Mention succès/échec : l’UQTR refuse la demande de l’AGE

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Le slogan de l’UQTR: Savoir. Surprendre. Crédit: Magali Boisvert

C’est mercredi le 17 février, en commission des études, que l’UQTR a voté à 10 voix contre 8 le refus de la mention succès/échec pour un cours au choix durant le trimestre. «56% des personnes présentes ont voté contre la mesure et il n’y a eu aucune abstention.»

L’AGE UQTR note qu’en date d’aujourd’hui, «ce sont près de la moitié des universités qui accordent la mention succès/échec, et qui représentent ensemble plus du deux tiers des étudiant.e.s universitaires de la province. L’UQTR ne se joindra pas à ces universités». L’AGE déplore entre autres les inégalités créées entre les étudiant.e.s de l’UQTR et plus du deux tiers des étudiant.e.s du Québec.

Les motifs de refus

Dans un communiqué du 18 février, l’AGE UQTR inique que «parmi les motifs de refus exprimés, l’AGE UQTR note et déplore une plainte de certains professeurs et chargés de cours qui rejettent l’assouplissement demandé par les étudiants en raison du fait de ne pas avoir obtenu eux-mêmes de meilleures conditions de travail depuis mars 2020. C’est donc un enjeu de négociation syndicale et d’immobilisme institutionnel qui brime actuellement les conditions d’études de plus de 10 500 étudiants».

Antoine Bélisle-Cyr, président de l’AGE, considère que la vice-rectrice aux études aurait dû consulter les comités de programme (formés de professeurs, chargés de cours et étudiants) plutôt que les directions de programmes, uniquement composées de professeurs élus directeurs de programme ou de département.

« Nul doute que certains regretteront leur choix de s’être inscrits avec l’UQTR, université qui s’affiche pourtant « résolument humaine ». »

– AGE UQTR

La santé psychologique des étudiants mise de côté?

La semaine dernière, l’Union étudiante du Québec (UEQ) présentait une nouvelle enquête sur la santé psychologique des étudiants. «En temps de pandémie, ce sont plus de 81% qui rapportent un haut degré de détresse psychologique.» Les taux d’idéations et de tentatives de suicide sont passés respectivement à 7% et 3%. Finalement, une grande majorité des personnes répondantes ont indiquées que le soutien offert par leur université et par les membres du corps enseignant a diminué.

Dans un récent communiqué, l’AGE UQTR explique que «l’UQTR ne considère tout simplement pas la mention succès/échec et le report de la date d’abandon sans échec comme des moyens efficaces de réduire la détresse psychologique des étudiants en contexte de crise sanitaire, ces derniers poursuivront leurs études à genoux et aux prises avec des conditions d’études encore plus rigides que dans la plupart des autres universités. Nul doute que certains regretteront leur choix de s’être inscrits avec l’UQTR, université qui s’affiche pourtant « résolument humaine »».

Bien qu’un intervenant psychosocial ait été ajouté par l’UQTR, il n’y a pas d’accroissement dans les demandes de consultation. Selon l’enquête de l’Union étudiante du Québec, «plus de la moitié des personnes répondantes ont mentionné avoir ressenti un besoin de soutien psychologique depuis le début de la session d’automne 2020». Parmi ces personnes, plusieurs ont indiqué ne pas avoir recours à une aide professionnelle, les raisons évoquées le plus souvent était les coûts trop élevés et le manque de temps.

La bataille continue pour l’AGE

Malgré le refus de la commission des études, l’AGE UQTR continue de se concentrer sur d’autres demandes tel que le remboursement des frais du centre sportif et le report de la date d’abandon, mesures également mises en place par d’autres universités.

Dans une récente publication Facebook, l’AGE UQTR invite les étudiant.e.s insatisfait.e.s de cette décision à écrire respectueusement au doyen des études et au rectorat.

Le rectorat s’explique

Dans un communiqué adressé aux étudiant.e.s le jeudi 18 février vers 16 heures, le recteur M. Christian Blanchette réitère la préoccupation de l’administration envers la santé mentale des étudiants et étudiantes. «Nous avons aussi réaffirmé notre grande préoccupation en regard de la détresse et de la santé psychologique des étudiantes et étudiants et continuerons de travailler, avec vous, afin de les soutenir dans leur formation et leur parcours académique, comme nous le faisons chaque jour», affirme M. Blanchette dans son communiqué.

Il avance également que «[l]e moyen le plus sûr de briser l’isolement vécu par les étudiants est de rouvrir les portes de nos campus pour qu’ils redeviennent un lieu de rencontres, de travail et d’études.»

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