«Entre les deux pôles»: Trouble panique, agoraphobie et exposition graduelle

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Kévin Gaudreault. Photo: Mathieu Plante
Kévin Gaudreault. Photo: Mathieu Plante

L’attaque de panique (ou crise d’angoisse) isolée peut se produire au cours de la vie d’un individu. Même si elle peut se manifester chez 8 à 15% des personnes, celles qui en vivent ne développeront pas nécessairement un trouble anxieux comme le trouble panique.

Il existe différents symptômes possibles lors d’une attaque de panique, et ceux-ci sont variables d’une personne à l’autre: palpitations, accélération du rythme cardiaque, transpiration, souffle coupé ou impression d’étouffement, sensation d’étranglement, douleur thoracique, gêne abdominale, nausées, frissons et chaleurs en sont plusieurs exemples. De plus, certains symptômes ressemblant à ceux de la crise cardiaque alimentent fréquemment les idées d’une «peur de mourir» chez les personnes touchées.

Cependant, l’attaque de panique et le trouble panique sont deux problématiques distinctes et ayant des répercussions différentes. Le trouble panique est caractérisé par une peur des sensations physiques causée par plusieurs attaques de panique répétées inattendues, et par l’anticipation de conséquences associées aux sensations lors d’une possible attaque future. Cette crainte est alors liée à une interprétation erronée et une certitude de catastrophe imminente. Dans le trouble panique, les attaques de panique peuvent donc se produire n’importe quand, même de manière spontanée ou lors d’un moment de relaxation.

Le DSM-5 mentionne que 50% des gens touchés ne s’attendent pas aux attaques lorsqu’elles surviennent. Selon Statistique Canada (2015), environ 3,7% des personnes de 15 ans et plus au Canada souffriront du trouble panique au cours de leur vie. Les femmes sont plus souvent touchées (ratio d’environ deux pour un). Par ailleurs, les enfants et les adultes plus âgés peuvent aussi être affectés. Toutefois, le pic d’apparition du trouble panique se situe à l’adolescence et au début de l’âge adulte.

Il est fréquent que le trouble panique apparaisse lors d’un deuil, d’une séparation ou d’un événement stressant significatif (avant, pendant ou après). Cependant, les gens qui en souffrent ne seront pas toujours en mesure d’identifier directement la source de leur anxiété. De plus, selon Barlow & Durand (2016), 20% des gens touchés ont fait au moins une tentative de suicide. Cela démontre la souffrance qui peut y être associée.

Le pic d’apparition du trouble panique se situe à l’adolescence et au début de l’âge adulte.

Par ailleurs, le DSM-5 mentionne que le trouble panique est souvent en association avec la dépression majeure. Plusieurs personnes vivant un trouble panique développeront un problème d’alcoolisme ou d’abus de drogues, afin de tenter de diminuer leur souffrance. Cependant, cette stratégie s’avérera inefficace à long terme.

Le trouble panique cause donc d’importantes conséquences. Par exemple, il peut y avoir des rendez-vous médicaux, une incapacité à conserver un emploi, des abandons professionnels et scolaires ou l’évitement d’activités (ex: sports et déplacements, sorties et activités sociales, relations sexuelles, situations stressantes, etc.). Toutefois, le niveau le plus sévère de dysfonctionnement du trouble panique se présente lorsqu’il est accompagné d’agoraphobie.

Il est fréquent que le trouble panique apparaisse lors d’un deuil, d’une séparation ou d’un événement stressant significatif (avant, pendant ou après).

L’agoraphobie consiste en une anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations où il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper, ou dans lesquelles on pourrait ne pas trouver de secours en cas d’attaque de panique. Généralement, la personne développe une peur que le lieu ou la situation provoque une perte de contrôle, de la panique ou l’évanouissement (DSM-5).

Il peut y avoir beaucoup de tentatives d’évitement des situations ou activités redoutées. La personne tentera aussi des stratégies pour la sécuriser (ex: médicament, photo d’un proche ou chapelet sur soi, etc.) et désirera la présence d’un accompagnant pour faire face à ses peurs. Cela l’aidera souvent à faire face à sa crainte à court terme, mais alimentera plutôt le trouble à long terme. Des études récentes indiquent que 75% à 95% des agoraphobes sont touchés par le trouble panique (Pollac, 2002; dans Habimana & Cazabon, 2012).

 Les causes du trouble panique sont biologiques, psychologiques et sociales.

Les causes du trouble panique sont biologiques, psychologiques et sociales. Toutefois, il existe des gènes multiples qui confèrent une vulnérabilité à la panique. De plus, il y a davantage de risques de souffrir de trouble panique s’il y a des parents touchés par l’anxiété, la dépression et la bipolarité. Les troubles respiratoires comme l’asthme y sont aussi associés.

Pour traiter le trouble panique, l’exposition graduelle aux sensations semblables à l’attaque de panique est une méthode utilisée par certains psychologues afin de permettre à la personne touchée d’apprivoiser les sensations craintes. L’objectif est de faire diminuer ou disparaître l’étroite association entre les sensations d’anxiété et la peur, étape par étape. Il est donc proposé de faire graduellement face à sa crainte, plutôt que de l’éviter.

Dans les cas qui ne répondent pas aux différents types de traitements psychologiques, il est conseillé de jumeler la psychothérapie au traitement pharmacologique. Lorsque la personne se sent prête, elle peut délaisser la médication et continuer exclusivement avec la psychothérapie (Habimana & Cazabon, 2012). Il existe également des groupes de soutien et des organismes pour aider les personnes concernées.

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