Le revers de la médaille : L’argent rend aveugle

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Bande de pingouins endimanchés toute la semaine. Bande de mangeux de caviar, de têteux de vin, de sangsues des systèmes, de profiteux du moindre effort, de pincez-moi-je-rêve d’idéalistes de la pire espèce de zouaves parvenus à leur faim. Bande de cloportes colporteurs de gestion parfaite de non-production, de pelleteux de ciel bleu sans arc-en-ciel du saint calice. Ayez la décence de vous habiller en gens du peuple si vous osez vous poser comme tel (Madame Marois, le chapeau vous fait, mettez-le).

Ras le bol. Madame Ghazzali, dans sa suprême arrogance, dans son discours à la remise de bourses de la Fondation, eût le culot de citer «de mémoire» alors qu’elle lisait un texte. Des fautes au power. Point. Un ramassis de sottises pour les amateurs de pertes de temps en robes de bal. Une insulte aux honnêtes qui s’entêtent à faire quelque chose, à ceux qui étudient le monde dans sa plus simple expression. Tout nu, et tous nus, à leurs heures.

Comment peut-on s’interroger sur l’existence du crime dans les pays «civilisés» quand on porte, pour une fausse grande occasion essentiellement publicitaire, un morceau de vêtement qui représente un mois de nourriture? Faut pas voir plus loin qu’un nid-de-poule contre lequel on peste parce qu’il laisse une scratch sur sa Audi. Faut pas être conscient qu’avoir faim, c’est encore possible.

Je connais des étudiants qui gèrent un budget serré, et des recteurs/trices qui exa-gèrent sur les desserts.

Après la faim, le pire ennemi, c’est l’ennui. Lisez Baudelaire, un peu : le Spleen, c’est pour les biens-portants qui réalisent qu’ils devraient avoir mieux à faire que de la poésie, mais qui sont incapables de s’en empêcher. En Occident, on n’a pas faim : on s’emmerde. On s’invente des problèmes comme autant de malades imaginaires de Molière. On ne peut pas parler de problèmes réellement fondamentaux : on n’en a pas.

J’aimerais donc que celles et ceux qui ont atteint le sommet de la pyramide de Maslow se mettent à aider leurs voisins à en faire autant. Si vous n’aimez pas vos voisins québécois (ce qui peut être parfaitement compréhensible), regardez l’Afrique.

C’est beau la musique, le cinéma, la technologie, Disney World et les souliers Crocs, mais il me semble que danser au son du tambour, c’est plus inspirant que Gangnam Style, qu’assister à une bagarre de lions en direct, c’est plus épique que Avengers, qu’un récupérateur d’eau de pluie, c’est plus utile qu’une piscine creusée, que Le Roi Lion, c’est une pâle copie de Hamlet et qu’être pieds nus, quand tu t’habitues et qu’il n’y a que de l’herbe partout autour de toi, c’est tout à fait confortable.

«Le problème avec l’Afrique, c’est la famine pis la guerre». Le problème ici, c’est les dépressifs et les crosseurs. Je pars donc pour l’Afrique avec de la nourriture et de la diplomatie, avant de finir par mentir à un médecin pour me faire prescrire des antidépresseurs. Qui m’aime me suive!

Au fond, l’idée, c’est seulement que quand on arrête de croire que notre culture a raison sur tout, on se rend compte qu’on a trop de ce que d’autres n’ont pas assez, que l’inverse est aussi vrai, et qu’on est crétin quelque chose de rare d’attendre d’avoir un ennemi commun pour faire front commun.

Libârté

Non, je n’écoute pas Radio X. Non, Éric Duhaime ne figure pas sur la liste des gens qui ont mon admiration, même loin de là. Par contre : «Je ne suis pas d’accord avec tout ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous ayez le droit de le dire». Il s’agit d’une phrase que certains attribueraient, à tort, à Voltaire. Tant mieux s’il ne l’a jamais dite : je la revendiquerai pour moi.

Vous pouvez, et même vous devez dire ce qui représente selon vous un problème. Vous pouvez et devez dire pourquoi, et, idéalement, vous devriez même suggérer une solution. Par exemple, il se peut que vous jugiez les philosophes comme étant parfaitement inutiles. Inutiles parce que peu ou prou rentables. Et que vous suggériez de supprimer ce programme des universités.

S’ils sont réellement philosophes, ils ne le prendront pas comme une insulte, mais ils ne seront pas d’accord avec vous. Ils chercheront à comprendre pourquoi vous les jugez inutiles. Si vous avez de bonnes raisons de les juger inutiles. Comment ils pourraient devenir utiles s’ils ne le sont pas. D’ailleurs : sont-ils inutiles, ou inutilisés? Comme les connaissances que la plupart d’entre vous avez acquises dans vos cours de maths de secondaire 3? Comme tout ce qu’il y a de plus élémentaire dans la réflexion?

Dur choix de vie que celui du philosophe d’aujourd’hui. Mais je m’égare.

Proverbe français : il n’y a que la vérité qui blesse. J’ai tendance à être d’accord. Une réaction courroucée envers une critique légitime témoigne soit d’un caractère volcanique, soit d’avoir touché une corde sensible. Je doute fort que les psychologues me donnent tort sur ce point.

J’espère de tout cœur que vous ne cédez pas à la discrimination positive. J’espère que vous faites la différence entre ce qui est un choix de la part d’un individu et ce qui ne dépend réellement pas de lui ou elle, comme son sexe ou la couleur de sa peau. J’espère que vous dites les choix que vous n’approuvez pas. J’espère que vous dites pourquoi. J’espère que vous condamnez les batteurs de femmes de toutes nationalités, incluant la vôtre, à part égale. J’espère que vous condamnez les manipulatrices, et j’espère que vous dites à toutes les victimes, de tous les genres de bourreaux, d’arrêter de se comporter comme des victimes quand le bourreau est parti. Surtout, j’espère que vous n’haïssez pas toutes les femmes ou tous les hommes, ou tous les noirs et tous les arabes, pour les erreurs de quelques-un(e)s.

C’est surtout ça, être libre.

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