La petite ténébreuse: Alcatraz ⎯ Une prison particulière

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Photo: M. Robitaille, 2009
Photo: M. Robitaille, 2009

L’île d’Alcatraz, qui abrite la célèbre prison, est située à 2,4 kilomètres au large de San Francisco, en Californie. Le complexe pénitencier a été utilisé de plusieurs façons entre 1850 et aujourd’hui, mais la période la plus connue est située en 1934 et 1963. Pendant ce laps de temps, Alcatraz était une prison fédérale à sécurité maximale qui accueillait les plus grands criminels des États-Unis. De nos jours, l’île accueille plus d’un million de touristes annuellement. Des touristes qui, comme moi, sont curieux de découvrir l’histoire entourant la prison, mais aussi curieux de démystifier l’endroit.

Pour visiter Alcatraz, il faut prendre le bateau à partir de San Francisco. Une magnifique balade qui nous fait découvrir l’emplacement paradisiaque qu’est la baie de San Francisco, bordée par l’océan Pacifique. Lors de ma visite, en juin 2009, la météo était de notre côté et le soleil bordait le Golden Gate Bridge. C’est dans ce contexte que nous débarquons sur l’île.

Le site touristique d’Alcatraz est un musée d’état géré par le National Park Services. Vu le nombre de personnes foulant le site chaque jour, les visites sont libres. Fait intéressant, chaque visiteur se voit remettre un audioguide pour la durée de la visite. Le choix des langues est assez impressionnant, allant de l’anglais au cantonnais, en passant par le français et le néerlandais. En suivant les numéros sur les murs, les touristes se déplacent de salle en salles, et découvrent les cellules et les lieux importants où les détenus passaient leur temps.

Pour visiter Alcatraz, il faut prendre le bateau à partir de San Francisco. Une magnifique balade qui nous fait découvrir l’emplacement paradisiaque qu’est la baie de San Francisco, bordée par l’océan Pacifique. Lors de ma visite, en juin 2009, la météo était de notre côté et le soleil bordait le Golden Gate Bridge.

S’il faut rendre à César ce qui appartient à César, il faut rendre aux Américains ce qu’ils font de bien, c’est-à-dire entretenir leurs sites historiques d’une main de maître. Non seulement à Alcatraz, mais aussi dans bien d’autres sites touristiques, les Américains arrivent à conserver une sobriété et un bon goût pour diffuser l’histoire parfois très sombre de lieux de mémoire. Tel est le cas sur l’île, mais aussi à New York, au mémorial du 11 septembre et à Washington D.C au musée de l’Holocauste. Connus pour leur extravagance et leur démesure, ils réussissent, selon ma petite expérience personnelle et mon humble avis, à faire ressortir l’essentiel sans pour autant trop en faire.

Un mystère jamais résolu

Une des cellules les plus marquantes est celle de Frank Morris. Dès son arrivée en 1960, Morris prépare un plan d’évasion accompagné de deux autres détenus, les frères Anglin et Allen West. West ne pourra pas se rendre jusqu’au plan final. Pendant près de deux ans, les prisonniers creuseront dans leurs cellules et voleront plusieurs outils pour se bâtir un radeau avec des gilets de sauvetage.

La nuit de leur évasion, ils placeront des mannequins dans leurs lits et sortiront. Les têtes des mannequins sont toujours présentes au musée. Les prisonniers ne furent jamais retrouvés et la rumeur veut qu’ils se soient noyés. Escape from Alcatraz, film avec Clint Eastwood dans le rôle de Morris, raconte l’évasion.

Quelques pensionnaires célèbres

Alcatraz est importante historiquement pour sa singularité, mais aussi pour ses pensionnaires. Le détenu le plus connu est sans nul doute la vedette de ma dernière chronique, monsieur Al Capone. Parrain de la mafia de Chicago, il passa cinq ans à Alcatraz avant d’être transféré pour des raisons médicales. Georges Kelly Barnes est un autre détenu bien connu de l’histoire de la prison. Ayant fait carrière sous le pseudonyme de Machine Gun Kelly, il fut condamné pour l’enlèvement d’un riche homme d’affaires et passa 17 ans à l’ombre.

Pendant près de deux ans, les prisonniers creuseront dans leurs cellules et voleront plusieurs outils pour se bâtir un radeau avec des gilets de sauvetage. Les prisonniers ne furent jamais retrouvés et la rumeur veut qu’ils se soient noyés.

La visite en entier prend facilement trois heures. Trois heures qui passent vite comme l’éclair. Lors de cette visite, j’ai découvert une microsociété presque autosuffisante où les détenus étaient très isolés, mais où les gardiens l’étaient tout autant. Chaque matin, ces derniers prenaient le bateau pour aller travailler et le reprenaient chaque soir pour retourner à la maison. Une vie professionnelle particulière où l’isolement accroissait le danger d’une prise d’otage. En mai 1946, plusieurs gardiens seront pris en otage par des détenus. Durant le siège de deux jours que l’on appellera «La bataille d’Alcatraz», six prisonniers tenteront de s’enfuir en volant les clés et les armes de certains gardiens. Dix-huit gardiens seront blessés et deux seront tragiquement tués. L’armée devra intervenir en fin de compte pour reprendre le contrôle.

L’emplacement de rêve de l’ancienne prison nous étourdit un peu en oubliant les drames et les tragédies qui s’y sont produits. Aujourd’hui, Alcatraz est un lieu de découverte unique et la prison est assez éloignée dans le passé pour y poser un regard réfléchi et reculé. On ne ressort pas bouleversé par notre expérience. On revient sur le continent en humant l’air salin du Pacifique et on espère que l’odeur collera à nos cheveux. C’est l’aura de la Californie…

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