Perceptions d’un lunatique: Commencer l’année à la mesure de notre été

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C’est la chemise ouverte et la productivité en lambeaux que je choisis de mettre un terme à ces longues vacances d’été en tachant d’encre virtuelle la première page de mes toutes premières lignes pour le Zone Campus. La cigale et les mélodies de l’envoutant Abraxas de Santana viennent m’éloigner de cette éminente rentrée que je semble me refuser d’accepter. Le café, lui, me rappelle l’arrière-gout de toutes ces sessions que j’ai déjà passées à rêvasser dans quelconque salle de classe du pavillon Ringuet.

Qu’est-ce que ça signifie un été off pour un étudiant? Pour ma part, tout commence avec les festivals, l’espèce de ferveur qu’ils transportent, comme si chacun d’entre eux cherchait à devenir le fier porte-étendard, l’héritage de tous les Woodstock de ce monde. Qu’il est agréable de regarder autour de soi et de voir chaque année de jeunes étudiants se promettre et se concocter leur propre Summer of Love. Cependant, il reste clair que toute bonne chose arrive à une fin, et que toute bonne fin constitue le commencement d’une autre histoire.

Dans cette optique, quoi de mieux que de commencer cette nouvelle année universitaire avec un bon gros show de la rentrée? Car il est ici question de dire un dernier au revoir au bon temps, pour réaliser qu’on ne fait que souhaiter la bienvenue à un autre temps, qui finalement, ne sera peut-être pas plus triste que son prédécesseur. Suivant cette semi-longue réflexion, j’ai donc été épris de l’envie de vous parler du spectacle de la rentrée 2015, vous, bonnes gens de l’UQTR.

Avant de me lancer dans les formalités, j’aimerais m’arrêter sur cette crotte sur le cœur que je crois partager avec quelques-uns d’entre vous, fidèles lecteurs que vous êtes. Je me lance donc: maintes fois, il me fut donné d’entendre quelques menus fretins se plaindre de la vie étudiante de l’UQTR, lancer des tirades fort stylisées telles que: «Université de marde» ou encore «Campus de B.S. où y ç’passe jamais rien». Autrement dit, j’ai entendu de véritables coquins se prononcer sans s’impliquer.

Il faut avouer que l’UQTR ne s’est jamais montré la plus participative en terme de soulèvement socio-universitaire, si on la compare aux universités montréalaises. Par contre, en ce qui a trait à la vie étudiante, il faut avouer que les comités organisateurs n’ont rien à envier aux autres universités québécoises, sauf peut-être le budget. Reste cependant qu’il est périlleux de comparer le budget évènementiel d’une association étudiante de moins de 15 000 étudiants à celui d’une université de presque 50 000 étudiants comme l’Université Laval, puisque ce même budget est formé en grande partie de cotisations.

Il semble qu’au final, nous ne nous en sortons pas si mal ici, à Trois-Rivières, lorsqu’on compare la programmation de notre spectacle de la rentrée à celui de la prestigieuse Université mentionnée précédemment. Évidemment, mon objectif n’est pas ici de descendre une institution par rapport à une autre, mais simplement de remettre les pendules à l’heure, pour ceux qui auraient tendance à arborer l’attitude de la pitié face à notre belle université moulée dans le béton à la grandeur (sans offense à l’architecte).

Ainsi, prêtons-nous au jeu et jetons un sournois coup d’œil à la programmation du spectacle de la rentrée de l’Université Laval.

Premièrement, force est de constater que leur comité organisateur n’a pas chômé. Effectivement, l’ULaval semble s’être gratifiée d’un petit festival juste pour elle, et pour les autres, puisque les spectacles semblent tous gratuits. Ils sont forts là-dessus Québec, les évènements gratuits, faut leur accorder. Minifestival n’est pas peu dire puisqu’il n’y a pas une, ni deux, mais bien six scènes où il sera possible d’apprécier plusieurs genres différents de musique presque exclusivement québécoise, du rock à l’électronique il y en a pour tous les gouts, de Raton Lover jusqu’à Marie-Pierre Arthur en passant par un DJ set de Karim Ouellet.

en ce qui a trait à la vie étudiante, il faut avouer que les comités organisateurs n’ont rien à envier aux autres universités québécoises, sauf peut-être le budget

Cependant, Karim, on le retrouvera également à notre spectacle de la rentrée de l’UQTR, merci d’ailleurs à Koriass, à qui on a offert la liberté de nous préparer un cocktail fort intéressant d’artistes qui nous permettra entre autres de revoir Misteur Valaire cette année. Je spéculerai en disant qu’ils s’occuperont des instrumentations durant tout ce beau melting pot d’artistes-là. À leurs côtés, ce sont les vétérans de Loco Locass, et Loud Lary Ajust, que vous aurez peut-être su apprécier sous le dôme l’hiver dernier. Ces derniers ont déjà eu des expériences avec Koriass par le passé et leur chanson O.N.O. a déjà été remixée par Misteur Valaire. J’ose donc croire que la fête battra autant son plein sur la scène que devant celle-ci. Finalement, c’est Galaxie qui viendra satisfaire les amateurs de fuzz, de percussions et de bon gros garage-rock électropsychédélique bien sale. La réputation du groupe n’est plus à refaire suite à leur performance en première partie des Rolling Stones sur les plaines d’Abraham.

Bien vitement, je conclurai donc cette première chronique en souhaitant vous avoir momentanément convaincu que l’UQTR sait parfois bien faire les choses et que cette session d’automne 2015 commence en beauté avec un spectacle francophone d’une qualité évidente, se tenant fièrement debout auprès de nos universités cousines.

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