La p’tite vite: La fidélité revisitée

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Ah la fidélité! Ai-je besoin de la présenter? Et pourtant, elle est confondue, malmenée et déformée par des siècles de manipulation morale. Frères et sœurs, libérez-vous de vos chaînes!

Attention, je n’incite personne à l’infidélité, mon propos est tout autre. De peur de me voir dormir sur un sofa des plus inconfortables, je vous explique le fond de ma pensée. En ce début du 21e siècle, il est impératif que nous démêlions ensemble la réalité du folklore. Laissons donc de côté les ceintures fléchées et autres babioles et centrons-nous sur l’essence même de ce concept omniprésent dans nos vies: la fidélité. Celle-ci est souvent reliée, à tort, à la stricte réalité de l’exclusivité sexuelle. Toutefois, qu’en est-il réellement ?

Les traces de l’histoire

Les premières traces écrites concernant des lois sur l’adultère apparaissent sur une stèle de pierre datant «environ de 1750 ans avant J.-C» soit de la Mésopotamie antique. Elle aurait été érigée par le roi de Babylone, Hammourabi (site internet du Louvre). Il s’agit donc de la première trace tangible de la notion de fidélité. Plus tard, le célèbre décalogue ou pour faire court, les dix commandements, dont parle l’Ancien Testament, en font mention à deux reprises: «Tu ne commettras pas l’adultère» et «Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme […] ni aucune chose qui appartienne à ton prochain». Tenez-vous le pour dit, fini les gazouillis entre voisins! Par ailleurs, si je peux être un tantinet taquin, il est dit que la femme appartient à l’homme. Il n’y pas si longtemps, ici même au Québec, les femmes devaient obéissance à leur époux, et ce sans broncher. Heureusement, les temps ont changé, mais les valeurs…pas tant que ça.

Je veux bien être ouvert d’esprit en stipulant «d’autres temps, d’autres mœurs», mais il apparait clair que près de quatre millénaires de morale ont fort probablement à voir avec le fait que la conception d’une fidélité sexuelle incontournable soit encore bien ancrée dans les valeurs populaires.

Une question de possession

Toi, cher (chère) partenaire de vie, ton corps et ton âme m’appartiennent à tout jamais (ou jusqu’à ce que tu me tombes sur les nerfs)! Dépeinte ainsi, la fidélité peut faire peur. En effet, certains vont la fuir comme la peste tout en ayant l’impression d’avoir affaire à un monstre dévoreur de liberté. Et pourtant, il n’en est rien! La fidélité n’a en fait rien à voir avec la possession ou même l’exclusivité sexuelle. Chacun possède son propre corps et doit être maître de ses actions et de ses décisions.

La fidélité est en quelque sorte synonyme de respect: celui d’un cadre, celui du partenaire, mais également le respect de soi en ce qui a trait à ses propres besoin, désir et pulsion. Il semble donc évident que la possession de l’autre, ainsi que la restriction de ses droits fondamentaux, sont contreproductives à l’engagement et à l’évolution du sentiment amoureux.

Toi, cher (chère) partenaire de vie, ton corps et ton âme m’appartiennent à tout jamais (ou jusqu’à ce que tu me tombes sur les nerfs)!

Engagement, amour et tralala.

Il faut se le dire, la promesse de fidélité mutuelle engage à une relation qui se veut durable. Elle est implicite au désir de pérennité du couple. Elle est également symbole d’amour, de respect et d’un profond lien de confiance entre deux ou davantage de personnes. Oui oui, vous avez bien lu plusieurs «personnes». Les polygames, polyandres et polymachinchouette de ce monde ont eux aussi leur propre interprétation de la fidélité.

En fait, la fidélité est un concept qui se rattache au respect mutuel de règles établies entre les membres d’une union, d’un contrat ou d’une idéologie. Parfois, les paramètres d’une union sont clairs et précis, mais parfois, ils sont vagues, remplis de non-dits et de supposées évidences. Il va sans dire que la communication est essentielle dans chaque union, et ce, peu importe sa nature. Les désirs et besoins de chacun devant y être considérés. Lorsque l’un ou l’autre des protagonistes ne sont pas satisfaits du cadre qui régit leur union, c’est à ce moment que les désirs d’infidélité naissent, et souvent, se concrétisent.

La fidélité est possible, et pour la vie…

Dans son livre, L’infidélité, le psychologue Yvon Dallaire mentionne que l’humain se situe entre les primates très polygames, tels les chimpanzés, et les très monogames, tels les gibbons. Par ailleurs, il stipule que la grande variabilité des statistiques sur l’infidélité humaine est imputable au «secret qui entoure cette activité». Disons uniquement qu’il y aurait en moyenne environ 40% des gens mariés depuis au moins cinq ans qui auraient été infidèles. «Chérie, notre anniversaire de mariage, c’est quand déjà?»

L’important c’est…

La fidélité est capitale dans un couple et elle doit absolument être conservée sous peine de voir le couple déstabilisé, voire brisé. Toutefois, il en est autrement de l’exclusivité sexuelle qui, pour sa part, n’est qu’un concept culturel, social, historique, géographique et religieux. La fidélité est possible, et pour la vie, pourvu que les principes établis soient les mêmes pour les différents partenaires et qu’ils évoluent ou fluctuent, dans le même sens. La communication devient alors la meilleure alliée du couple durable. Chérie, tu me passes le sel?

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