ÉDITORIAL: L’humain approximatif ― Culture cinématographique dites-vous?

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Depuis 2010, le cinéma québécois semble être au ralenti. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de bons films, mais les critiques sont généralement meilleures que les assistances. Les films québécois se contentent souvent de jouer dans des cinémas de répertoire. Le texte qui suit aborde le déclin de la culture cinématographique au Québec.

Je ne sais pas si c’est pour cette raison que plusieurs réalisateurs se tournent vers le cinéma international. On peut alors penser à Denis Villeneuve, Philippe Falardeau, Jean-Marc Vallée, et j’en passe. Je me souviens de notre cinéma vers la fin des années 80, jusqu’au début des années 2000, il faisait jaser. Les gens en parlaient partout, et surtout, ils se déplaçaient pour aller les voir. Que ce soit Le Déclin de l’empire américain ou bien Crazy, ce sont des films qui nous marquent encore aujourd’hui.

Juste la fin du monde

Xavier Dolan «l’enfant prodige» n’échappe pas à cet exode. Comme vous le savez peut-être, il vient de réaliser son premier film étranger. Je me suis rendu au cinéma, la semaine dernière, pour voir son tout dernier film. Il devait y avoir pas loin d’une dizaine de personnes dans la salle. Malgré tout, j’ai trouvé le film excellent. Ce n’est pas le genre de film dans lequel l’intrigue est centrale et tellement excitante que l’on pourrait changer deux, trois acteurs contre des sacs de chips. Au contraire, le cinéma de Dolan, particulièrement son dernier film, met en avant la performance de l’acteur. Personnellement, Vincent Cassel vole le show.

Du cinéma de calibre international

Si l’on s’intéresse un tant soit peu au cinéma international, on constate les particularités communes qu’il partage avec le style de Xavier Dolan. C’est peut-être là le problème: une partie de l’auditoire québécois moyen n’a pas de culture cinématographique. De plus, elle ne s’intéresse qu’à ce qui la représente. À la fin de la projection du dernier film de Dolan, l’auditoire semblait choqué, et certaines personnes riaient même. Un rire nerveux et plein de mépris, dirigé vers cette personne qui ose nous sortir de notre zone de confort.

Juste la fin du monde est un très bon exemple de ce qui se passe ici présentement. Une bonne partie de l’auditoire québécois ne comprend pas que notre cinéma change, tout comme notre société.

La recette gagnante

On reproche aussi souvent au jeune réalisateur de revenir souvent sur la thématique de l’orientation sexuelle. À ceux-là, je leur réponds que malheureusement, il est l’un des seuls à travailler sur ce thème au Québec. Ce que les gens n’aiment pas, dans le fond, c’est qu’on ne parle pas d’eux. Ce qu’ils veulent, c’est une petite histoire qui raconte leur bonheur et leurs malheurs.

Le problème c’est le manque de diversité. Je ne peux pas croire que les gens trouvent redondants les cinq ou six films de Dolan traitant de sexualité, quand ils se sont gavés de la même recette pendant plus de 20 ans.

Quelle est la différence entre le cinéma d’avant notre décennie et le cinéma contemporain? Avant, on parlait principalement de Rémi (nom fictif), un «vrai» Québécois de souche, catholique, blanc et hétérosexuel. Si vous ne me croyez pas, regardez la liste de films qui ont marqué notre province… C’est pas mal ça. Je ne dis pas que ce sont de mauvais films, au contraire. Le problème c’est le manque de diversité. Je ne peux pas croire que les gens trouvent redondants les cinq ou six films de Dolan traitant de sexualité, quand ils se sont gavés de la même recette pendant plus de 20 ans.

Ethnocentrisme cinématographique

Si vous n’êtes toujours pas convaincu, j’ai deux autres arguments pour soutenir cette thèse. D’abord, le film de Xavier le plus populaire au Québec est Mommy. Synopsis: une mère canadienne-française  monoparentale, s’exprimant en joual et tirant le diable par la queue, tente de subvenir aux besoins de son enfant délinquant. Enfin un sujet que le peuple peut comprendre!

Ensuite, on a monté au Québec une pièce de théâtre intitulé Intouchables. C’est l’histoire d’un homme riche (blanc) en chaises roulantes, qui développe une relation d’amitié solide avec son aidant, tout droit sorti des cités parisiennes. Un film en avait été fait en 2011: l’homme en chaise était joué par François Cluzet, et son aidant était Omar Sy. Cette histoire est basée sur des faits vécus et a pour but de combattre les préjugés, et surtout le racisme. Pourtant, dans la version québécoise, c’est Antoine Bertrand qui va jouer le rôle d’Omar Sy…

Du cinéma plein air

Pour revitaliser la culture cinématographique, l’UQTR devrait (re)faire des projections en plein air. Quelle bonne façon de démocratiser le 7e art! Les villes de Québec et de Montréal ont déjà emboîté le pas. Il n’y a, à mon avis, pas assez d’activités culturelles offertes par notre université. Le parc situé entre la Chasse Galerie et le pavillon Pierre Boucher serait parfait.

De plus, lors des saisons froides, le 1012 pourrait servir parfois à autre chose qu’à des beuveries. Il y avait, les années précédentes, les Soirées cachées CFOU. Deux fois par session, on pouvait assister à un spectacle offert par des groupes émergeant de la scène québécoise. La prochaine édition se déroulera jeudi le 3 novembre prochain!

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