Premier de cordée: Épopée à l’Acropole des Draveurs

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En ascension vers le sommet de l’Acropole des Draveurs. Photo : Thomas Groult
En ascension vers le sommet de l’Acropole des Draveurs. Photo : Thomas Groult

La beauté d’une randonnée ne réside pas uniquement dans l’atteinte du sommet ni dans l’effort que nous fournirons tout au long de celle-ci. Je crois qu’elle réside également dans tout ce qui l’englobe, des premiers préparatifs aux souvenirs qu’elle laissera après sa finalité. 

S’il est vrai que le sentiment d’accomplissement est foncièrement lié à l’aboutissement des buts que nous nous fixons, il est d’autant plus vrai qu’il n’y a pas d’aboutissement sans préparation. Aujourd’hui, je partagerai avec vous un bref carnet de bord d’une journée hors du commun.  

6:00 – Je me réveille et, toujours dans les vapes, je me lève pour préparer ce qui sera une petite excursion dans cette belle région qu’est Charlevoix. Mes partenaires de grimpe aujourd’hui : Anne-Sophie, Thomas et Alex. Une bande de joyeux lurons s’étant lancé comme défi d’atteindre le sommet de l’Acropole des Draveurs en cette journée pluvieuse. J’organise les derniers préparatifs de mon côté avant d’aller les rejoindre pour ce départ imminent.  

L’Acropole des Draveurs, lieu mythique pour tou.te randonneur.se en quête d’adrénaline, nous interpelle par son imposante façade verdoyante. 

7:00 – Nous voilà tous dans la voiture et prêt.e.s à l’aventure. De la musique entrainante, des conversations stimulantes et une soif d’ascension nous portent vers notre destination se trouvant à quelques centaines de kilomètres de là. Sac à dos dans le coffre et bonheur au cœur, nous prenons la route en n’oubliant derrière nous que nos soucis. Dernier petit arrêt au Tim Hortons avant d’entamer ce road trip. L’ultime nécessité pour un voyage bien réussi.

9:00 – Nous prenons la décision de nous arrêter à Beauport pour faire le plein de vivres. Hummus, crudités, pitas et fromages nous permettront, une fois au sommet, de reprendre les forces nécessaires pour un retour sans tracas.  

10:30 – Nous arrivons devant la bête. L’Acropole des Draveurs, lieu mythique pour tou.te.s randonneur.se.s en quête d’adrénaline, nous interpelle par son imposante façade verdoyante. Cette montée, de plus de mille mètres, est sans aucun doute un incontournable dans le domaine de la randonnée québécoise. Une fois les vérifications effectuées (nourritures, eau, matériels), nous partons à la conquête de ce sommet qui, à première vue, semble bien peu hospitalier.

Nos pas s’exécutent machinalement alors que nous traçons notre route à travers ses pistes escarpées. 

11:00 –  Déjà trente minutes que nous montons une pente abrupte qui semble vouloir s’éterniser. Nos pas s’exécutent machinalement alors que nous traçons notre route à travers ses pistes escarpées. Quelques pauses pour admirer le paysage sont nécessaires pour le moral des troupes. Évidemment, nous prenons également le temps de nous désaltérer. Devant cette immensité, je culpabilise presque de ne pas profiter autant que je le devrais de cette vue imprenable. Néanmoins, le périple continue. Nous nous enfonçons donc toujours plus profondément dans le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivières-Malbaie.  

13:30 – Cela fait désormais plus de trois heures que nous gravissons ce mastodonte de pierre. Les jambes endolories, nous festoyons toujours un peu plus à chaque pancarte que nous croisons, signe que nous nous rapprochons de notre destination. Le peu de randonneur.se.s que nous rencontrons au cours du parcours nous permet de figurer une heure d’arrivée. Il est toujours agréable d’apercevoir des confrères et consœurs randonneur.se.s. Je ne saurais dire pourquoi, mais il existe une forme de respect mutuel que nous ne retrouvons qu’à travers la montagne. Je dirais qu’il s’agit d’une forme d’empathie. Comme si nous pouvions cerner, à cet instant précis, leurs états d’âme. Sans doute ne les reverrais-je jamais, mais pendant un instant, ils furent mes frères et mes sœurs d’armes.  

La préparation faisait partie intégrante de l’aventure et aura permis de forger des souvenirs pour le moins inoubliables.

14:00 – C’est sous un épais brouillard que nous atteignons enfin le point culminant de la montagne. Les rebords rocheux nous permettent d’observer ce tapis blanc s’inclinant devant nous. Nous ne pouvons pas voir à plus de trois mètres à travers cet amas de brume, mais cela nous importe peu. Assis.es derrière un rocher pour nous couvrir du vent, nous débutons la mise en place de notre fameux festin. Il est toujours impressionnant de constater à quel point la nourriture semble plus savoureuse en pleine nature. Nous nous sommes donc régalé.e.s d’aliments simples, mais ô combien satisfaisants. 

14:30 – Il est désormais temps de rebrousser chemin. Nous remballons l’ensemble de notre matériel, y compris nos détritus, puis reprenons la route inverse. Un retour très peu épuisant si nous considérons l’effort de l’aller.  

15:30 – Cela nous aura pris près de la moitié du temps pour redescendre, un élan d’enthousiasme nous poussant à accélérer le pas. Nul besoin de boisson énergisante, cette descente nous donnait littéralement des ailes. Nous arrivons à la voiture avec un sentiment d’euphorie presque palpable. Il est maintenant temps de reprendre la route vers notre bonne vieille Mauricie. Un retour marqué par les souvenirs forgés à même cette journée chargée.  

L’excursion ne s’est donc pas résumée au simple fait de gravir cette montagne. La préparation faisait partie intégrante de l’aventure et aura permis de forger des souvenirs pour le moins inoubliables!

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