La zone grise: Devrait-on constamment être une personne éthique?

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métavers, zone grise, bock-côtéJ’écris ces lignes après avoir englouti une poignée de pépites de chocolat achetées chez un commerce de détail américain. Ces dernières, bien que délicieuses, n’étaient pas issues du commerce équitable. Est-ce que cela fait de moi une personne non-éthique? commerce équitable

Bien que je pense que ce geste anodin ne soit pas assez significatif pour faire de moi une personne immorale, il reste que ce dernier m’a permis de réfléchir sur les assises d’une existence éthique. En effet, même si je suis généralement d’accord pour dire que l’être humain ne saurait atteindre la perfection, idéal souvent inatteignable et anxiogène, il reste qu’il n’est pas impossible de bonifier nos habitudes quotidiennes afin que celles-ci soient plus en accord avec nos valeurs intérieures.

Avoir de la compassion pour soi-même

À cette époque où il est plus simple que jamais d’avoir accès à de l’information sur les provenances de nos aliments et de nos vêtements, est-il encore justifiable de consommer des produits développés dans des conditions peu acceptables, voire inhumaines? À mon avis, bien que je sois la première à tenter de faire en sorte que mon existence cause le moins de souffrance possible, je pense qu’il peut devenir lourd de constamment avoir à penser à être éthique dans l’ensemble de nos actions.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas essayer d’agir pour le bien universel autant que possible, mais plutôt qu’il faut se pardonner s’il nous arrive, de temps à autre, de choisir l’option la plus accessible. Il ne faut pas se mentir, consommer de façon éthique est un idéal de vie qu’il peut être ardu d’atteindre dans plusieurs cas. Que ce soit pour des raisons financières ou psychologiques, il peut être difficile, par moment, de choisir la « meilleure » option.

Une importante charge mentale

Généralement, dès que je me connecte sur un réseau social, il m’arrive de voir des publicités pour des compagnies peu recommandables telles que Shein: offrant des vêtements tendances à des prix ridiculement bas, il peut être plus que tentant de remplir notre panier pour garnir notre garde-robe. Personnellement, il y a plusieurs mois, après avoir passé des années à acheter mes vêtements dans des friperies et/ou à porter les morceaux usagés de mes proches, ça m’a fait du bien, pour une fois, d’aller sur une plateforme virtuelle pour acheter des vêtements neufs. Bien que je n’ai pas répété la pratique depuis, j’ai trouvé agréable de pouvoir choisir des vêtements seulement parce qu’ils me plaisent et non parce qu’ils sont l’option la plus éthique.

Une question de constance

Même si je suis consciente qu’acheter des vêtements sur une plateforme de fast fashion, considérant entre autres les enjeux environnementaux qui y sont liés, cela n’efface pas toutes les belles actions que je pose quotidiennement pour protéger la planète. Encore une fois, je ne crois pas qu’il soit possible de devenir un être parfaitement éthique. Qu’on le veuille ou non, nous vivons dans un écosystème complexe où vivent d’autres êtres et organismes vivants qui sont nécessairement touchés par nos actions quotidiennes.

Il faut ainsi faire preuve de douceur envers soi-même. Nous ne sommes pas de mauvaises personnes parce qu’il nous arrive de prendre des décisions pour préserver notre bien-être. Nous sommes des personnes non-éthiques si, malgré toutes nos connaissances sur les divers enjeux liés à la consommation, nous choisissons constamment l’option la plus dommageable pour des raisons complètement nihilistes. Entre autres, je pense qu’il est questionnable sur un plan éthique de consommer massivement de la pornographie gratuite puisque piratée parce que nous en avons envie.

Parfois, il faut savoir choisir le déplaisir. Pas pour des raisons masochistes, mais plutôt parce que c’est la bonne décision à prendre. Et si on se trompe en chemin, nous aurons toujours l’opportunité de faire mieux dans un avenir rapproché.

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