La p’tite vite: Entre amour et caresse: La sexualité a bien meilleur goût

0
786
bandeau-COOPSCO-final_01

Je dois avouer que je n’y croyais plus. Après ma rupture, j’avais même un sentiment de dégoût à penser qu’un jour j’allais être de nouveau intime avec une femme. Mais pourtant…

Je n’en avais plus envie parce que sans amour, on se dit que nous n’aurons plus mal comme avant. Alors on commence à consommer la sexualité à travers ses différentes facettes, sans laisser place aux vraies caresses, aux enlacements parsemés de pure tendresse ou, en réalité, à la véritable ouverture de soi, parce que le risque d’être brisé à nouveau est trop coûteux.

Lorsqu’on s’ouvre à une personne, nous donnons une partie de nous-mêmes que nous ne reverrons plus jamais: et c’est ça qui fait mal quand tout se termine. C’est cette partie de nous, qui a disparu pour toujours et qui est douloureuse, que nous nous devons de réparer au fil du temps, en acceptant tout simplement que toute chose a une fin. L’amour est éphémère, au même titre que l’homme lui-même.

Vous pouvez comprendre que c’est beaucoup plus facile de fréquenter une personne et de se laisser tenter par l’illusion de l’amour. De ne pas s’engager lorsque ça devient plus sérieux, au risque de reperdre une nouvelle partie de soi. En d’autres mots, nous nous laissons bercer par ces premières rencontres qui nous donnent ces merveilleux papillons, sans jamais montrer l’être que nous sommes à l’intérieur. Nous restons à la surface de nous-mêmes, parce que si jamais cette personne n’est pas la bonne pour nous, il suffit de lui faire part de quelques explications rationnelles de non-réciprocité, de partir et de recommencer ce processus sans «faim».

Par contre, au fond de ces déchirures, nous voulons plus que ça. Nous voulons quelque chose de vrai et de sincère. Nous aimerions être vus par l’autre, mais nous ne sommes pas prêts. Je crois que c’est ça qui fait le plus mal. Nous voulons tellement croire à cette illusion de l’amour, qui est en réalité seulement une forme d’attachement éphémère, que nous nous enfonçons inévitablement dans cet échec amoureux.

En cet ère de la modernité, nous en sommes malheureusement rendus là. Nous consommons nos relations, sans réellement goûter à la saveur profonde qui s’y cache. À cet égard, nous essayons tant bien que mal de survivre à travers la surconsommation qu’on nous inculque dès le tout jeune âge. Nous apprenons constamment, à travers notre éducation, que lorsqu’une chose ne fonctionne plus, il suffit de la jeter et de s’en acheter une nouvelle. Nous appliquons ces acquis dans nos relations affectives, parce que c’est beaucoup plus simple ainsi, plutôt que de s’ouvrir véritablement à l’autre. Il n’en demeure pas moins qu’on perd plus qu’on ne gagne.

En effet, nous ne prenons plus le temps de développer ce sentiment tant convoité. Nous restons tout simplement dans les anciennes blessures, en nous imaginant que c’est seulement le temps qui va arranger les choses, sans y faire face réellement. Nous perdons tant d’opportunités, car nos œillères nous empêchent d’entrevoir cette vérité cachée. Toutefois, si nous prenons le temps de comprendre la logique de nos actions, ou plutôt l’évitement de cette intimité, nous remarquons qu’il nous suffit de nous laisser aller. Même si le temps guérit les blessures, il faut arrêter d’avoir peur, et affronter ce qui nous empêche d’avancer. Il faut cheminer en faisant face à notre vrai être, à cette vraie nature qui se cache derrière ces déchirures de l’âme.

Nous consommons nos relations sans réellement goûter à la saveur profonde qui s’y cache.

C’est à ce moment qu’on renaît et qu’on recommence à goûter à l’amour. Il suffit d’une rencontre pour comprendre que la sexualité a bien meilleur goût lorsqu’elle est entremêlée de tendresse et de caresses. Il est évident que lorsque cette personne nous embrasse ou nous fait l’amour, ce n’est nullement comparable à ces enlacements éphémères sans intimité que nous avons essayé de consommer dans le passé.

À travers ce développement de l’intimité amoureuse, il y a maintenant la possibilité de s’ouvrir à l’autre et de découvrir la profondeur réelle de l’amour et de la sexualité. À cet effet, nous dévoilons notre jardin secret, car nous sommes en mesure de faire confiance à l’autre, tout en lui montrant une certaine vulnérabilité. Lorsque ces confidences sont bien perçues et sans jugement de la part de la personne, cette confiance est signe du développement d’un amour sincère. Bien entendu, je ne le dirai jamais assez, il faut prendre son temps. Rien ne sert de vouloir à tout prix saisir ce sentiment et le consumer, comme tout le reste. Le temps que nous consacrons au développement de cette intimité amoureuse alimente la proximité et l’attachement sincère.

Par ailleurs, il n’y a rien de plus merveilleux que le respect et la tendresse lors de cette proximité. Lorsque nous sentons l’autre personne nous caresser, nous enlacer, ou encore lorsque nous prenons le temps de savourer chaque petit moment passé à découvrir le corps de l’autre, à travers l’étreinte affective ou sexuelle, les vraies saveurs de l’amour émergent en nous. Le désir de l’autre parfume nos pulsions et nous met dans un état de bien-être commun. Bien entendu, l’engagement peut parfois faire très peur, mais lorsque tous ces autres aspects sont bien agencés les uns aux autres, la sexualité autant que l’amour deviennent purement extatiques. Ces sensations nous transpercent, pour donner enfin lieu à quelque chose d’indubitable.

Eh oui! J’ai cheminé à travers ces blessures, et je me sens enfin prête à commencer une nouvelle histoire, pour de vrai, cette fois-ci. Bien que j’aie consommé longtemps ce genre de relations qui m’entraînaient dans la surconsommation, j’ai compris qu’être vrai avec soi et avec l’amour a bien meilleur goût.

Sur ce, délectez-vous à ce véritable amour, vous allez comprendre.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here