Entre les deux pôles: Êtes-vous proche aidant sans le savoir?

0
1730
bandeau-COOPSCO-final_01
Kévin Gaudreault. Photo: Mathieu Plante
Kévin Gaudreault. Photo: Mathieu Plante

La possibilité de vivre une impression de soutien social satisfaisant aide à faire face à diverses épreuves de la vie. Parmi les personnes significatives pouvant favoriser le soutien social, les proches aidants apportent une contribution très importante à la société.

Selon l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ, 2015), plus d’une personne sur quatre (âgée d’au moins 15 ans) est proche aidante au Québec. Parmi celles-ci, il y aurait un plus grand nombre de femmes proches aidantes (29 %) que d’hommes proches aidants (21%). Cependant, malgré cette plus grande proportion chez les femmes, il n’existerait pas de différence significative entre les genres chez les proches aidants âgés de 65 ans et plus (ISQ, 2015).

Le rôle de proche aidant consiste à fournir de l’aide ou des soins à une ou plusieurs personnes ayant des difficultés fonctionnelles physiques et/ou psychologiques. Celles-ci peuvent être liées à des problèmes associés au vieillissement, des limitations mentales ou physiques, ainsi que des problématiques de santé se présentant depuis plusieurs mois. À partir de cette définition, il est nécessaire d’exclure les soins professionnels du rôle de proche aidant. Même si ceux-ci sont inclus et importants dans le réseau social d’un individu «bénéficiaire» de l’aide des proches, ils ne font pas partie de la définition propre du «proche aidant».

Le proche aidant peut donc être un conjoint(e) accompagnant son partenaire vivant une perte d’autonomie, un enfant aidant son parent âgé souffrant d’une maladie dégénérative, un ami accompagnant l’un de ses proches malades, un parent aidant son enfant malade dans le besoin, des frères et sœurs s’accompagnant face à des difficultés respectives, et bien plus.

Puisque les proches aidants font souvent partie de l’entourage d’une personne bénéficiaire, le soutien offert par un proche aidant n’implique pas nécessairement de revenu financier. De plus, puisque plusieurs occupations reliées au rôle de proche aidant peuvent sembler «naturelles», il peut arriver que certaines personnes soient proches aidantes sans réellement s’en apercevoir.

Généralement, les proches aidants s’occupent d’accompagner des personnes en perte d’autonomie; toutefois, elles leur offrent également un soutien émotif. Elles peuvent aussi prodiguer des soins variés et/ou rendre de nombreux services visant à soulager ou améliorer les conditions de vie de la personne touchée. Ces occupations peuvent donc impliquer des déplacements physiques (ex: se lever de son lit ou se rendre à la table), des travaux domestiques (ex: tondre la pelouse ou préparer les repas), des soins personnels (ex: se laver les cheveux ou changer ses vêtements), des traitements médicaux (ex: superviser une piqure ou une prise de médication) pouvant inclure l’organisation de soins (ex: rendez-vous à l’hôpital), des opérations bancaires (ex: gestion du budget financier), de l’aide au transport (ex: déplacements à l’aide de véhicules) et plusieurs autres types de situations.

Il est donc possible qu’un proche aidant puisse s’occuper d’une ou de plusieurs tâches. Cependant, il peut aussi arriver que la personne aidée reçoive de l’aide de la part de plusieurs proches aidants qui se partagent différentes occupations. En dehors des situations où il existe de la négligence ou de l’abus physique, psychologique et/ou financier de la part des proches de la personne en perte d’autonomie, une relation satisfaisante entre aidant et aidé implique nécessairement la présence de confiance et d’entraide. Cependant, même si les proches aidants font preuve d’entraide en accompagnant les personnes aidées et les autres proches aidants impliqués, il est également important de reconnaitre ses propres limites afin de ne pas s’épuiser.

Puisque plusieurs occupations reliées au rôle de proche aidant peuvent sembler «naturelles», il peut arriver que certaines personnes soient proches aidantes sans réellement s’en apercevoir.

Dans certains cas, puisque la condition de la personne malade peut être irréversible et demander beaucoup d’énergie chez la personne proche aidante à long terme (ex: modifier son horaire, réduire ses déplacements et activités sociales, etc.), il est intéressant de souligner l’existence d’organismes comme le Regroupement des aidants naturels ou le Regroupement des proches aidants à l’intérieur de vos régions respectives. Ces groupes servent à soutenir les proches aidants, à répondre aux questionnements, à fournir de la documentation et à offrir des formations et/ou du soutien aux personnes proches aidantes.

Il est aussi possible de consulter un(e) psychologue qui sera en mesure de vous accueillir et de vous accompagner au cours de votre expérience de vie. Ces différentes possibilités peuvent aider les proches aidants à demeurer disponibles pour les personnes aidées et diminuer leur niveau d’épuisement.

Même si le rôle de certains proches aidants est plus exigeant à différents degrés (ex: isolement, désorganisation, etc.), il possède également ses bons côtés et peut être valorisant. Par exemple, certains proches aidants diront que cela peut leur permettre de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie d’une personne, favoriser leur impression de se sentir utile et solidifier ou enrichir des relations. À noter que selon l’Institut de la Statistique du Québec, 70% des proches aidants considèrent avoir l’impression que leur relation avec la personne aidée s’est renforcée avec le temps (ISQ, 2015).

 

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here