Le mot de la rédaction: De la fleur à la racine

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C’est le soir, mais il est assez tôt malgré tout, car le soir maintenant, ça arrive un peu plus vite. Ce n’est pas grave, il y a la chaleureuse lumière des néons qui auréole mes pensées. Rien de mieux pour l’inspiration que cet éclairage aseptisé.

Le Martin Léon de 2007 chante dans mes oreilles ses uniques poésies et se complait de compositions à la touche moriconniene qui nous rappellent bien qui fut le mentor d’un des grands unsung hero de la chanson québécoise contemporaine. Je l’ai découvert sur le tard avec son album Les Atomes ainsi qu’avec la trame sonore de l’excellent long-métrage Monsieur Lazhar, mais je me plais énormément à découvrir sa discographie à reculons. Parfois, ça peut être fort agréable d’enlever les pelures de l’expérience à un artiste pour en arriver au noyau seulement à la fin. Voir l’évolution à l’envers, c’est comprendre l’histoire d’un autre œil, du moins, je le crois.

Le processus est un peu le même lorsqu’on regarde l’adaptation cinématographique d’un livre qu’on lira par la suite. L’esprit, parce qu’il connait déjà le squelette d’une œuvre, s’attarde à des détails fort différents et mène à une compréhension nouvelle du travail de l’artiste, tous domaines confondus.

Peut-être que ce type d’écoute, lorsqu’on parle de musique, se veut aussi une manière d’enrayer le stéréotypage musical. Ici, je ne fais que supposer, mais reste cependant que je ne crois pas m’éloigner de cette vérité qui est la mienne lorsque j’écris ces mots.

Lorsqu’on découvre un artiste dès son premier album, il va de soi que nous éprouvons une certaine fébrilité à ensuite faire découvrir ledit artiste à son entourage tout en ayant en arrière pensée que, peut-être, ce créateur se définira comme une sorte d’élu des dieux qui passera ensuite à la postérité.

Dans bien des cas, les années font mal vieillir la musique, l’artiste n’arrive pas à se renouveler et de fil en aiguille, le phénomène de hasbinisme dont je vous ai précédemment parlé commence à faire son œuvre funeste. Cette découverte qui auparavant semblait si prometteuse, ne semble dès lors plus aussi convaincante, parfois parce notre esprit s’est lassé du timbre vocal de tel chanteur ou s’est lassé des phrasés et réflexes de tel guitariste.

Néanmoins, lorsqu’on commence par la pointe de l’iceberg et qu’on choisit ensuite de descendre jusqu’à sa racine, cela nous permet de mieux comprendre comment a évolué l’œuvre complète et c’est cette vue d’ensemble finale qui nous permet de mieux saisir la genèse de la créativité d’un artiste donné.

Ainsi, je terminerai cette réflexion en vous disant qu’il n’y a pas de meilleure manière de consommer la musique que l’on aime, mais que malgré tout, l’étudier dans un ordre antéchronologique fait certainement partie d’une des manières fort intéressantes de l’approcher.

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