Santé mentale : Face à la détresse, la force du petit geste

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Le 13 mars, la Journée nationale de la promotion de la santé mentale positive prendra une résonance particulière. Dans un contexte marqué par l’incertitude et la perte de sens, le Mouvement Santé mentale Québec lance sa nouvelle campagne intitulée « Un pas, un geste, un mouvement… Ensemble pour une bonne santé mentale ! ». L’initiative vise à contrer la détresse croissante dans la population en misant sur une idée aussi simple que puissante : les petits gestes de bienveillance peuvent transformer nos milieux de vie.

Affiche de la campagne « Un pas, un geste, un mouvement… Ensemble pour une bonne santé mentale ! » lancée le 10 mars dernier. Crédits : MSMQ.

Des chiffres plus qu’alarmants

À l’origine de cette campagne de sensibilisation : des chiffres préoccupants sur la santé mentale. En effet, au Canada, 58% des jeunes de 15 à 24 ans présentent un niveau de détresse élevé, ce qui représente une hausse de 40% en l’espace de six ans. De plus, selon une étude de l’Université Lakehead, 76 % des jeunes disent trouver l’avenir effrayant, et près de la moitié pensent que l’humanité est condamnée

Et ce constat ne concerne pas que les jeunes : dans la population générale, près de quatre personnes sur dix vivent une détresse psychologique, tandis qu’un tiers des travailleurs déclarent ressentir une perte de sens dans leur travail. Pour Renée Ouimet, directrice du Mouvement Santé mentale Québec depuis plus de vingt ans, ces chiffres témoignent d’un malaise collectif. « Aujourd’hui, on observe une perte de sens sociale. C’est pourquoi la réponse doit être collective », explique-t-elle.

Une « révolution poétique » concrète

Au cœur de la campagne se trouve la notion de « bienveillance radicale », un concept qui peut surprendre. Pour Renée Ouimet, il s’agit pourtant d’une idée très concrète. « La bienveillance radicale, c’est agir hors des cadres, même quand ce n’est pas prévu dans à l’agenda ou dans notre rôle. C’est s’arrêter pour aider quelqu’un dans la rue, quitte à arriver 15 minutes en retard au travail. C’est prendre plus de temps pour écouter une personne qui en a besoin, même si le temps qu’il lui était imparti est terminé. »

Affiche de sensibilisation à la santé mentale : agir pour donner du sens. Crédits : Mouvement santé mentale Québec Lac St-Jean.

Selon elle, ces gestes peuvent sembler anodins, mais ils contribuent à recréer des liens dans une société marquée par l’accélération du rythme de vie et l’isolement. « Un mot ou une attention peut changer une heure, une journée, parfois même une vie. On ne se rend pas toujours compte de la portée de nos actions. » Cette approche s’inscrit aussi dans un contexte plus large de crises sociales, économiques et climatiques qui nourrissent le sentiment d’impuissance. « Quand l’espoir disparaît, on finit par accepter l’inacceptable. L’espoir est au cœur du changement », insiste la directrice.

Un pas à la fois

La campagne mise donc sur des gestes simples et accessibles, que tout un chacun.e peut intégrer à son quotidien. Qu’il s’agisse de prendre le temps d’écouter un collègue, d’offrir de l’aide à un voisin ou de ralentir pour mieux prendre soin de soi, chaque action compte. Et selon Renée Ouimet, ces gestes ont également un effet bénéfique pour la personne qui les pose. « Les recherches montrent que donner et aider les autres procure souvent plus de bien-être que recevoir. C’est une façon de recréer du sens et de nourrir l’espoir. »

Pour soutenir cette démarche, le Mouvement s’appuie sur ses célèbres « sept astuces pour se recharger », une série d’outils développés pour favoriser une bonne santé mentale individuelle et collective. Ces outils, véritables piliers de la santé mentale positive, invitent notamment à ralentir, à se reconnecter au moment présent et à trouver sa « zone de recharge » personnelle pour mieux faire face aux tempêtes.

Les fameuses « 7 astuces pour se recharger », lancées par le Mouvement santé mentale Québec. Crédits : MSMQ Chaudière-Appalaches.

Une mobilisation humaine

Pour Renée Ouimet, la mobilisation doit dépasser les institutions, en se recentrant sur l’humain. En effet, il faut se souvenir que la santé mentale n’est pas seulement une responsabilité individuelle ou médicale. C’est une responsabilité collective. « Chacun de nous peut contribuer à créer des milieux plus humains et plus solidaires », affirme la directrice du MSMQ. Et parce qu’il est essentiel pour cela d’y croire, le mouvement Santé mentale Québec propose un plaidoyer en faveur de l’espoir, à lire absolument !

Alors que les défis sociaux et environnementaux alimentent l’inquiétude chez les jeunes générations, le Mouvement Santé mentale Québec propose une réponse simple, et pourtant redoutablement efficacefaire le premier pas. Parce que, parfois, un seul geste suffit pour remettre un peu d’espoir dans le quotidien.

Merci à Renée Ouimet pour son temps et ses paroles inspirantes. 

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