Entre les deux pôles: Comportements humains – motivations et buts

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La motivation est continuellement présente en toile de fond derrière chaque comportement chez l’être humain. Que vous décidiez tel choix de nourriture, que vous fréquentiez tel type de personne ou que vous occupiez tel genre d’emploi, il est possible de dire que ce sont toutes des situations où la personne a eu à faire des choix guidés par des motivations plus ou moins connues.

Les valeurs et les croyances peuvent influencer de façon considérable les motivations. Par exemple, si vous croyez qu’il est important de transmettre la valeur de l’entraide, vous serez d’abord motivé de façon naturelle et spontanée à vous comporter en encourageant cela dans votre entourage.

En parlant de motivation, le sujet du but est un incontournable. Qu’il soit connu ou moins bien connu de la personne et des autres, ce dernier peut occuper une place déterminante dans la motivation. À partir d’une courte association, il est possible de proposer que la motivation provoque un choix ou un comportement, et que celui-ci s’enchaine vers un but particulier. Ce but peut avoir des couleurs différentes, selon le type de motivation concernée: s’enrichir, développer des talents, créer des liens, grandir intérieurement, gagner une compétition, être engagé pour un poste, combler un besoin, etc.

Le but relié à la motivation peut être facilement reconnaissable aux yeux des gens, ou plus difficile à repérer. Si nous prenons le cas d’une personne en aidant une autre à s’améliorer dans ses apprentissages à la musique, et que celle-ci le fait sans attendre quelque chose en retour, nous pouvons avancer que celle-ci le fait possiblement par altruisme. Il y a motivation pour aller vers un but qui pourrait être par exemple de partager des connaissances, d’accompagner un autre individu ou de s’amuser tout simplement. Il ne serait pas nécessairement toujours question d’une situation «donnant-donnant», mais plutôt d’une expérience partagée.

Les valeurs et les croyances peuvent influencer de façon considérable les motivations.

Toujours dans un but ayant une motivation moins facilement observable à l’œil extérieur, prenons un autre cas inverse d’une personne parlant souvent des erreurs de ses collègues à leur insu, à son employeur. Il est possible que cette motivation soit davantage dirigée personnellement dans le but d’obtenir quelque chose à long terme : bonus financier, augmentation de disponibilités, vengeance ou opportunisme, et différents avantages indirects en sont des possibilités.

Dans une autre voie, il y a des situations où il est possible de reconnaitre le but face à la motivation et où il y a entente mutuelle. Dépanner quelqu’un afin qu’il nous aide autrement par la suite, payer quelqu’un pour recevoir un service ponctuel en retour, demander conseil afin d’être mieux éclairé sur une problématique en sont des exemples. Ce but peut alors être accompagné d’une motivation à vouloir combler un besoin personnel, ou partagé, en pouvant profiter à différents partis.

Deci et Ryan (2002) sont des chercheurs qui se sont penchés sur le sujet de la motivation. Nous en aborderons ici deux types qui sont la motivation guidée par une force intérieure, et une deuxième dirigée par des forces extérieures. Commençons par la motivation dirigée par des forces externes. Dans ce cas, la source de satisfaction n’est pas l’activité comme telle, mais plutôt ce qu’elle peut apporter. C’est le cas de toutes activités pouvant rapporter de l’argent. Une personne peut s’occuper à faire quelque chose en n’y trouvant peu ou aucun plaisir, mais en recevant différents avantages indirects par la suite. Toutefois, l’inverse est aussi possible dans le sens où quelqu’un peut quand même faire une activité en recevant un salaire, tout en étant guidé par une motivation intérieure.

La motivation inspirée par une énergie intérieure est généralement vécue par plaisir. Par ailleurs, elle n’est pas principalement influencée par des sources externes, mais plutôt par l’intérêt de la personne concernant l’activité ou l’expérience en question. Différents exemples sont ceux de personnes aimant aller pratiquer des activités sportives ou artistiques par divertissement. C’est aussi le cas d’une personne voulant se diriger vers une profession où elle se sent surtout motivée profondément (passion, excitation, plaisir), plutôt que dirigée par des conditions, pressions externes ou gains secondaires (ex: matériel, salaire, avantages sociaux). La motivation intérieure peut se sentir chez une personne motivée et peut aussi être contagieuse. Ce n’est pas rare qu’il soit possible d’entendre quelqu’un dire qu’il trouve qu’une personne semble passionnée par ce qu’elle fait dans la vie.

Toutefois, notons en terminant qu’il peut y avoir des limites à renforcer une activité inspirée par motivation intérieure. Par exemple, il y existe l’effet de sur justification (Lepper, Greene & Nisbett, 1973). Cela signifie qu’en payant quelqu’un de façon extérieure qui fait quelque chose de plaisant, il est possible d’en arriver à diminuer son intérêt et sa motivation intérieure associée à celle-ci. Donc, il est intéressant de retenir qu’il est nécessaire d’être attentif à ne pas faire de généralisations exagérées à propos des effets bénéfiques de ce type de motivation. L’abus peut aussi avoir des effets indésirables.

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