La petite ténébreuse: John A. Macdonald ⎯ Le scandale du Pacifique

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«Où dérivons nous ?» Macdonald est montré triomphant piétinant un Canada en pleurs et semble saoul avec la bouteille qui dépasse de sa poche. Macdonald prétend avoir les mains propres mais «J'ai besoin d'encore 10 000 $» est écrit sur sa paume. Photo: Caricature de John Wilson Bengough, 1873.
«Où dérivons nous ?» Macdonald est montré triomphant piétinant un Canada en pleurs et semble saoul avec la bouteille qui dépasse de sa poche. Macdonald prétend avoir les mains propres mais «J’ai besoin d’encore 10 000 $» est écrit sur sa paume. Photo: Caricature de John Wilson Bengough, 1873.

Dès lors, je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2016. Voilà pour les souhaits et les sentiments. De toute façon, nous avons encore tous mal au cœur d’avoir trop mangé de tourtières, de tartes aux cerises roses et de sucre à la crème. Encore sur un rush de sucre, j’ai décidé de vous parler de Sir John A. Macdonald. Mais qui a-t-il de ténébreux avec le cher John, me direz-vous ? Son histoire en soi n’est pas vraiment palpitante. Lorsqu’on creuse un peu plus loin, on découvre rapidement que Monsieur Macdonald aimait l’argent et aimait surtout le pouvoir.

La montée vers le pouvoir

John A. Macdonald est né le 11 janvier 1815, au Royaume-Uni. Sa famille émigre dans la colonie britannique du Haut-Canada à Kingston plus précisément lorsqu’il n’a que cinq ans. Il étudie plus tard pour devenir juriste et ouvre son propre cabinet avant même de passer le Barreau. Il obtient son premier siège au parlement en 1844. Fervent revendicateur et voulant fermement toujours réussir et avoir raison, il est un des principaux personnages des débats qui mèneront à la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, le 1er juillet 1867.

Le 18 juillet 1873, trois journaux rendirent publics un télégramme assez compromettant daté du mois d’août 1872 signé de la main de Macdonald qui disait : «J’ai besoin d’encore 10 000 $. Cela sera la dernière demande». Rien de moins pour ce petit coquin de Macdonald.

Macdonald devient le premier Premier Ministre du Canada jusqu’à sa démission en 1873, à la suite du scandale du Pacifique, point qui nous intéresse particulièrement. Avec George-Étienne Cartier, il est considéré comme l’un des pères fondateurs du Canada moderne. Il fut Premier Ministre pendant dix-neuf ans.

Sa vie personnelle

Macdonald épouse Isabelle Clark, sa cousine germaine (Hé oui…), le 1er septembre 1943. De constitution fragile, Isabelle est souvent malade et cela perturbe beaucoup John. En 1844, sa femme très malade, John la conduit à Savannah, en Géorgie, en espérant que l’air de la mer lui fera le plus grand bien. Ses voyages et les frais médicaux lui coutent très cher et il retourne souvent siéger pour pourvoir à son couple. En 1847, Isabelle donne naissance à John Junior. L’accouchement est difficile et cette dernière ne s’en remet jamais complètement. En août 1848, âgé d’à peine un an, John Junior meurt subitement. Deux ans plus tard, Isabelle Clark Macdonald donne un nouveau fils à son mari, qui retrouve la santé physique et mentale. Alcoolique notoire, Macdonald porte le culot jusqu’à boire en public, après la mort de son premier fils. Après la naissance de son second fils, le mariage de John et Isabelle dépérit et ce dernier cesse de la voir. Il préfère se jeter dans la politique corps et âme.

Le scandale du Pacifique

Pour convaincre les dirigeants de la Colombie-Britannique d’entrer dans la Confédération, Macdonald promet un chemin de fer transcanadien. Ces derniers signent leur adhésion à la en 1871. Lors du deuxième mandat de Macdonald qui débute en 1872, les travaux n’ont pas encore commencé et rien n’indique qu’un chemin de fer est en voie d’être construit. Les appels d’offres sont longtemps examinés et l’on attribue finalement le contrat au groupe d’un certain Hugh Allan. On apprendra plus tard que ce groupe a payé grassement le parti Conservateur (celui de Macdonald) pour obtenir le contrat. En fait, le groupe Allan, secrètement soutenu par la National Railway Association américaine donna plus de 170 000 $ aux Conservateurs pour avoir le contrat. Une somme astronomique pour l’époque! Personnellement, Macdonald reçu 45 000 $. L’opposition s’empara rapidement de l’histoire et publia plusieurs télégrammes échangés entre Macdonald et les exploiteurs ferroviaires. Le 18 juillet 1873, trois journaux rendirent publics un télégramme assez compromettant daté du mois d’août 1872 signé de la main de Macdonald qui disait : «J’ai besoin d’encore 10 000 $. Cela sera la dernière demande». Rien de moins pour ce petit coquin de Macdonald.

On apprendra plus tard que ce groupe a payé grassement le parti Conservateur (celui de Macdonald) pour obtenir le contrat. En fait, le groupe Allan, secrètement soutenu par la National Railway Association américaine donna plus de 170 000 $ aux Conservateurs pour avoir le contrat. Une somme astronomique pour l’époque !

Alors que le scandale devient de plus en plus public, Macdonald boit de plus en plus. Il se présente devant la Chambre des Communes pour prononcer le discours de sa vie. Le 3 novembre 1873, il sait qu’il est au pied du mur et s’exprime ainsi : « Je quitte cette Chambre en toute confiance. Tout choix m’est égal. Je peux voir au-delà de la décision de cette Chambre soit pour ou contre moi, mais que ce soit contre moi ou pour moi, je sais, et il n’est pas vain de se vanter le dire, car même mes ennemis doivent admettre que je ne suis pas vantard, qu’il n’existe même pas au Canada un homme qui a donné plus de son temps , plus de son cœur, plus de sa richesse, ou plus de son intelligence et de sa puissance pour le bien de ce Dominion du Canada.»

Le 5 novembre, Macdonald remettra sa démission.

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