En pleine face : Les mangeux d’beignes

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Les installations de Tim Hortons situées dans le pavillon Albert-Tessier. Photo : D. Janvier

Finalement! Les étudiants retrouvent cette semaine leur cafétéria fraîchement rénovée.  Après plus de deux mois à avoir été servis dans les locaux mal éclairés du Bistro urbain, nous aurons droit à une belle surprise en découvrant les nouveaux comptoirs de services que nous offre Sodexo. Et ce n’est pas tout! On nous offre même les services d’une franchise de Tim Horton’s! Le rêve quoi.

Il est très clair que la venue d’un comptoir Tim Horton’s sur le campus va réjouir plusieurs étudiants qui pourront profiter des prix avantageux du géant pancanadien de la viennoiserie et du café filtre. Le service risque d’y être efficace et courtois. Par contre, d’autres ont peur que la venue d’une telle chaîne de restauration rapide dans les murs de l’UQTR fasse compétition directe avec la seule alternative à Sodexo, la Chasse-Galerie.

Le café-bistro des étudiants de l’UQTR offre déjà des produits similaires et même supérieurs à ceux de la grande chaîne à un prix raisonnable, en plus d’adopter une approche équitable. Par contre, le Tim Horton’s, lui, profite d’un emplacement rêvé dans le hall de l’université, le rendant accessible à tous, surtout lors des heures de pointe alors que le bistro est relégué au pavillon Nérée-Beauchemin. Concurrence déloyale?

Contrairement à l’entente précédente avec Starbucks, la franchise est une propriété de Sodexo, ce qui signifie que le comptoir risque de rester pour plusieurs années et s’attirer une clientèle de fidèles. C’est désolant de voir comment l’administration de l’UQTR laisse entrer une grande chaîne de restauration comme celle-là alors que les étudiants s’offrent déjà de très bons services à la Chasse-galerie. De plus, une installation comme celle-ci peut laisser la porte ouverte à d’autres chaines de restauration rapide qui voudraient courtiser le sous-traitant de la cafétéria.

C’est malheureux de voir Sodexo faire affaire avec un monstre national tel que ces vendeurs de beignes. Le coup risque d’être dur pour la Chasse-Galerie puisque l’opinion générale des étudiants est favorable à la venue du café-glacé ou des muffins à forte proportion de gras à l’université. L’AGE UQTR devra maintenant se battre contre un service familier ainsi qu’express. Peut-être faudrait-il ouvrir un comptoir-satellite de la Chasse-Galerie dans le comptoir de service du pavillon Albert-Tessier?

De la grosse gastronomie

Le plus navrant n’est pas nécessairement la venue du Tim Horton’s au sein de notre établissement. Effectivement, il s’agit tout simplement d’une autre preuve d’affection de l’UQTR envers ses clients. C’est quand même mieux que Sodexo qui traite les étudiants comme du bétail.

Et le pire dans tout ça, c’est que les étudiant obéissent et en redemandent. Ils acceptent de se faire servir de la nourriture froide, drabe et sans goût. Le tout est réchauffé, fait à partir d’aliments congelés et de bases alimentaires, avec un goût prononcé de sel.

Mais les étudiants s’en balancent. Ils ne se plaignent pas des rénovations et tolèrent d’être tassés dans un local mal éclairé avec une offre alimentaire restreinte en pleine session. Ces rénovations auraient pu avoir lieu pendant l’été, mais non! On ne peut sacrifier la cafétéria pour les quelques centaines d’étudiants inscrits à l’École Internationale de Français, fleuron de l’UQTR. On a effectivement défendu les rénovations tardives de la cafétéria en affirmant que de tels travaux auraient pu mettre l’association entre l’UQTR et l’ÉIF en péril. Par contre, les étudiants, eux, sont là de toute façon. Ce qui est choquant là dedans, c’est qu’on a donc privilégié les quelques centaines d’étudiants de l’ÉIF plutôt que les milliers de l’UQTR.

Le service à la cafétéria a été lourdement touché pendant la rénovation. D’abord à cause d’un manque d’espace pour offrir les services santé, tel que le bar à salade, mais aussi à cause d’un manque d’équipements, ce qui nous empêche de déjeuner à la cafétéria. N’oublions pas également le volet «environnement» qui a pris le bord pendant ces deux mois alors qu’on nous a servi dans des assiettes de carton et avec des ustensiles de plastique. Campus vert? Je ne crois pas.

Les étudiants sont pris au piège par Sodexo qui démontre qu’ils n’ont rien à faire d’eux. Ils sont là pour faire des repas d’entrée de gamme et offrir un service froid et impersonnel. Mais ils n’ont pas à changer d’approche puisque les étudiants ne s’en plaignent pas. Ils n’ont pas pris de mesure, comme un boycott de certains produits ou de certains jours en particulier, pour faire connaître leur mécontentement à la multinationale.

On peut aussi blâmer l’AGE UQTR pour son inaction dans le dossier de la cafétéria. Voilà déjà cinq ans qu’ils ont ce projet de reprendre la cafétéria. Pourtant, rien de concret n’a été réalisé afin d’en prendre le contrôle. Mais on s’en fout, puisque les étudiants vont quand même faire la file jour après jour pour recevoir leur bouffe grise. Ils sont probablement contents de la réouverture de la cafétéria et de l’inauguration du Tim. Ils vont également oublier les inconvénient et payer sans broncher, signe de leur soumission au système, confirmant l’opinion que la haute direction à d’eux. Comme disait le poète chevelu : «Vous êtes pas tannés de payer bande de caves?»

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