et de divers agents chimiques. À l’occasion du vernissage, qui s’est tenu le 3 décembre dernier, le jeune homme très accessible a accueilli les curieux avec une attention chaleureuse.

Avec une passion contagieuse, Samuel Champoux explique sa démarche à qui veut bien l’entendre. Les œuvres exposées proviennent d’une production antérieure de trois ans, qui avaient déjà été montrées à la galerie Alt art design de Montréal. Les œuvres abstraites sont densément colorées et profondément vibrantes. Cette qualité plastique est due à une technique élaborée par Champoux. Découverte un peu par hasard, cette manière de faire répond aux désirs d’innovation de l’artiste.

Le jeune homme originaire de Mont-Carmel en Mauricie n’avait pas envie de dessiner ce que plusieurs avaient déjà fait. Très habile dans les techniques de dessin et de représentation hyperréaliste, il a voulu s’exprimer avec un autre savoir-faire. L’aléatoire contrôlé de sa technique lui permet à la fois de se plonger dans les confins de l’Univers, à la fois dans la sélection hasardeuse de la vie, dans le cosmos et plus précisément sur Terre. Il est possible de voir dans les toiles des rappels de bancs de coraux, de nébuleuses, de paysages célestes et fluviaux.

Il est possible de voir dans les toiles des rappels de bancs de coraux, de nébuleuses, de paysages célestes et fluviaux.

Samuel Champoux ne touche jamais directement au canevas de verre sur lequel il laisse tomber la couleur. Ce qui laisse à la matière une occasion de se disperser selon certaines lois physiques. Cette manière se veut un rapprochement de la nature, de l’organicité. «J’essaie vraiment de faire manifester ce que j’appelle les mathématiques universelles, qu’est-ce qui fait que les galaxies, les vaisseaux sanguins, les rivières, les arbres, tout est pareil? C’est la même formule mathématique qui régit ça et j’essaie de recréer ça, de faire ressortir cette mathématique-là dans mes œuvres», explique-t-il.

Les formes organiques produites par l’aléatoire contrôlé sont révélées dans une profondeur opaque et transparente. Photo: M.-C. Perras
Les formes organiques produites par l’aléatoire contrôlé sont révélées dans une profondeur opaque et transparente. Photo: M.-C. Perras

Champoux exploite la transparence de l’acrylique par sa dissolution dans l’eau, nécessaire à la communication avec le matériau de verre sur lequel il travaille. Ce qui est visible au spectateur, c’est en fait l’envers de la création. L’exploration de la composition s’opère alors que Champoux laisse glisser son médium tout en gardant en tête que le résultat final sera inversé, imposant alors l’épaisseur de la vitre entre l’œil et la couleur. Il utilise aussi certains produits chimiques diluants ou saturés en minéraux, ce qui vient recristalliser le médium.

Les œuvres abstraites sont densément colorées et profondément vibrantes.

Bien que l’éclairage du lieu n’avantage pas les œuvres, la profondeur et le jeu entre l’opacité et la transparence se perçoivent quand même. Pour une observation optimale de la luminosité, il est préférable d’aller regarder les œuvres en plein jour. L’effet de profondeur et l’illusion tridimensionnelle sont possibles grâce à la patience de l’artiste. Ses gestes ritualisés s’échelonnent sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Couche par couche, il applique la couleur, laissant une journée de séchage entre chacune afin de modérer le translucide et donner à la lumière une place des plus importante.

Samuel Champoux prépare une toute nouvelle collection qui sera exposée au mois de février prochain à l’Embuscade. Toujours avec la même technique, les œuvres en création sont plus sombres, elles sont davantage dans les teintes de noir et de blanc plutôt que dans les couleurs vives. Le Café Frida suspend les œuvres de Champoux jusqu’au 31 décembre prochain.

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