La p’tite vite: La santé sexuelle, ce n’est pas juste physique

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Crédit: Sarah Gardner

Nous sommes d’accord qu’être en santé, c’est important, mais ça veut dire quoi exactement? Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la santé est «un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Ainsi, il est possible de constater que cela englobe beaucoup d’aspects de la vie humaine, tout comme la santé sexuelle. Voici un tour d’horizon sur ce concept de plus en plus discuté.

La santé sexuelle constitue un élément crucial pour se sentir bien dans sa propre sexualité. L’Organisation mondiale de la Santé définit celle-ci comme étant «un état de bien-être physique, mental et social», mais dans le domaine de la sexualité, ce qui est sensiblement la même chose que la santé générale. Cependant, le concept de santé sexuelle «requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence».

Il y a donc beaucoup d’aspects de la santé sexuelle qui touchent le bien-être psychologique et social. Ceux-ci sont également fondamentaux dans la recherche d’une sexualité saine. L’absence d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) ou de problèmes physiques quelconques n’est pas le seul aspect de la santé sexuelle, même si cela a été longtemps le cas.

Il y a donc beaucoup d’aspects de la santé sexuelle qui touchent le bien-être psychologique et social.

La sexualité dans l’histoire

On le sait, le fait de parler de la sexualité est de plus en plus normalisé aujourd’hui, mais il y a à peine quelques siècles, et mêmes décennies, c’était un sujet excessivement tabou. Pour faire court, la sexualité était permise seulement durant le mariage, et avant tout pour la procréation. Le fait de rechercher du plaisir sans y faire des bébés était considéré comme la pire atrocité, une perversion même.

Heureusement, quelques rares spécialistes se sont avancéEs sur le fait que la sexualité serait avant toute chose une composante fondamentale pour s’épanouir en tant qu’individu et que la finalité n’était pas la procréation, mais plutôt le plaisir.

L’arrivée des moyens contraceptifs dans les années 1960, et plus particulièrement de la pilule contraceptive, est venue changer la donne. En effet, les femmes étaient maintenant «libérées» de la peur de tomber enceintes lorsque cela n’était pas souhaité lors des relations sexuelles. Cela a donc donné lieu à une preuve tangible que la sexualité pouvait être vécue dans un contexte favorable au plaisir, ce qui fut largement démontré par la suite.

L’absence d’ITSS n’est pas à elle seule un gage de bonne santé sexuelle.

Pas seulement physique

Comme indiqué précédemment, l’absence d’ITSS n’est pas à elle seule un gage de bonne santé sexuelle. Selon plusieurs spécialistes, dont Denise Badeau (Ph.D), Jean-Yves Desjardins (Ph.D) et Claude Crépault, il est pertinent d’aller vérifier d’autres aspects plus complexes, comme les aspects psychologiques, affectifs et cognitifs. Ceux-ci sont d’ailleurs discutés plus en détail dans le cadre du cours en ligne Développement sexuel et vie affective (SEX1004), offert à l’UQTR.

L’aspect psychologique comprend plusieurs facettes. Tout d’abord, le fait d’avoir une bonne estime de soi et d’être satisfait ou satisfaite de son image corporelle sont des exemples de critères permettant une bonne santé sexuelle. Aussi, certaines habiletés relationnelles, comme savoir communiquer et séduire, peuvent entrer dans ce concept, tout comme le fait de cultiver un imaginaire fertile et de l’érotisme.

L’aspect affectif, quant à lui, réfère aux différentes relations affectives que la personne entretient et qui sont satisfaisantes pour elle, comme avec les amiEs ou le ou la partenaire. Pour que cet aspect fasse partie prenante d’une santé sexuelle saine, il faut être en mesure d’exprimer et de reconnaître ses émotions et désirs, et ce, avec une certaine maturité. Cela permet ainsi de mieux gérer son stress ou son anxiété.

Enfin l’aspect cognitif regroupe les connaissances générales sur la sexualité. C’est dans cet aspect qu’une personne est en cohérence avec ses valeurs et ses principes reliés à sa sexualité. La cognition renvoie aussi au fait d’être flexible tout en respectant ses besoins sexuels.

Il est normal d’avoir à travailler des aspects [de sa santé sexuelle], alors que d’autres vont mieux pour nous. L’important, c’est de s’en rendre compte pour ainsi toujours s’améliorer.

Et la sexologie là-dedans?

Ainsi, il y a beaucoup d’aspects à tenir compte pour déterminer qu’une personne est en santé sexuelle, d’où la nécessité de bien comprendre sa définition et ce que cela implique chez l’individu. Cependant, la perfection n’est pas l’objectif à atteindre. Il est normal d’avoir à travailler des aspects, alors que d’autres vont mieux pour nous. L’important, c’est de s’en rendre compte pour ainsi toujours s’améliorer.

Pour terminer, les sexologues sont des spécialistes formés pour aider les personnes qui ressentent le besoin d’améliorer un aspect de leur vie sexuelle, étant donc intimement relié au concept de santé sexuelle. D’ailleurs, la plateforme Sexualis offre des séances en ligne, rendant accessibles les consultations en sexologie partout au Québec, même en contexte de pandémie.

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