Lettre ouverte: Engagez-vous qu’ils disaient

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Crédit photo: Pixabay

Texte de Jason Rivest

La célèbre formule est connue de tous les amateurs des bandes dessinées du célèbre petit gaulois et de son grand ami qui trimbale son menhir. Des Romains affalés après avoir subi une autre défaite aux mains des irréductibles, se plaignant qu’on leur avait dit de s’engager dans l’armée romaine et que ça en vaudrait la peine. Cette seule phrase «Engagez-vous qu’ils disaient», démontre tout le cynisme de ces Romains qui réalisent que ce qu’on leur a vendu ne se concrétise pas. Cependant, j’utiliserai cette même formule cette fois en direction des étudiants pour les inciter à s’engager. Non dans l’armée, mais plutôt dans les lieux décisionnels de notre société.

Dans un article récent de La Presse, on apprend que l’écart se creuse entre le nombre de diplômés universitaires de sexe masculin et féminin. Ici, 12 points de pourcentage de plus à l’avantage des femmes. Seulement, on peut encore voir que les femmes sont sous-représentées dans les lieux décisionnels, comme les parlements ou encore les conseils d’administration. Il n’y a pas de raison, mesdames, que vous ne puissiez pas avoir la place qui vous revient autour de la table. De plus, on n’a jamais eu autant de jeunes talentueux, diplômés et capables d’avoir une influence positive dans leur communauté.

«Les statistiques sont [pourtant] claires. De l’élection de 2017, seuls 8,3 % des candidatures de 18-34 ans ont été élues dans un conseil municipal. Scrutin après scrutin, cette même proportion est maintenue. 8,4 % en 2005, 9,0 % en 2009, 8,2 % en 2013. Avec une moyenne de 53,9 ans, l’âge des élues et élus démontre bien l’importance de travailler sur une relève municipale. C’est une question démocratique et une question de travail intergénérationnel. Un conseil municipal diversifié en âge est garant d’un meilleur travail au bénéfice des citoyennes et des citoyens», a conclu madame Roldan [membre de la Commission des jeunes élues et élus et conseillère de Candiac].

J’en appelle donc aux étudiants de l’UQTR, et des autres institutions d’enseignement du Québec, de se mobiliser non seulement pour faire voter les jeunes, mais également pour qu’ils puissent eux-mêmes candidater à un poste. C’est souvent le sentiment d’incompétence qui refrène les jeunes à s’impliquer, alors je vous rassure, les municipalités et les villes prodiguent des cours et des formations à leurs élus afin de les préparer et de les rendre aptes à bien performer dans leur rôle. Votre méconnaissance du système municipale ne devrait pas vous freiner. Certains vont indiquer qu’ils n’ont pas le temps entre les études et leur travail à temps partiel. On pourrait répondre à cela que les élus municipaux reçoivent une compensation financière pour leur travail. Saviez-vous que dans certaines municipalités un conseiller peut recevoir près de 15 000$ ? Et même plus dans des villes plus étendues?

La démocratie, c’est avant tout d’être capable de se mettre en relation et en communication avec l’autre, afin d’écouter et de comprendre ses besoins. D’ailleurs, vous avez probablement des expériences, en tant que jeune, qui pourraient éclairer vos collègues sur un conseil municipal face à une réalité de jeune. On ne vous demande pas de savoir toutes les opinions de tout le monde, mais de vous forger une opinion éclairée et de vous laisser influencer afin de prendre les meilleures décisions.

Ainsi, mesdames et messieurs, n’ayez pas peur de vous présenter en politique, d’être la personne qui peut faire la différence, qui peut accumuler une expérience pertinente et intéressante! Et si vous ne désirez pas vous lancer pour le 7 novembre 2021, alors vous pouvez y réfléchir pour le scrutin suivant. Ou encore, utiliser vos compétences que vous avez acquises à l’université pour vous impliquer dans des organismes à but non lucratif (OBNL) ou des coopératives de votre communauté qui cherchent souvent des bénévoles ou des administrateurs pour leur conseil d’administration (C.A.).

Ayant siégé moi-même sur plusieurs C.A., je peux vous garantir que ça en vaut la peine. En tant qu’étudiant, il est rare que nous puissions nous mettre de l’autre côté du miroir, être au cœur des décisions stratégiques, avoir un poids dans la balance. Nous sommes souvent des exécutants de la stratégie de nos patrons. Cependant, c’est là qu’être impliqué sur un ou des conseils ou comités peut faire toute la différence en nous faisant voir l’envers du miroir. Sans compter qu’il s’agit d’une très belle expérience à mettre sur son CV.

Les CA manquent parfois cruellement de jeunes, et particulièrement de femmes, alors, il ne faut pas avoir peur et se lancer. Les personnes qui siègent sur ces instances comprendront que vous êtes à votre première expérience, et ils vous formeront, ils vous accompagneront jusqu’à ce que vous puissiez vous-même être un acteur pertinent qui pourra accompagner de nouvelles personnes.

Trouvez-vous une cause qui vous tient à cœur, et parlez à l’organisme pour savoir s’il y aurait un siège sur son C.A. de libre et engagez-vous. Vous élargirez vos horizons, vous prendrez confiance, vous vous démarquerez, et vous ferez une différence. Je suis heureux de regarder un bon film devant Netflix, tout comme vous, mais j’adore aussi les quelques heures que je peux passer avec mes collègues administrateurs pour m’assurer que la maison des jeunes de mon village puisse perdurer dans le temps avec mon implication bénévole. Et dites-vous que peu importe votre domaine d’étude, vous apporterez toujours un angle différent des autres et c’est cela qui fera toute votre pertinence dans les discussions autour de la table.

Ainsi, que ce soit en politique municipale ou encore sur des conseils d’administration, je n’aurai qu’une chose à vous dire : Engagez-vous. Il n’y a aucune bonne raison de ne pas le faire.

Jason Rivest B.A.A., B.A.

Étudiant au MBA à l’UQTR

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