La pilule aux maux économiques du COVID-19

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étienne aperçu écon'homme

Alors que certaines industries comme les supermarchés ont vécu un boom vendredi dernier grâce au COVID-19, d’autres secteurs vivent de plus grands défis, notamment en matière de liquidités et de chaine d’approvisionnement. Tant de défis que relèveront les PME québécoises.

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) représente 98% de l’économie québécoise. Ainsi, l’importance des PME n’est pas à discuter et on se doit de surveiller leur état de santé. La présente vague de COVID-19 qui arrive au Québec pourrait bien impacter nos PME. En effet, si les PME mangent de la misère, on peut croire que cela causera de grands problèmes sur chacun-e d’entre nous. Par chance, les gouvernements canadien et québécois ont déjà annoncé des mesures pour contrer cette incertitude sur l’entreprise. Parmi les principaux défis des entreprises, on peut penser aux conséquences que celles-ci vivront en matière de liquidités et de chaîne d’approvisionnement.

« Le gouvernement devrait payer les gens à creuser des trous dans le sol pour ensuite les remplir. »

– John Maynard Keynes, Économiste

Les finances face au virus

Du côté des liquidités, le COVID-19 obligera certaines entreprises à fermer leur portes ou à ralentir leur activités. Ces perturbations n’empêcheront toutefois pas les factures de s’empiler. En effet, est-ce que le fournisseurs de loyer ou d’internet attendront les bons mois pour réclamer leur dû? Je ne crois pas. Ainsi, les finances de l’entreprise s’en verront affectées, l’entreprise vivant sur ses déjà-gagnés. C’est tout un défi que de survivre sans revenus…

La logistique aux temps du COVID-19

D’un autre côté, la chaîne d’approvisionnement sera perturbée, voir interrompue dans certaines industries. En effet, certaines entreprises fermeront temporairement leurs portes, d’autres ralentiront leurs activités et d’autres augmenteront temporairement leurs activités. Par exemple, les pharmacies et les hôpitaux verront leurs activités augmenter, tandis que les restaurants vivront un ralentissement.

Dans un sens comme dans l’autre, cela rendra difficile l’évaluation des stocks nécessaires et causera des pertes de stocks (notamment en restauration) ou des pénuries (notamment de Purell et papier de toilette). Tout ceci sans compter les entreprises qui fermeront temporairement leurs portes, laissant d’autres entreprises sans fournisseurs ou sans clientèle. Par exemple, la cafétéria de l’UQTR n’a plus de client-e-s, ce qui brise sa chaîne logistique.

Aussi, la fermeture des frontières complexifie l’entrée des matières premières des entreprises transformatrices. Cette problématique est d’autant plus grave compte tenu la fragilité préalable de cette chaîne, toujours affaiblie par le blocus ferroviaire de ce printemps.

Maintenant, on doit intervenir

Heureusement, les gouvernements canadien et québécois ont déjà annoncé des mesures pour contrer cette incertitude sur l’entreprise. C’est le 16 mars dernier, dans le cadre d’un point de presse extraordinaire, en marge de la mise à jour quotidienne, que le gouvernement Legault a présenté ces dites mesures. Au menu : aide aux particulier-ère-s et aux entreprises.

Les mesures actuelles touchent les gens en isolement (…), pas la survie des PME et OBNL.

-Joannie Bournival
Directrice générale de Jeune Chambre de la Mauricie

Par l’augmentation des dépenses en infrastructures, le gouvernement augmente ses dépenses et offre des emplois à des gens ayant des emplois plus précaires actuellement. Ainsi, cette mesure vise particulièrement les pertes d’emplois occasionnées par le COVID-19. Cette mesure est un classique économique. Keynes, économiste britannique, disait que pour repartir l’économie, il suffisait de lancer de grands travaux. « Le gouvernement devrait payer les gens à creuser des trous dans le sol pour ensuite les remplir».

Toutefois, le gouvernement compte faire plus utile: infrastructures en santé, en réseaux routiers et en éducation. Ainsi, les constructeurs ne construisant plus de maisons pourront construire des infrastructures publiques.

PME: les grandes oubliées

COVID-19 jeune chambre mauricie
Marie-Cristine Pelchat St-Jacques, Présidente et Joannie Bournival, Directrice Générale de le Jeune Chambre de la Mauricie.
Crédit photo: Jeune Chambre de la Mauricie

Outre cette mesure, le gouvernement québécois a annoncé un investissement supplémentaire en prêts aux entreprises, permettant une augmentation des fonds de roulement. Cette augmentation des fonds de roulement permettra de faire face aux paiements en période de remouds comme actuellement.

Du côté de Québec on annonce un montant d’environ 2,6 milliards, sans toutefois en spécifier la forme, mais des détails sont à venir. À cette mesure s’ajoute les assurances de continuité d’opérations, qui peuvent elles aussi réduire le fardeau auquel fait face l’entreprise. Du côté de la Jeune Chambre de la Mauricie (JCM) on a annulé quelques événements jusqu’à présent et suit la situation de près.

L’annonce économique d’aujourd’hui laisse Mme Joannie Bournival, directrice générale de la JCM sur sa faim; les prêts annoncés sont incertains et les PME ne sauront pas leur conversion en subvention avant un moment. La JCM dit rester alerte aux mesures à venir, considérant les présentes mesures bien faibles pour la survie des PME et OBNL.

Au niveau individuel

Les personnes à risque et devant s’isoler auront droit à une assurance-emploi bonifiée par le gouvernement fédéral. Aussi, un programme d’aide temporaire aux travailleurs touchés par le coronavirus sera développé par le gouvernement provincial. Ce dernier programme, contrairement à l’assurance-emploi, sera accessible aux travailleurs autonomes et aux autres personnes non-admissibles pour le programme fédéral.

Le but est de minimiser la détresse financière et faciliter l’isolement préventif pour les personnes présentant des symptômes ou encore ayant voyagé récemment. Les délais devraient être de moins de 48 heures et le montant hebdomadaire à hauteur de 573$ par semaine. De plus, la date limite de production des rapports d’impôts est repoussée au 1 juin.

Le spectacle est fini

Du côté des artistes, l’industrie du spectacle est particulièrement touchée par le COVID-19. La présidente de l’Union des Artiste (UDA), Mme Sophie Prégent, affirme que le gouvernement souhaite établir un lien de communication constant avec le milieu culturel. Selon elle, un comité sera donc rapidement mis en place pour bien documenter la situation afin de définir les différentes modalités relatives à l’annulation des contrats. Celle-ci retire ses informations d’une rencontre avec la ministre de la Culture et des Communications, Mme Nathalie Roy.

Cette compensation est la bienvenue compte tenu des précédentes directives rendant impossible tout spectacle conséquent. Outre cette compensation, un mouvement a débuté ne demandant pas remboursement des billets achetés pour des événements se déroulant durant l’épidémie. Ce non-remboursement volontaire se veut un soutien de l’industrie artistique.

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