La p’tite vite: Vos fantasmes sexuels scrutés à la loupe

2
482
bandeau-COOPSCO-final_01

Étant des êtres humains, nous avons une imagination débordante pour toutes sortes de choses. Il y a différentes formes d’arts pour laisser place à notre créativité, que ce soit le cinéma, la littérature et j’en passe. Cependant, même pour les moins «artistiques» d’entre nous, la majorité —sans vouloir dire tous— imaginons de temps à autre des scénarios dans nos têtes. Par conséquent, il est assez normal de s’imaginer des scénarios sexuels.

Que ce soit de vouloir faire l’amour dans la nature, ou tout simplement de penser à cette fameuse vedette de cinéma lors de moments solitaires, la majorité d’entre nous avons des fantasmes, que l’on veut —ou peut— plus ou moins réaliser, avouons-le.

Selon l’Office québécois de la langue française, un fantasme, c’est une représentation ou une construction imaginaire de scénarios, souvent en forme de rêveries, représentant des désirs. Ceux-ci peuvent être refoulés, ou même inconscients. Il y a donc souvent un aspect tabou à avoir certains fantasmes, puisqu’ils peuvent représenter des aspects que nous considérons comme «mal» et déviants selon nos standards de société.

Ainsi, vouloir réaliser ses fantasmes reste donc très personnel à chacun. Il est préférable de réfléchir à tous les aspects avant de se lancer, et de bien communiquer avec son partenaire. Par exemple, ne pas nécessairement vouloir faire un trip à trois avec son partenaire même si l’idée est tentante. En effet, la relation avec le partenaire va certainement changer à la suite de l’expérience, pour le mieux ou pour le pire. Parfois, les fantasmes sont mieux de rester des fantasmes.

Il est possible d’avoir toutes sortes de fantasmes. Certains sont assez «normaux» et bien acceptés dans notre société, alors que d’autres le sont moins pour différentes raisons. Ainsi, certains de ceux-ci peuvent se référer à des paraphilies.

Il y a donc souvent un aspect tabou à avoir certains fantasmes, puisqu’ils peuvent représenter des aspects que nous considérons comme «mal» et déviants selon nos standards de société.

Qu’est-ce qu’une paraphilie?

Selon l’Office québécois de la langue française, une paraphilie désigne une attirance sexuelle atypique, voire déviante, puisque ce désir intense n’est pas normatif de l’acte sexuel. Ainsi, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de Psychiatrie de 2013 (DSM-V) classe dans les paraphilies le voyeurisme, l’exhibitionnisme, le frotteurisme, le masochisme sexuel, le sadisme sexuel, le transvestisme, la pédophilie et le fétichisme.

Dans les deux premiers DSM qui datent des années 50 et 60, l’homosexualité faisait partie des paraphilies, ce qui n’est bien sûr plus le cas aujourd’hui. Comment alors expliquer un tel changement?

Les perversions sexuelles selon les époques

Les paraphilies, plus anciennement les perversions sexuelles, sont ce que l’on considère comme «anormal» sur le plan sexuel. Subséquemment, nos définitions de la normalité et de l’anormalité sont en constante évolution selon les cultures et les époques. Il y a donc un côté très historique associé au concept de paraphilie.

En Antiquité, la bisexualité était la norme pour les hommes de rang supérieurs, puisque cela leur permettait d’affirmer leur virilité. À titre d’exemple, vous avez sûrement déjà entendu les histoires de Socrate avec ses élèves. Je n’ai certainement pas besoin de vous expliquer…

Par la suite, pendant plusieurs siècles, tout ce qui n’était pas hétéronormatif et qui allait à l’encontre du coït était «anormal». Cette définition de l’anormalité vient sans aucun doute de la grande influence de la religion.

Un sondage réalisé en 2016 auprès de 1040 personnes au Québec a démontré que le tiers d’entre eux ont déjà essayé un comportement paraphilique.

Aujourd’hui, nous ne considérons plus le sexe oral ou anal comme des pratiques sexuelles déviantes. Cependant, certaines pratiques, certains désirs ainsi que certains fantasmes sexuels qui étaient déviants autrefois le sont encore aujourd’hui. Les plus répandus sont ainsi classés comme des paraphilies dans le DSM-V.

Quoiqu’avec l’arrivée de Fifthy Shades of Grey dans la culture populaire, il est certain que les fantasmes reliés au sadisme et au masochisme sont de plus en plus considérés comme «normaux» et sont même peut-être de plus en plus fréquents.

Sommes-nous tous déviants?

Rares sont ceux s’étant intéressés aux fantasmes de la population générale. Christian Joyal, professeur de psychologie à l’UQTR, et Julie Carpentier, criminologue à l’institut Philippe-Pinel de Montréal, se sont penchés sur ce sujet. En réalisant un sondage auprès de 1040 personnes au Québec en 2016, il s’est avéré que le tiers d’entre eux ont déjà essayé un comportement paraphilique et que près de la moitié souhaiteraient expérimenter au moins un comportement paraphilique.

il est certain que les fantasmes reliés au sadisme et au masochisme sont de plus en plus considérés comme «normaux».

Cela suggère donc que certaines paraphilies sont plus communes que ce que nous pensons et pas seulement en termes de fantasmes imaginaires. Ainsi, ce qui est considéré comme des attirances sexuelles déviantes selon le DSM-V ne le sont peut-être pas toutes.

Quand cela se fait dans le consentement et avec le respect du partenaire, certaines paraphilies se doivent d’être nuancées. En effet, nous ne parlions pas de BDSM dans les années 50 comme nous le faisons aujourd’hui. Il y a donc une évolution de ce que nous considérons comme «normal» à travers le temps. Celles qui penchent dans l’illégalité le resteront, mais celles qui peuvent se faire de manière consentante et qui sont relativement communes pourraient ne plus être considérées comme des pratiques «déviantes».

Alors non, si vous avez des fantasmes un peu reliés à Fifthy Shades of Grey, vous n’êtes pas une personne déviante pour autant, vous pouvez dormir en paix. Par le fait même, si ça ne vous intéresse pas du tout, c’est tout à fait normal aussi!

2 COMMENTAIRES

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here