Game Over : Les jeux vidéo sont-ils vraiment dangereux pour la santé?

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Par Michaël Da Silva, chroniqueur

Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses études ont été faites sur les conséquences que pouvaient apporter les jeux vidéo sur l’homme. Entre la généralité des médias qui nous font peur, les psychologues qui n’y connaissent rien ou bien l’avis très subjectif de monsieur tout-le-monde (madame surtout!), il est difficile de s’y faire une opinion. Bref, le monde virtuel est attaqué sous toutes ses facettes.

Cependant, vous vous êtes sûrement déjà posé certaines questions à savoir si jouer pouvait avoir des répercussions néfastes sur votre santé. Grâce à des spécialistes et à de multiples témoignages de joueurs, j’ai pu mener ma propre enquête sur ces interrogations existentielles! Ainsi, vous saurez plus précisément les effets bénéfiques ou néfastes que peuvent apporter les jeux vidéo.

La dépendance

Parmi les problèmes liés aux jeux vidéo, le plus connu et sûrement le plus grave est la dépendance. Il y a les joueurs qui ne dorment plus, ceux qui dépensent des fortunes ou encore, à l’extrême, ceux qui décèdent par déshydratation.

Ces cas de dépendance existent et peuvent être très graves, mais les médias ont tendance à faire des raccourcis. À partir de combien d’heures par jour, ou par nuit, peut-on parler de dépendance et pourquoi? Par manque d’études et de statistiques, même les experts sur le sujet n’ont pas de réponses toutes faites. Selon les psychanalystes, nous ne sommes pas accros aux jeux, à la télévision ou aux cartes, mais «au principe de plaisir».

Dans le domaine du multimédia, le problème est que le joueur a pratiquement le contrôle total sur les jeux vidéo. Rassurez-vous, certaines personnes sont beaucoup plus «addicts» à la lecture (alors que personne ne dira grand-chose sur la lecture). Et pourtant, le livre ne va pas continuer sa progression quand on le ferme, contrairement à certains MMORPG tels que World of Warcraft.

Pour les adeptes de ce type de jeux, il arrive, selon certains témoignages, qu’un manque se fasse sentir. Voilà pourquoi la dépendance pour le jeu vidéo ne doit pas dépasser celle du plaisir à avoir des loisirs. Ainsi, on ne peut nier que des cas de dépendance existent et qu’ils sont parfois extrêmement graves. Ces cas sont souvent liés à un monde persistant pouvant créer une schizophrénie chez certains joueurs fragiles.

En revanche, il ne faut pas diaboliser l’industrie du jeu vidéo, car certaines personnes ont des prédispositions à la dépendance en général qui peuvent se refléter tout autant dans d’autres divertissements. Mais ne nous alarmons pas, la plupart des joueurs ne sont pas accros à leur manette ou à leur clavier, ils sont simplement passionnés.

L’asociabilité

Les joueurs le disent eux-mêmes, les jeux vidéo peuvent nous éloigner de nos proches ou de notre famille. Dans des opus comme Second Life, le monde continue d’évoluer, même sans la présence du joueur. Pour certaines personnes, leur vie virtuelle est devenue plus importante que leur entourage. Malheureusement, plusieurs histoires terribles ont été entendues sur le sujet.

Cependant, peut-on réellement affirmer que le loisir vidéo ludique est à l’origine de ce mal? Peut-on être enfermé dans une prison virtuelle? Non, car l’être humain a intégré des principes de réalité applicable au-delà du jeu. Par exemple, personne ne sautera d’un pont en se disant qu’il possède une deuxième vie, car ceux qui le pensent souffrent déjà d’une pathologie inquiétante.

L’incompréhension peut, elle aussi, créer une barrière entre le joueur et ses proches. Les joueurs doivent donc apprendre à partager leur passion et accepter l’incompréhension des autres alors que les non-joueurs, de leur côté, doivent dépasser certains préjugés. Enfin, notons que les amitiés virtuelles deviennent parfois réelles, ce qui donne aux jeux une vocation d’outil social et permet d’ouvrir une fenêtre sur le monde. Plusieurs spécialistes se sont même servis du jeu vidéo pour créer un contact entre des autistes et les résultats sont plutôt étonnants.

La violence

Depuis toujours, l’être humain est tiraillé entre paix et violence. Cette violence, vice des plus primitifs, a rapidement évolué en divertissement. Que ce soit les bandes dessinées, les films ou encore les journaux télévisés, tous reflètent la violence de notre monde. Les médias accusent cependant les jeux vidéo d’en être l’origine. Cette violence dans les jeux vidéo a-t-elle réellement une influence néfaste sur les individus?

Évidemment, certains pensent que c’est le cas. Pourtant, ce n’est pas parce que l’on joue à Super Mario que l’on devient plombier! Certes, le jeu vidéo peut être perçu comme un défouloir, mais celui-ci n’est pas plus dangereux qu’une partie de soccer entre amis.

Tout est une question d’âge et d’éducation. En effet, la plupart des éditeurs de jeux vidéo alertent les acheteurs par un sigle conseillant la limite d’âge. Ils ne sont donc pas responsables de toute cette violence vue et faite dans notre quotidien. C’est au joueur d’apprendre à réguler sa consommation et de savoir quel jeu est bon pour lui.

Malgré la généralité des médias, le jeu vidéo n’est pas néfaste pour le joueur, à condition qu’il soit utilisé à bon escient. Il reste un divertissement comme un autre et son évolution peut être amenée vers des fins éducatives, thérapeutiques, sportives ou même sociales.

Que ce soit seul ou à plusieurs, le monde virtuel est une source de plaisir sans être pris tout le temps au sérieux. Tirez-en tout le plaisir que vous pouvez, mais comme tout le reste, consommez-le avec modération.

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