Entre les deux pôles: L’inceste: un sujet «fui comme la peste»

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L’inceste psychologique entre parents et enfants consiste à alimenter un lien teinté par des motivations sexuelles plus ou moins apparentes (ou de séduction), de la part du parent envers son enfant.

Dans le développement, les encouragements des parents par rapport aux initiatives de l’enfant à aller vers de nouvelles relations à l’extérieur de la famille sont bénéfiques. Ceci est aidant durant l’enfance afin de permettre à l’enfant de s’individualiser et de faire sa place en tant qu’individu dans la société. C’est tout particulièrement significatif à partir de l’âge scolaire menant au début de l’adolescence, car c’est à ce moment que la plupart des êtres humains se préparent pour leurs premières expériences de séduction.

À ce moment, il appartient au parent de sexe opposé à leur enfant (ex: père/fille, mère/fils) de poser des limites claires dans les rapprochements et les sphères de la vie intime, en tant que parent et enfant. Un premier geste concret et symbolique pour le développement psychosexuel d’un enfant est de dire à ce dernier que même si le parent lui veut son bien, il fondera une famille à son tour lorsqu’il sera adulte avec un(e) conjoint(e). Dans les cas de l’inceste, ce sujet peut ne pas être abordé ou le parent peut ne pas encourager cela directement, et ainsi alimenter des confusions chez l’enfant. Dans ce cas, l’enfant peut demeurer avec des limites moins bien délimitées par rapport à la nature de la relation avec son parent de sexe opposé.

Concrètement, un parent faisant de l’inceste psychologique avec son enfant ne permettra pas à ce dernier ou cette dernière de vivre une intimité qui lui est propre. Il arrive également qu’il lui fasse porter ses problèmes intimes d’adulte et qui ne lui appartiennent pas. Par exemple, la fille d’un père incestueux peut recevoir continuellement des commentaires dénigrants concernant la mère et devenir la représentante de cette femme absente qui pourra la remplacer symboliquement et combler ses manques affectifs en tant que confidente. Par ailleurs, le fils d’une mère incestueuse peut devenir le «prolongement» de cette dernière qui ne tolère pas de séparation avec lui.

L’inceste psychologique peut impliquer des regards de séduction du parent envers son enfant, des paroles directes ou indirectes teintées de sexualité et/ou d’attirance, des gestes démontrant que le parent souhaite garder l’enfant à ses côtés (jalousie avouée ou non-avouée) et ne pas lui permettre de développer sa vie intime avec un(e) conjoint(e), ainsi que des comportements empêchant l’installation de limites entre les générations. Dans un développement favorable, il y a des choses réservées aux adultes et d’autres aux enfants. Dans le cas de l’inceste psychologique, il y a peu de reconnaissance de ces distinctions.

Par exemple, une fille peut surprendre son père en train de l’écouter au téléphone durant une discussion avec son copain. Un parent de sexe opposé peut embrasser son enfant sur la bouche et/ou coucher dans le même lit jusqu’à l’adolescence, ou continuer de demander une proximité physique avec son enfant devenu adulte. Il peut entrer dans la salle de bain lorsque l’enfant se lave, ou ne pas lui permettre d’avoir une porte à sa chambre. La nudité ou les sous-vêtements des parents dans la maison devant les enfants, ainsi que les discussions ou relations sexuelles entre parents devant les enfants, sont également des sources d’inceste psychologique.

Concrètement, un parent faisant de l’inceste psychologique avec son enfant ne permettra pas à ce dernier ou cette dernière de vivre une intimité qui lui est propre.

Une fille se faisant dire par son père lors d’un conflit qu’elle est «comme sa mère», ou se faisant déclarer que «si elle n’était pas sa fille, il serait sous le charme», sont des paroles qui représentent une intrusion dans la dynamique relationnelle et intime. Un parent peut aussi donner un surnom à son enfant lors de son enfance et toujours le nommer de cette façon lorsqu’il vieillit. L’infantilisation peut alors également faire partie de l’inceste psychologique en tentant de bloquer les initiatives personnelles de l’enfant, et l’empêcher d’accéder à la maturité d’adulte. Elle n’est pas synonyme d’inceste psychologique, mais les deux problématiques peuvent s’accompagner.

Les relations psychologiquement incestueuses ont des effets sur le développement. Au fil du temps, cela peut provoquer des difficultés d’épanouissement à l’âge adulte, en raison de ce blocage alimenté depuis les premières années de vie. L’un des éléments alimentant cette problématique est la difficulté pour les personnes incestueuses de reconnaître leurs actes malsains envers les enfants.

Par ailleurs, lorsqu’un enfant parle de cette problématique à la personne incestueuse, la conséquence peut être de faire porter le blâme à l’enfant en lui disant qu’il se fait de fausses idées. Il est donc fréquent qu’il y ait non-reconnaissance de l’inceste psychologique chez l’adulte, et qu’il ou elle tente de faire porter une culpabilité à son enfant vis-à-vis ses propres comportements et attitudes malsains.

Les relations entre grands-parents et petits-enfants peuvent devenir la répétition de l’inceste ayant été vécue entre un parent et un enfant. Une épreuve importante pour la personne subissant ou ayant subi l’inceste est de comprendre son expérience et de prendre des décisions importantes quant à son futur comme individu désirant cesser l’inceste et évoluer comme personne.

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